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Médoc

Lacanau

Les dunes du Rounde

Tederic devance mes effets de surprise, car j’allais proposer ce lieu dans les jours qui viennent, pour apporter un élément nouveau au sujet du terme médoquin mystérieux "ründe".


Le Ründe

La carte indique des dunes, mais le sol est tellement boisé qu’on ne les reconnaît plus trop. J’aimerais avoir, ne serait-ce qu’en un lieu, l’espace landais tel qu’il était il y a 150 ans, des dunes de sable qui divaguent.

prepausat per Vincent P.



Grans de sau

  • Oui, dommage : ici la couverture "pinhadaresque" du sol le banalise en quelque sorte, même quand, comme moi, on aime le pinhadar.
    Parfois je rêve plus en regardant les cartes (où les noms sont marqués) :

  • En même temps ma rêverie évocatrice, comme la vôtre Tédéric, ne me fait pas oublier les maladies de la lande ancestrale, je viens de trouver cet article très intéressant d’une conférence donnée à l’Institut d’histoire de la médecine par un médecin Landais qui rapporte des sources anciennes intéressante aussi sur l’habitat c’est à dire sur les maisons et la façon de les habiter...
    http://www.biusante.parisdescartes.fr/sfhm/hsm/HSMx1985x019x001/HSMx1985x019x001x0077.pdf

  • Adishatz Dominique !
    J’ai donc lu cet article du Dr Peyresblanques (qui a été, je crois, président de la Société de Borda).

    La pellagre, cette maladie grave qui finissait souvent par le suicide du malade (pour des raisons qui ne sont pas expliquées dans l’article), est expliquée par une "avitaminose sévère confirmée, liée à la misère et non au maïs". Le manque d’hygiène est aussi invoqué.
    Il semble qu’on avait un moment accusé le maïs (quand il avait été mal conservé avant consommation...), mais c’est surtout qu’une alimentation reposant trop exclusivement sur le maïs était carencée.
    Cette maladie concernait aussi la Chalosse, donc des terres non landaises géographiquement, non concernées directement par le drainage du sol landais au 19e siècle pour assainissement et mise en valeur.

    Le lien entre cette révolution landaise par le pinhadar généralisé et la fin de la pellagre est donc indirect : l’afflux de richesse dû à l’exploitation du pin et de la résine a permis aux gens de mieux s’alimenter.
    L’article explique mal comment la Chalosse a bénéficié aussi de cet enrichissement, sauf par un petit paragraphe un peu ambigu où il est question de fin de la transhumance pyrénéenne et d’une amélioration des pratiques agricoles.

    Par ailleurs, l’article décrit un habitat terriblement insalubre dans les maisons à emban que nous chérissons, et signale aussi le progrès dû à la technique des puits filtrés. La mauvaise eau n’était pas, semble-t-il, la cause de la pellagre, mais pouvait sans doute causer d’autres maladies...

    Maintenant, le pinhadar généralisé était-il le seul moyen de vaincre la misère landaise ? J’incline à préférer des modèles plus diversifiés, qui auraient laissé une place aux troupeaux, et à d’autres espèces d’arbres (chênes...) qui poussent très bien aussi dans le sol landais.
    Une éducation plus poussée aurait pu faire progresser l’hygiène et la productivité...
    La question sociale doit être aussi abordée : répartition des revenus, propriété du sol... La misère ne touchait pas également tous les landais avant la révolution du pinhadar...

  • Bien sûr vous avez raison sur les carences, mais j’ai été intéressée par la façon dont le Dr Peyresblanques avait publié des textes de médecins du XiXème siècle parlant de la misère de la lande et pour certains aussi du développement de cette maladie,la pellagre, en Chalosse pourtant pensée comme "riche"(mais pas pour tous) et comment tous reliaient ceci à l’habitat ,à l’environnement et aux moeurs du temps.
    Je pense que la question de l’hygiène, de la salubrité de l’eau étaient préoccupantes pour les habitants du XIX ème siècle, on le voit aussi dans les délibérations du conseil général qui sont en ligne aux AD, bien des considérations de ces "notables" élus communaux reportent sur l’ignorance et le "retard " des populations locales ce qui pour nous apparait comme l’effet d’une situation sociale très inégalitaire.
    Dans ces délibérations on voit toutes ces préoccupations sur la santé, il y a eu de longues séances à la Restauration pour créer des écoles de sages-femmes car le département semblait avoir un taux de mortalité des nouveaux nés et des parturientes absolument énorme, la question de l’assèchement à cause des fièvres (la malaria) a provoqué cette plantation de pins, mais c’est certain qu’autre chose aurait pu être tenté,même si comme vous j’aime le pinhadar et jadis l’odeur des pins gémés ...

  • Autant que je sache, il existe un parc naturel : comment se fait-il que dans le cadre dudit parc, il n’ait pas été envisagé, sur une zone conséquente, de "dépignader", pour retrouver l’espace landais naturel ? Je crois urgent de posséder, au moins en un endroit, un mirage de ce que fut l’ancien monde landais.

  • J’ai entendu dire que ce type de paysage de lande rase existe dans le camp du poteau à Captieux (terrain militaire où les avions balancent des bombes qui n’explosent pas toutes).
    Quand au parc, quand on entend un nombre croissant de ses employés y compris ceux responsables de la culture parler de la Grand’ Lèr’ et de la p’tit’ Lèr’, je ne pense pas qu’ils voient un intérêt à acheter du terrain pour ça.

    Christophe

    PS même avec un accent parisien on peut dire : le soleil revient.

  • L’histoire naturelle des Landes est plus compliquée que cela. La lande était vraisemblablement une création humaine, comme la monoculture du pin.

    http://clubdubalen.fr/blog/une-autre-histoire-de-la-foret-landaise/


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