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Bordeaux / Bordèu

Landes de Gascogne

Pessac

Quartier et place.

Lòc ont se vendèvan las shardinas de la Laca d’Arcaishon (les sardines du Bassin) ?

Mise à jour 2015 :
Non, soyons sérieux !
Cassini et le cadastre napoléonien écrivent "Chardine" et l’IGN donne plus d’un lieu de ce nom en Gascogne. Des "Sardine" aussi, d’ailleurs...
Il faut donc probablement l’écrire Shardina en alibertin.
L’IGN donne "La Chardine" à Cabanac-et-Villagrains (33650) là où Cassini écrit quelque chose comme "Hartigats" ("L’Artiguat" sur le cadastre napoléonien). Cela irait dans le sens d’une racine "eishart" (endroit défriché).
Voir artiga et eishartigar.artiga

prepausat per Tederic M.



Grans de sau

  • A propos d’un lieu Sardine au Barp, Bénédicte Fénié nous apprend que c’est une déformation de "Saoudine" (Saudina), qui veut dire "saulaie".

    Cela semble plus probable pour un nom de lieu, vu que, phonétiquement, "sardine" et "saoudine" ne sont pas éloignés.

  • Finalement, compte tenu principalement du "Chardine" de la carte de Cassini, je ne crois pas à l’explication par Saudine, et j’ai mis à jour la fiche de ce lòc "Sardine". Béder ça-sus !

  • Le saule en patois c’est le saous et la saoussine. Sardine c’était le surnom d’un habitant de Lavignolle que j’ai connu. On l’appelait comme ça parce qu’il venait du bassin et avait été poissonnier.
    Tédéric a raison. Et puis les Landais, vers Saugnacq-et-Muret, ne disent pas chardine comme nous mais peuchotte.

  • "saoudine" est bien l’équivalent de "saoussine" dans les zones qui mettent le "d" à la place du "z", en Médoc par exemple.
    sauç
    Ensuite, on ne peut pas exclure que certains lòcs "Sardine" soient issus de chafres comme celui du Barp selon Kiki.
    Mais vu la douzaine de lòcs "Sardine" et "Chardine" que l’IGN donne en Gascogne, j’évoque une piste différente, avec une racine "shart" qu’on trouve dans eishartigar (défricher). Mais je n’ai aucune certitude, surtout qu’en Gascogne le "n" devrait souvent tomber et donner des Chardie/Sardie ; or je n’en vois pas.

  • L’on trouve un patronyme/toponyme Chardier en Béarn, du côté de Sauvelade, que Grosclaude père interprétait comme signifiant "sardinier". Le vendeur de sardines ou l’amateur de sardines.

    Le souci à mon sens est que je ne sache pas que dans le cas du suffixe -èr, il y ait maintien du -r final, qui relèverait alors d’une tradition écrite à identifier.

    Beigbeder, à l’heure actuelle, possède bien un r final amuï mais il ne s’agit pas du suffixe latin -arium, mais de la désinence verbale -ere.

    Autour du lieu-dit à Chardier à Sauvelade, on trouve Sabaté, Mulé, Larqué, ... sans maintien de r.

    Chardier avec r est cependant déjà sur la carte de Cassini : s’agit-il alors d’un toponyme ancien, antérieur aux autres toponymes en -é des environs ? A l’appui de cette théorie, le lieu-dit Molier, non loin, si je lis correctement (et non Moliet).

    On peut dès lors supposer un maintien à l’écrit du -r final amuï, tiré du latin -arium, en Béarn, il peut même s’agir d’une trace de prononciation disparue. Ce serait à confronter à des textes des XVIIème et XVIIIème siècles.

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  • Sur le moment, "peuchotte" m’a étonné. Mais c’est bien la prononciation en gascon "negue" du diminutif (petit poisson) qui ailleurs se prononce "pèchotte".
    P.Mora donne bien deux mots pour "sardine" en gascon : shardina (sardina) et peishòta que l’on peut prononcer des deux façons ci-dessus et que les Lafittiens écriront "peixòta" (tiens,du reste : Peixotto, lieu dit de Talence tirant son nom d’une famille juive portugaise (sépharade) ne voudrait-il pas dire la même chose ? Avis aux lusophones).

