Notre région, c’est la Gascogne !

Libournais

Castillon-la-Bataille

Sous le pont de Castillon ... / Devath lo pont de Castilhon ... / Debat lou poun de Castilyoun ...

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C’est le dernier pont pleinement gascon sur la Dordogne ... ou le premier, tout dépend du point de départ.

En amont, la rive girondine, encore nord-gasconne, fait face à la rive périgourdine. Pour autant, la rivière a-t-elle vraiment jamais été une frontière ? Une étude de la vallée de la Dordogne en Gironde serait à mener, autour de sa langue, de son histoire, ...

prepausat per Vincent P.



Grans de sau

  • Gascon ? Tout est relatif. Pour moi, c’est en rentrant dans le Bazadais et dans le pinada qu’on commence à se sentir en Gascogne. Je trouve que le Libournais est en continuité avec le Bergeracois et la Saintonge ; il n’a de gascon que divers traits linguistiques. Mais tout ça est une question de ressenti personnel.

    • Ben justement, la délimitation de la Gascogne qu’utilise Gasconha.com évite « le ressenti personnel » : elle s’appuie sur un critère objectif : la langue parlée au cours du 2e millénaire.
      La langue comme un critère synthétique de l’histoire !

      Il pourrait y avoir des débats sur la caractérisation des parlers des différents pays, qui permettrait ou non de les inclure en Gascogne. Mais nous avons la chance d’avoir l’ALG (Atlas Linguistique de Gascogne) qui présente un tableau de la langue à la fin du 2e millénaire, nous évite de revenir sans cesse sur la délimitation, et nous permet de chercher si la Gascogne existe (ou a existé) par d’autres faits que la langue : l’architecture vernaculaire, les autres rubriques de Gasconha.com (cuisine, chant, jòcs e espòrts...).

      Quant au ressenti personnel, il n’est pas pour autant à négliger. Nous avons chacun le nôtre. L’impression du bâti majoritaire en Bordelais va dans le sens d’une continuité avec la Saintonge. Mais attention, les maisons de nos bourgs et villages datent rarement d’avant le 19e siècle...
      Nous voyons - et c’est l’originalité de Gasconha.com d’attirer l’attention sur ce phénomène - que le modèle architectural vascon a été délaissé dans de vastes zones (Armagnac etc.) dès la fin du 18e siècle. D’où l’intérêt d’observer ce qui remonte avant : vieilles églises, ruines de maisons...

      Mais le ressenti personnel sur l’appartenance (ou non) à la Gascogne est aussi un sujet pour Gasconha.com.
      Concernant le Bordelais, nous avons des traces écrites (récits de voyageurs*...) du fait qu’il était couramment vu comme gascon jusqu’au 19e siècle inclus.
      Le rattachement identitaire à la Guyenne a pu contrecarrer le rattachement à la Gascogne. Le rapport Guyenne/Gascogne est un sujet d’étude passionnant !

      * "Nous sommes à Bordeaux, centre de la vivacité gasconne, ville plus méridionale que Valence" (Stendhal)

  • Le ressenti personnel est important mais je comprends difficilement pour quelle raison dire "gascon" le changement évident de paysages à l’entrée en Bazadais, dès le moment que caractériser comme gascon ce seul seuil condamne à ne pas dire gasconnes des zones qui le sont tout autant, mais qui relèvent également de paysages distincts. Je pense aux Pyrénées qui introduisent un changement autrement plus important que l’apparition de quelques pins sur les croupes du Bazadais.

    Pour le reste, pour avoir arpenté avec une relative intensité l’ensemble du département de la Gironde et les régions immédiatement avoisinantes, il y a quand même une différence entre le Bordelais et le Périgord, entre le Bordelais et la Saintonge (tout comme il y en a une entre Bordelais et Bazadais, ou même, au sein du Bordelais, entre le Médoc et Buch, entre le Haut Entre-Deux-Mers et le Bas Entre-Deux-Mers, ...).

    Toute la question est de savoir si ces différences caractérisent une distinction gasconne. Je le crois, mais je suis également bien conscient que le patriotisme départemental girondin d’une part, les migrations gavaches qui n’ont jamais cessé, créant des liens transversaux d’autre part, la lubie guyennaise d’une certaine bourgeoisie bordelaise littéraire, enfin, qui a répugné à se dire gasconne comme le peuple (Mèste Verdié, merde), ont bien brouillé les pistes.

