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Pyrénées

Saint-Sulpice-sur-Lèze

Le

Le Pihot / Le Pihòt

prepausat per Vincent.P



Grans de sau

  • Ne serait-ce pas "Piòt", dérivé de pin ? "Piot" et "Piotte" sont très présents en toponymie gasconne.

  • L’on perdrait une attestation d’un h aux confins gascons (la vallée de la Lèze) au profit d’une chute d’un -n- intervocalique ! C’est interchangeable.

    Pihot, déjà, sur la carte de Cassini. Pichot sur la première carte d’État-Major, attestation probablement fautive.

    Difficile à dire, dans tous les cas, surtout dans cette zone de confins, où un phénomène comme la chute du -n- intervocalique, dans l’hypothèse d’un piòt, a pu être réinterprété.

    D’ailleurs, une très intéressante question de phonétique gasconne, dans le cas de piòt : [pi-ot] ou [pyot] ? On a peu lu sur cette question de ce qu’il advenait en phonétique des voyelles qui se trouvaient en contact après chute du -n- intervocalique. Une forme écrite Pihot laisse entendre la première solution.

    C’est une problématique qui touche par exemple un nom bien connu : comment prononce-t-on le Béarn en gascon ? De l’aquitano-latin Beneharn(um), avec chute du -n- intervocalique :

    be(n)ehar > be’ar(n)

    Moi, j’ai toujours entendu le "Bé-’ar", avec même, j’ai l’impression, comme un reste de h aspiré. Ma grand-mère prononçait ainsi, en gascon comme en français.

    C’est donc avec surprise que j’ai découvert, dans ma jeunesse, que l’on disait "Biarn" dans la littérature occitane. Et quid de la prononciation ? "Bi-’ar" ? "Bi’yar" ? "Byar" ?

    En tout cas, certainement, "Byarn" comme l’on entend sur Ràdio País, mais c’est parce que le n final est muet dans la grande majorité du domaine gascon (sur la question de la prononciation de -rn final : cf carte 2136 de l’ALG).

  • Mon intuition serait en faveur d’une chute du -n- intervocalique (pinòt -> piòt), avec une prononciation [pi-ot] et non [pyot].
    Le FANTOIR donne aussi :
    31477 Saint-Élix-Séglan PIHET
    40013 Arthez-d’Armagnac PIHETS (noté "Piets" par les vieilles cartes)
    40127 Hontanx PIHET
    65429 Sombrun LE PIHAT
    Je pense que le "h" a pu assez souvent noter la disparition d’un n intervocalique et la prononciation non diphtonguée qui en découlait.

  • Je me range à cette explication, c’est bien un h de hiatus. Il conviendrait de voir si pareille graphie, donc un h muet, a pu servir à noter d’autres chutes de -n- intervocalique, pour deux voyelles en hiatus.

  • J’ai peut-être exagéré en écrivant que le "h" a pu assez souvent noter la disparition d’un n intervocalique.
    En recherchant, toujours dans le FANTOIR, des h entre deux voyelles, ma moisson est assez maigre.
    Un cas quasi-certain est PRUHET (pruet), LA PRUHO.
    Je trouve une série BRUHON, BRUHET, LA BRUHE... qui pourraient avoir la racine brun*.
    GRUHET devrait marcher aussi (comme gruèr... peut dériver de grun - grain, grenier etc.).
    Après je trouve des cas qui sont peu clairs :
    Peluho, Peluhet, Peluhon...
    Labihère pourrait marcher, à rapprocher des noms Bière qui n’ont rien à voir avec le breuvage...
    En vrac : Au Mihas, Labrihe, Tuha, Grihou, Piheron, Catihaut, Balihaut, Martihouet
    32315 Peyrusse-Grande PELIHAR
    32403 Saint-Pierre-d’Aubézies PELIHA
    31363 Montbernard BOLIHE
    Il peut y avoir des vrais h gascons dans tout ça ! Ou des h qui introduisent un houe à valeur de w comme dans Lahouet, Montelihouet, Gahouaret...
    J’ose à peine faire l’hypothèse pour Bouhet : on va me répondre que ça vient de bohar et non de Bonet...

  • La racine bruh- : je connais bruhe ’’bardot’’ en Bazadais, et bruha ’’milan’’ en Buch. Le FEW fait dériver bruhèira (’’vacarme, tumulte’’ dans les Landes) du latin rugire (cf. aussi bruhir ’’bruisser’’). Peut-être aussi que bruga > Bruhe, puisque les b,d,g ont tendance à s’amuïr entre 2 voyelles.

  • Beneharnum : la syllabe prétonique a pu tomber d’un coup, laissant > be-harnu.

    Le h est parfois purement graphique.

  • Biarn, Biarneus sont les seules prononciations usitées dans mon patois des Landes. Moi en tout cas je n’ai jamais entendu dire Béarn ni Béarneus.
    J’ai aussi remarqué qu’en basque ils disent Maytia au lieu de Maytéa ou encore etchia pour etchéa. Il y a peut-être un rapport en ce qui concerne les habitudes basques et landaises de prononcer les lettres EA accolées.


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