Notre région, c’est la Gascogne !

 
 

Bas Adour

Pays charnégou

Pyrénées

Bergouey-Viellenave

La Borde Hunard / La Bòrda Unart / La Bòrde Unart

En "normalizat" :

Labòrda + La/Era Bòrda

bòrda / ferme, métairie

Ou grange.
Prononcer entre "bordo" et "borde" ;
Dérivés :
bordeta (prononcer "bourdette" ; petite bòrda), bordiu (ferme ou métaierie) et ses dérivés bordilèr (métayer), bordilòt (diminutif de "bordiu")
bordau ("bourdaou" indiqué comme "grange-étable" (p.40) par "Quand l’Ariège changea de siècle", de Pierre Salies aux éditions Milan/Résonances (1982))
bordalat (hameau)
bordèra : regroupement de bòrdas ?

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Unart
Voir la discussion très détaillée et argumentée sur la Borde Hunard.

"Pouvez vous me dire l’origine et la signification du patronyme écrit Hunart ou Hunard, nom d’une maison à Bidache et à Viellenave sur Bidouze (Bergouey) présent depuis au moins la fin du 17 ème siècle ?
Merci
[X. H.]

Une table des baptêmes (charnegroupe.free.fr, relevé effectué par Jean Darrigo) donne en 1606 Jehan Hunart marié à Charlotte Hossis, et en 1609 Jean du Hunard marié à Charlotte Hossist. C’est donc le même, et la particule "de" fait pencher pour un nom de lieu.

Pour un nom terminé en "ard/art", on pense à un ancien nom germanique composé avec "hard" (= dur) comme Meynard, par exemple.
Si c’était le cas, on devrait trouver ailleurs d’autres cas de Hunart ou Hunard. Je n’en trouve pas dans la région (en Champagne, oui).

Mais la localisation de la Borde Hunard à Bergouey-Viellenave, en zone "vasconne", à toponymie fortement basque mais parfois gasconnisée, d’après mes premiers renseignements, conduit à envisager une piste vasconne.

Voici ce que dit Orpustan à propos de "Gamarthe", dans "Toponymie basque" :
"Guinarthe, aujourd’hui en territoire roman, mais d’étymologie basque (agin-arte "entre les ifs" ou gain-arte "entre les hauteurs), alors que le roman l’écrivait toujours "art" avec chute de voyelle finale."

Il y a donc une possibilité que Hunard (puisque vous avez trouvé une graphie Hunart) soit un "hun-arte" basque.
Je ne sais pas si "hun" est possible.
Je renvoie la "pelote" aux toponymistes basques.
[Tederic]




Grans de sau

  • D’après Orpustan, ona- est une racine aujourd’hui inusitée en basque mais que l’on peut supposer être un oronyme.
    On la retrouverait dans Bayonne ou dans Abense qui est Onize en basque (à noter que Abense est la gasconisation phonétique de Oniza ! oniza>onise>oénse>auénse>abense : il va sans dire que chercher les origines basques en des zones aujourd’hui gasconophones, cela peut s’avérer très dur).

    Oneix, qui est un ancien Ona-(a)zu (lieu où abondent les hauteurs) est prononcé actuellement Unaso en basque ! : la fermeture de l’initiale devant nasale semble être un phénomène basque(o>u).
    En 1350, Oneix est attesté Honeix.
    Dans la région, à Sorde, le lieu-dit Hurdache dérive d’un ancien Urdaitzun (Urd-aitz-un=plateau où abonde la roche : Urdaitzun>Urdáissen>Urdáchen puis Urdache, comme Bidaitzun donne Bidache).
    On a la preuve que les h peuvent peuvent ne pas être étymologiques.

    Au final : Ona+(a)rte>Onart>Unart, c’est-à-dire "entre les hauteurs".
    Ca semble correspondre au terrain :
    hunardob8.jpg

    Réponse de Gasconha.com :
    Encore une fois, merci Vincent !


  • L’explication de Mr Vincent P me semble pertinente, en effet, sur l’annuaire téléphonique, le propriétaire de la Borde de Hunard, monsieur Egurbide, écrit le nom de la maison sous la forme Unart (voir annuaire page blanche) à VIELLENAVE.

  • Merci, Xavier, pour la photo !

