Notre région, c’est la Gascogne !


 
Navèth nom !

 

Graves & Cernès

Podensac

La Gascogne se banalise

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Et comme beaucoup de villes, Podensac est en train de délocaliser son centre-ville, dévorant son vignoble des Graves.
A quand le déménagement de la poste et de l’hôtel de ville ? Le siège de la Communauté de communes reste au centre... ce n’est pas évident : à Langon, la migration vers une zone d’activités est programmée !

prepausat per Tederic M.



Grans de sau

  • C’est la nouvelle mode, un centre-ville cité dortoir qui devient un lotissement (dont l’une des manifestations est l’individualisation architecturale), une zone d’activités en périphérie, généralement reliée à une déviation.
    C’est l’aménagement urbain de la France post-décentralisée. Il faudrait supprimer toute compétence d’aménagement aux communes.

    Là où je ne comprends véritablement pas, c’est la raison de la présence d’un "Sport 2000".
    Je comprends assez l’existence d’un Super U mais un magasin de vêtements de sport alors que Bordeaux est si proche ...

  • Pour le "Sport 2000", c’est la même logique que le MacDo qui est à côté (je crois qu’on l’aperçoit sur la photo) :
    On est sur l’ex N113, un lieu de passage, à peu près à mi-chemin de Langon et Bordeaux.
    Vers Bordeaux, la première zone commerciale importante est peut-être "La Plantation"+"Rives d’Arcins", à 25 km.

    Quant au centre-ville de Podensac, je ne suis même pas sûr qu’il devienne dortoir.
    Des lotissements se construisent à Podensac, mais justement en face de cette zone commerciale, de l’autre côté de l’ex-113.
    C’est donc une sorte de ville nouvelle (de mauvaise qualité) qui sort de terre, comme si on était incapable de tirer quoi que ce soit du vieux centre.

    Quant au plan d’urbanisme, nous en avons déjà parlé à propos de Saint-Selve : il doit être en conformité avec un SCOT qui est fait au niveau de l’intercommunalité.
    Ici, je suppose que le SCOT se ferait sur la communauté de communes de Podensac, ce qui risque ne ne pas brider beaucoup le PLU de Podensac...
    D’ailleurs j’observe en Marmandais-Tonneinquais qu’on a mis la charrue avant les boeufs : les PLU ont souvent été commencés voire terminés avant le SCOT qui est supposé les encadrer ! Ça promet... des révisions de PLU, ou (qui sait ?) des corrections du SCOT pour avaliser ce que les PLU ont déjà autorisé...

  • McDo, je le vois au fond comme une sandwicherie, c’est aussi un lieu de convivialité pour la jeunesse des petites villes, donc je comprends assez la logique derrière l’installation d’un tel restaurant.

    Un magasin de sport, là j’avoue que cela me dépasse : c’est autant de clientèle qui ne se déplacera pas sur Langon ou Bordeaux pour une marchandise identique, c’est surtout il me semble un marché occasionnel à savoir que l’on n’a pas besoin d’un ballon de foot ou d’une table de ping pong tous les jours.
    C’est vrai qu’ils font du business sur les vêtements mais alors pour le coup, je ne vois pas en quoi ça profite à l’économie locale, c’est bon pour faire fermer les derniers marchands du centre-ville.

  • La distinction que tu fais, Vincent, entre un MacDo et un magasin de sport comme Sport 2000, rejoint la distinction entre commerce de proximité et commerce spécialisé qui me sert dans mon discours sur les centre-villes, et en l’occurence sur la ville de Pau sur le site des Patous palois
     !
    Les centre-villes sont pour moi les lieux pour le commerce spécialisé.
    Si un centre commercial extérieur à la ville devient le lieu de commerces spécialisés, cela signifie qu’il devient centre-ville, et donc que la ville a changé de centre.
    Podensac est petite et dans l’ombre de Bordeaux ; si sa zone commerciale accueille des commerces spécialisés, c’est peut-être que certains investisseurs la voient devenir centrale pour toute une zone de chalandise, qui dépasse Podensac, les Graves, par exemple.
    L’avenir nous montrera si ça marche pour Sport 2000.
    Mais si Sport 2000 vend des vêtements pour la vie de tous les jours, il sort en effet de sa spécialisation, et devient un commerce de proximité ordinaire.
    Le bénéfice pour l’économie locale ?
    Il y a une mystification entretenue par les chaînes et les politiciens locaux pour faire croire qu’il y a "création d’emplois" quand une chaîne installe un magasin, alors qu’il s’agit de déplacement d’emplois de commerces vers d’autres, parfois, il est vrai, situés dans des communes différentes...
    Je suis donc choqué quand je vois les élus locaux à l’inauguration d’un fast-food (cela s’est produit à Podensac) d’une chaîne en invoquant l’argument de la création d’emploi.

    Je me demande si la réforme de la taxe professionnelle (son remplacement par autre chose, mais je ne sais pas bien quoi) changera quelque chose.