    Reste que, encore aujourd’hui, en venant de Villefranche-de-Lonchat et de sa forêt périgourdine, le paysage "romain" de Saint-Émilion (au sens large, celui du vignoble) est stupéfiant de contraste. L’apparition des maisons périgourdines à toiture haute, sur la route de Bergerac dès Saint-Philippe-du-Seignal en allant vers Bergerac est également stupéfiante.

    Est-ce que cela caractérise quelque chose de gascon ? C’est abstrait de le dire, ce que je sais, c’est que la langue gasconne s’arrêtait là, comme par hasard, que les limites du Bordelais, pays gascon et considéré comme tel jusqu’à la moitié du XIXème siècle, passaient par là.

    La Saintonge ? Je suis de l’avis de Mauriac : après Barbezieux, sur la grand’ route nationale, c’est la France et ses plaines agricoles. Il y a un pays de transition, sur l’estuaire et les landes un peu tristes entre 33 et 17 : il se sait mêlé d’ailleurs, puisqu’il se disait lui-même gabaye, pour se différencier des autres Saintongeais, ceux de la vallée de la Charente et des Terres Chaudes.

    Il y a des pays de transition, rien n’est jamais figé. Mais ces pays de transition prolongent le Bordelais bien plus que le Bordelais ne serait le réceptacle de ces influences. Il y a une inversion de la dynamique, à mon sens, à considérer le Bordelais comme un pays qui ne serait que le destinataire des influences voisines. C’est antinomique de la force de Bordeaux depuis des siècles.

    C’est le Bordelais qui a exporté, très récemment à l’échelle des âges, le modèle de la maison urbaine jusqu’aux confins du Poitou. C’est le Bordelais qui a remodelé sous la forme d’un paysage essentiellement viticole le Bergeracois. Mais la Haute Saintonge de l’estuaire et du Pays Gabay, le Bergeracois de la vigne et de la vaste plaine sont les zones extrêmes d’autres espaces culturels et géographiques : le grand Ouest entre Loire et Gironde, les contreforts limousinophones ou guyennais du Massif Central.

    Ce sont eux qui tendent vers le Bordelais, pas le contraire. Car par la langue et les gens, ils relèvent pleinement de leur espace d’origine, ethnique j’ai envie de dire.

    Le Bordelais a rayonné, bien loin. Parce que je reconnais à sa ville-centre Bordeaux cette caractéristique, je suis largement d’avis de reconnaître que sa destinée, depuis peut-être la conquête française, n’est pas gasconne. Mais refuser le terme de gascon, d’usage classique et normal encore dans les années 30, pour désigner des terres de l’Entre-Deux-Mers bordelais où l’on parlait une langue qui aspirait les h ou où l’on s’appelait Laborde ou Laporte, et non pas Rousseau ou Bonneau, non.

  • J’ai aussi sillonné la Gironde de còrn en cunh.
    > Le passage Entre-deux-Mers / Bazadais sensu stricto (par exemple) est accompagné, outre le changement de paysage (et d’architecture), d’une plus forte gasconnité de la toponymie.
    > Le Bazadais, la haute lande girondine et le Buch sont bien gascons linguistiquement, sinon le reste ce sont des parlers de transition. Alors à Castillon,n’en parlons pas ! L’ALG n’est pas très précis ; j’ai fait des relevés dans l’enquête Bourciez, et on voit dessus une différence entre :
    — - Verdelais, St Germain de Grave, St Macaire, La Réole... (gascons de transition, mais quasi Bazadais)
    — - St Laurent du Bois, Camiran, Monségur... (déjà différents)
    Je vais mettre en ligne sur Gasconha.com la parabole de l’enfant prodigue en parler de Castillon et vous jugerez sur quels critères on peut encore la considérer comme gasconne...
    Mais bon, tout n’est que transition, en effet :)
    Ah, une correction : dans les années 30, cela m’étonnerait qu’on ait prononcé le h en Entre-deux-Mers : Masson (début XXe), et même Boirac (milieu XIXe), en val de Garonne, ne le notaient même pas.


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