  • A noter le quasi-homonyme Onard, village landais des bords de l’Adour, ... qu’il est bien difficile de placer entre deux collines !
    Sauf à dire qu’effectivement, Onard situé sur la route entre Montfort-en-Chalosse (autrefois Oisses, nom indiscutablement basque) et Tartas (idem), était bien le village situé dans la vallée de l’Adour, donc forcément entre deux rangées de collines, celle au Nord du village étant même très abrupte.
    Sinon, je ne pense pas que l’argument qui dit que le n de l’étymon (Onarte) serait tombé soit pertinent :
    le Sud de l’Adour a été gasconisé récemment et ces n ne sont jamais tombés pour les noms administratifs gascons des villages basques.

    Réponse de Gasconha.com :
    Pour la chute du "n" (qui n’a pas eu lieu), tu réponds, Vincent, à une objection qui n’a pas été faite ici...
    Mais mieux vaut prévenir que guérir !-)
    Quant à Onard, la discussion pour savoir si le village est entre deux collines est ardue !-)


  • La Borde Hunard est située entre deux collines, mais également près de la Bidouze, voir la carte ; un peu comme Onard me semble-t’il près de l’Adour, donc à la fois près cours d’eau, et entre deux collines, alors ? quid

    Réponse de Gasconha.com :
    Est-ce que l’ouvrage de B. Fénié sur les noms des communes landaises donne l’explication on-arte pour Onard ?


  • En effet, l’ouvrage donne cette étymologie (en reprenant Orpustan qui la postulait dans un ouvrage sur le Liber Rubeus de Dax et qui la maintient à l’article Bayonne de sa Toponymie Basque nouvelle version), mais sans poser justement cette question de la chute du n intervocalique que l’on pourrait avancer (et qui comme je l’écrivais, est un faux-débat puisqu’il semblerait que cette racine ona- soit aussi dans Bayonne-Baiona).

    Chez Orpustan, j’ai aussi trouvé un autre sens pour le suffixe -arte :
    celui plus spécialisé de "passage étroit des...".
    Parfait pour la borde Hunard.
    L’identification de cette racine ona- à un oronyme me semble probante :
    Saint-Martin d’Oney et Onesse, tous deux dans les Landes, sont situés sur des hauteurs dominant un ruisseau.

  • Si l’on regarde les cartes IGN, que voit-on ?
    Qu’Onard se trouve dans une plaine à 16m au dessus de la mer, et que le village est traversé par une unique route en provenance de St-Géours situé sur une ligne de côteaux culminant à 90m à Poyanne la bien nommée (podiana terra="ensemble de collines" selon Fénié).
    En allant au Nord, très vite après Onard, on tombe sur l’Adour qui bute sur la rangée de collines (un plateau en fait) entre Midouze et Adour ( 50m).
    Il faudrait se rendre sur place et voir si dans cette plaine alluviale de l’Adour, l’impression qui se dégage est bien celle d’être entre deux lignes de côteaux.
    Pour Onard, on peut sinon revenir à l’hypothèse germanique, d’autant plus que très près de là se trouvent les villages d’Audon (Aldone) et de Gouts (colonie de Goths ?).
    L’étymologie basque a cependant ma préférence du fait de la densité de ce genre de formations dans la région immédiate (Bégaar, Mugron, Lier, Cassen, Gousse, Gamarde, Lourquen, Nerbis, Souprosse, Tartas, Goos, Nousse, ...).
    Dans la commune même d’Onard, un lieu-dit est suspect : Ilherin.
    Et rien n’assure que Gouts ait un lien avec les Goths (attesté Goz au XIIème : variante du basque goitz=hauteur ? à Cocumont, le lieu-dit Gouts est clairement sur une hauteur).

  • Xavier Hourcade nous signale ce qui suit :
    Il existe une maison Hunart, écrit également Hunard ou Hunar, sur les registres paroissiaux de Bidache.
    Cette maison existe encore, elle est située au 85 rue Garat à Bidache.
    Ce nom de maison a également donné des noms de famille sur les registres paroissiaux de Bidache.

  • L’étude des registres paroissiaux indique que les patronymes les plus anciens des occupants des maisons de ce nom à Bidache et Viellenave sont Doyhenart(d).
    Sur les registres les mêmes individus sont nommés un fois Doyhenart ou Oyhenart(d) soit Hunart(d).
    Également à Sainte Marie de Gosse, on retrouve au début du 18ème siècle une mère qui est nommée Hunart et parfois Oyhenart lors des 4 baptêmes de ses enfants.
    Je pense qu’il est possible que Hunart soit une transcription fautive faite par des non Bascophones du patronyme ou domonyme Oyhenart, car ce phénomène se trouve toujours dans une zone de contact Basque/Gascon, à Viellenave, Bidache, Ste Marie de Gosse, Hastingues, Osserain et même à Came où l’on trouve même la transcription Ohunard.