  • Dans le même genre, il y a l’effet autoroute (fin de l’article) :

    www.larepubliquedespyrenees.fr—a65-la-plus-chere-de-france

    Quand on sait qu’en général, ça se casse la gueule ces zones d’activités...
    C’est même limite pathétique : à Garlin, on ambitionne donc de créer un lieu de promotion de la viticulture locale, donc de l’emploi public ou para-public, qui de toute façon détournera forcement la clientèle qui irait directement en coopérative (les élus raisonnent en terme d’offre qui induirait une émulation de la demande : je suis désolé, sur un secteur aussi sinistré que le vin, on est dépendant de la demande, et vanter l’offre passe par des réseaux qui n’ont rien à voir avec la grosse machine à gaz administrative genre office du tourisme).

    Ensuite, pour ce qui est du secteur privé (en l’espèce des activités de transformation), il faut savoir s’il s’agira pour les entreprises d’un effet d’aubaine (donc absolument pas pérenne pour l’économie locale : on fermera en catimini quelque part pour profiter ponctuellement d’avantages à Garlin) ou véritablement d’une implantation à long terme mais reste à savoir d’où sera issue la main d’oeuvre.
    Or bien souvent les emplois ouverts ne bénéficient pas aux autochtones : il s’agit d’installer des nouveaux venus dans une zone pavillonnaire nouvelle.
    Mais alors je me pose une question :
    à quel moment agit-on pour la population sur place ?
    On agit très certainement pour la commune prise comme une abstraction, comme une entreprise, mais où est l’intérêt public local ?
    Ce n’est pas une question niaise, c’est vraiment une question de fond : quelle légitimité une collectivité a-t-elle pour de telles politiques ?
    Je crois qu’il existe en France une conception trop extensive de ce qu’est un intérêt public avec cette idée de pari sur l’avenir et d’indifférence aux intérêts de la collectivité prise comme un socle traditionnel.

  • Je soupçonne que les maires ruraux sont en moyenne sensibles aux intérêts des propriétaires fonciers, qui ont intérêt à ce que leurs terrains passent en zone d’habitation ou d’activité.
    On ne vise même plus alors un dynamisme économique réel, mais un dynamisme du foncier...
    On n’est pas loin de la bulle immobilière.

    Et puis, il y a un manque de culture économique, qui conduit massivement à confondre déplacement et création d’emploi, ou un "chacun pour soi" qui conduit à chiper les postes de travail aux autres, parfois aux voisins (qui font pareil, donc jeu à somme nulle)...

  • Et en vertu de quel principe la Gascogne échapperait à la règle ?
    C’est la banalisation généralisée, dans toutes les régions qui n’ont pas su ou pas voulu affirmer leur spécificité.
    Notre littoral landais en est un exemple flagrant. Lotissements à qui mieux-mieux, zones commerciales identiquement laides et désespérantes, substitution de population qui s’accélère et ne va pas cesser avant plusieurs décennies selon les démographes.
    Dans les régions à forte identité, revendiquée et assumée, les dégâts sont moindres.
    L’exemple du Pays basque est parlant, nous l’avons sous les yeux.
    Les arrivants font bâtir selon les règles minimum d’harmonie avec le patrimoine local, à cause, ou grâce à cette pression identitaire.
    J’entends parfois moquer ces arrivants qui, au bout de trois mois, arborent déjà le petit autocollant ou le lauburu. Je les moque moi-même, un peu par dépit et par jalousie.
    Chez nous, après dix ou vingt ans, ils n’en ont toujours rien à faire de l’identité locale, à l’image des fameux autochtones d’ailleurs.
    Nous pouvons tous comparer un lotissement de Biscarrosse, Mimizan, Lit-et-Mixe, Vieux-Boucau ou Capbreton avec un lotissement de Bassussary ou Arcangues, où la pression immobilière est autrement plus forte.
    Je vous mets au défi d’y trouver une maison de style néo-méditerranéen, peinturlurée en rose, jaune ou ocre.
    L’exemple de ma commune est frappant. Plus ou moins 3000 habitants en 1960, 7000 en 1970, 8000 en 1980, 9000 en 1999 et 13000 aujourd’hui. D’ici cinq ans, nous serons vraisemblablement 15000.
    Cela fait beaucoup de taxes locales, la commune et le département se frottent les mains, mais il faut en payer le prix, et ce prix est la disparition de l’identité landaise.
    Je ne parle pas seulement de la langue, la messe est dite depuis longtemps, avec la complicité passive des indigènes, je parle aussi de l’esprit, des paysages, du mode de vie... Je vais me répéter.
    Ce que j’observe ici est un enchaînement chronologique impitoyable.
    Perte de la langue, perte de l’attachement identitaire, hors quelques manifestations folkloriques résiduelles, arrivée en masse d’une population exogène, mort d’un peuple.
    C’est notre sens de l’Histoire à nous, Landais.
    Les zones rurales comme la Chalosse donnent l’illusion d’îlots de conservatisme. Détrompez-vous. L’esprit "festayre", avec ses corollaires que sont l’alcoolisme et la bêtise de masse, le machisme, l’homophobie et la misogynie, sont un bien triste avatar de ce que certains appellent "identité landaise" aujourd’hui.
    En fait d’identité landaise, il s’agit surtout d’une pâle tentative d’imitation de la culture basco-ibérique, sans la substance.
    Je suis sévère me direz-vous. Oui, mais je suis aux premières loges de ce spectacle déchirant.


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