  • Lavignolle c’est dans Salles mais c’est plus près du Barp que de Salles. Moi, je n’ai jamais entendu dire que Sardine c’était Saoudine. C’est un chafre comme on dit en patois.
    Au Barp aussi on parle neugue comme les Landais, à Hostens, à Saint-Magne, à Belin, à Mios, vers Le Tuzan et Saint-Symphorien aussi.
    Pas à Saucats par contre où ils disent la hèmne et pas la heumne comme nous, frèm et pas freum.
    Je me méfie un peu de ceux qui donnent des significations sans connaître la petite histoire des lieux. ça me fait penser à la lagune du Merle que certains croient être un oiseau alors que c’est la marne, la merle comme on dit en patois. Il faut aussi aller sur le terrain et pas se contenter de ce qu’il y a dans les livres.

    Christian

  • Kiki,
    Une étude de terrain, c’est un luxe qu’on ne peut pas toujours se permettre.
    Mais la démarche de Gasconha.com, c’est d’utiliser l’interactivité du Net pour qu’il y ait des allers et retours entre ceux qui sont derrière leur ordi avec des outils puissants comme Géoportail, les sites généalogiques, les sites d’archives, et ceux qui sont sur le terrain.
    Pour tenter de comprendre un nom comme "Sardine", il est bien aussi de savoir qu’il a été donné à pas mal de lieux en Gascogne. Et parfois, si on trouve l’explication pour une des occurrences, ça peut aider pour les autres occurrences.

    A propos de Sardine/Chardine, je n’ai pas trouvé de confirmation pour ma piste "shart", mais je suis tombé sur une série gasconne Charton, Chartic, Chartade... ; j’ai aussi vu deux "Chartier" en Bordelais, mais qui sont peut-être des "intrus gabaches".

    A propos du "neugue" dans la zone d’Hostens :
    J’ai bien entendu une fois un natif de Villagrains qui disait "Peuyot" pour le lòc écrit Peyot.
    Concernant l’exemple que tu donnes : au Barp, c’est "la heumne" ou "le heumne" ?

  • Bonsoir Tédéric,

    Je ne vous fais pas de reproche, je dis simplement que certains auteurs de livres ne vont pas assez demander aux indigènes que nous sommes et passent à côté, parfois.
    Pour le patois des villages alentour je sais bien puisque je suis d’ici. Mais je ne connais personne à Villagrains. Je sais par contre qu’à Saucats c’est un patois vraiment bordelais, vers Cestas aussi. Le nôtre ressemble plus à celui des Landes. Comme je vous disais, nous allons souvent à l’étang de Sanguinet avec les petits enfants et je connais des Sanguinétois par le rugby. Leur patois est un peu différent du nôtre mais pas beaucoup. Il n’y en a plus beaucoup qui parlent, mais au rugby encore oui. En tout cas, quand ils parlent en français, leur accent est différent de celui des Bordelais et même un peu du nôtre. Je ne sais pas comment dire mais c’est plus dur.
    Au Barp nous disons LA heumne, comme partout dans les landes girondines mais au pluriel c’est LEUS heumnes. Je sais que sur le bassin ils disent hèmne et nègue. En tout cas c’est comme ça à Gujan, à Cazaux, à La Teste et à Biganos, le rugby toujours !
    Vers Balizac, Louchats et plus vers le nord je ne sais pas non plus, il n’y a pas de rugby.
    Vous avez compris, je parle surtout patois aux matchs de rugby puisque je suis les matchs des clubs des alentours. Il m’arrive d’aller à Parentis, à Biscarrosse, à Labouheyre ou à Ychoux et c’est bien le Landais, même plus qu’à Sanguinet. En tout cas on se comprend très bien. Vers Captieux, Grignols le patois est vraiment différent, et encore plus à La Réole. A Villenave d’Ornon ou à Bruges je n’ai jamais entendu le patois.

    Bonne soirée.

    Kiki

  • Ce n’est pas très important, mais je viens de vérifier sur Géoportail/IGN : Peyot est à Cabanac et non à Villagrains. C’est dans la même commune certes, mais encore plus au nord.
    Je vois aussi que l’Artigat et la Chardine sont des lieux-dits distincts, qui sont justement tout près de Peyot.
    Il n’y a donc pas transformation de Artigat en Chardine, ce qui était de toute façon une hypothèse un peu osée.
    Mais je pense toujours peu probable qu’il soit question de sardine à cet endroit !

    J’apprends avec plaisir que le "patois" est présent autour des matchs de rugby dans ces Landes entre Pays de Born et Pays paroupian.

    Je vous confirme que le pourtour du Bassin d’Arcachon n’est pas en zone "negue".