    Réponse de Gasconha.com :
    Bravo pour ce travail de recherche dans les archives anciennes.
    Souventes fois, un tel travail doit permettre de progresser grandement dans l’explication d’un nom de lieu.
    Ceux qui font des recherches généalogiques peuvent donc venir au secours des onomasticiens, et en mettant en ligne les hypothèses, Gasconha.com espère recevoir des éléments de réponse de la part des premiers.


  • La suffixation reste la même -arte=entre, le terme initial étant oihana=forêt en basque.
    Oihana pris seul, avec donc une acentuation sur la pénultième, donne le béarnais Ogenne.

  • J’ai peut être une piste à vous proposer d’explorer en lien avec l’hypothèse audacieuse (mais encore largement sujette à caution) d’une toponymie scandivane liée à une possible présence danoise avant l’an mille sur l’Adour.
    N’étant pas un spécialiste je vous renvoie sur l’ouvrage de Joel SUPERY "Le secret des vikings."

  • Pourquoi pas, mais c’est une hypothèse peu probable au regard des renseignements recueillis au plus près des lieux.

  • On passe du basque Oienarte au gascon Unart du fait de la tendance gasconne qui fait aboutir un ou de syllabe initiale non tonique à u.
    obrir>ubrir, pojar>pujar, avec comme étape précédente la diphtongaison de "oy" en "ouy" comme le schéma des o ouverts toniques (noeit>nut).

    On pourrait alors interpréter le Onard landais de la même manière : "entre les forêts", notamment dans un contexte toponymique assez "sylvicole" (Cassen, Laurède, ...).
    Seulement, on s’attendrait à ce que le n intervocalique chute : la diphtongaison aurait conservé le n ?
    Le voisin Poyanne a également conservé le n intervocalique du latin podiana mais l’on sait qu’en gascon, le n intervocalique semble se conserver entre a tonique et -a atone final.
    D’ailleurs, pour le Ogenne béarnais, le n intervocalique du basque Oihana n’est pas tombé mais cela peut s’inscrire dans le cas de Poyanne.

    Pour expliquer Onard, il faut alors partir de l’étymon Oianarte, accentué sur le premier a, ce qui explique la chute du e final et la conservation du n intervocalique sur le modèle de Poyanne : on a O’yanart.
    Par déplacement de l’accent sur la finale, on aurait eu Oy’nart puis Ou’nart, la prononciation actuelle.

  • Je ne saurais vous dire si le nom Hunart vient de ’Oyhenart’, de ’Onarte’ ou de ’....hard’.
    Mais il ne faut pas se soucier de l’emplacement de la Borde Hunart mais plutôt de la maison Hunart.
    Le toponyme Hunart, doit correspondre au site.
    Le toponyme borde Hunart, lui, ne correspond pas forcément au site naturel car il s’agit d’une borde.
    Les noms des bordes venaient tout simplement du nom de la propriété.

    Exemple : Castella et Borde Castella à Bardos .

  • Monsieur Dibon a raison quand il écrit qu’une borde a pour nom celui de son son propriétaire, mais c’est déplacer le problème au nom du propriétaire qui lui s’appelle bien Hunart ou de Hunart, et les occupants de cette borde se nommaient à la fin du 17ème et au 18ème siècle Doyhenart ou Hunart, puisque borde ou pas il y avait sur les registres paroissiaux de Viellenave et Bidache confusion entre le nom de la borde et le patronyme.

    De plus, comme cité précédemment, dans d’autres communes des personnes sont nommées indistinctement Doyhenart ou Hunart selon les inscriptions, ce nom correspond forcément à un nom de maison ou de borde.

  • Pour faire avancer le problème de la signification de HUNART, une maison médiévale est citée à Bidache en 1316 : OYHANART.
    Il est fort probable qu’il s’agisse de la maison nommée HUNAR sur le cadastre napoléonien, aujourd’hui HUNARD.
    Donc le composé basque oihan-arte, "milieu de forêt".

  • Tè ! cela m’interpelle, car j’ai parmi mes ancêtres le nom (D)OYHENART du côté de Labastide-Clairence, Urt, Hasparren...