    Boune serade a bous tabé, Kiki ! (ou boun desseuÿ ?)

  • Adichats Tédéric,

    Aymi freum boste site peurcé y apreuni freum de caouses. Faou que beus disi que lo gayti suoueun con èy lou tèmps. Eus bray que lou patois n’eus pas fran parlat anuyt. Lous junes ne lou couneuchen pas mèy mé lous bieuils aou rugby lou saben eun tchic égal. Lou péyis paroupian eus tabé dïnc a Seun Sefrian é Seun Lugèy. Sabi bieun que lou bassin ne parle pas neugue coum nousaoutes. Am un diseduy a noste : "Lous Deungïns parlen fïn é lous Mios parlen gros".
    Bonne soirade é a un aout cop.

    Christian dou Hariat

  • Adishatz Christian !
    Merci freum !-)
    Qu’avèvem dejà lou diseduy "Lous Deungïns...", rapourtat en ue aute grafie per Halip Lartigue, a prepaus deu "Relais gascon" d’Audenge.
    Audenge - Le relais Gascon

    Cau díse que dengin/deungïn e vòu díse "habitant d’Audenge"...

  • Cresi pas a eishart > shardina, vist que los derivats se gardan normalament lo t (ex. eishartigar). Sardine èra Chardines sus la carta de Cassini : benlèu un shafre. Fau se rapelar que Pessac es sau camin dau Bassin, e a l’epòca los Bogés carregèvan pr’achì lo peish dau Bassin cap a Bordèu.

    Per Chartier, solide que ’quò’s un nom gabai.

  • Òc. "Eishart", qu’ic èy entinut díser pas goayre a, a Usto (09) oun ic emplegan uncoèra corrament entà parlar d’ua "clairière", un prat que s’avèn eishartigat d’auts cops. E touta le siga liga "Charton, Chartic, Chartade" que’n vèn.
    Védetz un chic lou gascoûn coum va lunh !

    Bravò pr’ou voste bèth parlar negue gerondîn Kiki !

  • Quand je vois un lieu Sardine à Grateloup Saint Gayrand, aux abords d’une forêt* (dont une partie est nommée "Boscas" - le grand bois), dans le cadastre napoléonien divisé en parcelles étroites mais non habité, je suis renforcé dans la conviction que "Sardine" peut avoir - et a souvent - un tout autre sens que le petit poisson que recommandent maintenant les nutritionnistes !
    Si ce n’est pas un "Sartine" (endroit défriché - mais je ne trouve d’attestation nulle part d’un tel mot) confondu finalement avec le mot "sardine", qu’est-ce ?

    * et maintenant redevenu forêt : voir l’IGN.

  • Palay donne aussi (entre autres) :
    - « chardiu,-ibe adj. – Aride, sec, stérile (L.) »
    - « chardòc (L.) sm. – Ajonc épineux »
    - « chardèc,-rèque (Or.) adj. – Trempé-e, imbibé ; terre chardèque ». (qui semble un peu un intrus par le sens)
    - « chàrto (B.-L.) sf. – Terre défrichée. »
    - « chartìc sm. – Essartage ; au pl. les branches coupées à l’essartage ; essart. »
    - « eschartìc,-tigade (voir chartìc et dérivés) »
    Les racines shard et shart n’en font-elles qu’une ?

  • Ernest Nègre dans sa Toponymie Générale de la France (certaines pages sont visibles sur Google books) donne : ARTIGA d’origine préceltique aquitaine, avec les propositions suivantes :
    « n°1735- » artiga "terre défrichée" avec l’énumération de 9 (L)ARTIGUE(S) gascons (et 1 du Var !?)
    La série 1736 à 1745 donne les dérivés ARTIG-AT, _AU, -OLLES ... tous situés en Gascogne.
    1746- 7 noms (L)ARTIGE(S) limousins et auvergnats
    1750- 3 noms ARTIX (Ariège, Pyr.-Atl., Lot)
    1751- CHARTIGAT commune de Castelnaud-Barbarens (Gers), villa que dicitur exartigat au IX° siècle, participe passé de gascon (es)chartigà, formé de roman ex-artigare mettre en culture, attesté par Du Cange, le sens est donc terrain défriché. »
    Le FEW [https://apps.atilf.fr/lecteurFEW/lire/20/548] propose pour eishartigar ; une hybridation entre le pré-roman ARTIGA, et eishart/eishartar (français essart, essarter) du latin EXSARTUM.


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