  • Je viens de relire ce fil de discussion au sujet d’un lòc que je ressens comme totémique de Gasconha.com, et curieusement il n’y est pas fait allusion au fait que le cadastre napoléonien, qui est généralement une source fiable, écrit "Huard" aussi bien sur le TA (tableau d’assemblage) que sur la feuille de section.
    Comme souvent, la carte d’état major suit le cadastre napoléonien, sauf qu’elle écrit "Huart".
    De plus, à Bidache, il y a aussi un lieu noté par l’IGN "Huart" et "Uhart" par le Cadastre napoléonien.
    Uhart est courant au Pays basque.
    Côté espagnol, on écrit Huarte ce qui est Uharte* en graphie basque restituée. On n’en est pas loin ici...

    * C’est le nom d’une localité navarraise : https://fr.wikipedia.org/wiki/Huarte-Uharte

  • Je continue à broder sur ce lòc (on pourrait ici dire leku - lòc en basque !).
    Il a la particularité d’être exactement sur la limite Pays basque - Gascogne, à tel point qu’il est difficile de dire quelle était la langue préférentielle de ses bourdilès. Ils ont dû avoir le plus souvent des noms basque, et plus haut, Xavier Hourcade nous disait il y a dix ans que les pages blanches de l’annuaire écrivait "Unart" (sous le nom d’abonné Egurbide) ; c’est toujours le cas - mais cette "Maison Unart" semble être dans le bourg de Viellenave et donc distincte de la "Borde Unart" qui, elle, est sur le Chemin d’Aguerria (encore un nom basque !).
    Mais "Unart", c’est bien la forme qui devrait prévaloir, que ce soit pour la graphie gasconne ou pour la graphie officielle française : Ni le H initial ni le d final n’ont de raison d’être, le fil de discussion établit au moins cela !
    Si le bourg de Viellenave a été peuplé par des gasconophones - le nom même, "Ville neuve" en gascon, suggère une création gasconne - la toponymie de la campagne environnante, sur cette rive gauche de la Bidouze, est moitié basque (par exemple "Olhagi" pour une borde voisine), moitié gasconne. Et on sent que ce qui est gascon correspond à des postes avancés sur une rive gauche de la Bidouze qui est ici foncièrement basque.

    L’architecture aussi est emblématique :
    On a l’exemple d’un doublet entre une maison vasconne, à droite, qui est probablement la maison d’origine mais semble devenue une grange, et une maison aux toit à quatre pente, plus française.

  • Le souci des cartes IGN actuelles, c’est qu’elles ont normalisé les toponymes d’origine basque, sans que l’on sache de quelle manière cela a été exécuté : l’affaire de la basquisation des toponymes d’origine basque lointaine de la rive droite de l’Adour à Bayonne (type Biscardy, normalisé en Bizkardi) me laisse penser que cela n’a pas été fait avec le sérieux nécessaire, à savoir une enquête sur place.

    Ainsi, dans le cas de la maison Olhagi sur les cartes actuelles, celle-ci figure Olhaguie sur les cartes IGN des années 50, disponibles sur Géoportail. Il est peu douteux que le toponyme est basque, mais en le normalisant, l’IGN ne nous dit rien de la langue parlée dans ce morceau de la vallée de la Bidouze. La maison pouvait s’appeler Olhaguie et pour autant être gasconophone.

    Je suis, pour dire la vérité, assez furieux face à ces normalisations un peu arbitraires, qui ne sont pas suffisamment justifiées, ou disons contextualisées. Idem en Catalogne "du Nord", dans les Pyrénées-Orientales, où les toponymes sont normalisés ... selon la norme de Barcelone ! L’on perd énormément d’informations linguistiques, pour un caprice d’officialité.

    Pour revenir à la toponymie de Viellenave, elle semble en effet marquer comme une avancée gasconne sur la Bidouze, et le peuplement des lieux doit s’inscrire dans une volonté de fixer la population sur ces passages anciens de transhumance, vers le Lanneplaa (un plateau herbeux de Came à Hastingues), où les troupeaux basques passaient l’hiver.

    Élément crucial : le château originel des Gramont se situait sur la commune, sous son nom gascon d’Agramont, aujourd’hui la colline de la Moulary. Il est fort probable que Viellenave soit née sous l’égide de cette famille, qui chercha à créer un bourg en ses terres.

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