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Haut Entre-deux-Mers

Entre-deux-Mers

Saint-Félix-de-Foncaude

Borde au Château de Pommiers

Adeptes du temps long, nous devons rappeler sur Gasconha.com que le Bazadais, aux racines antiques, pré-romaines, vasco-aquitaines (les Vasates), s’étendait des deux côtés de Garonne, donc aussi dans une partie de l’Entre-deux-Mers.

Mais le Bazadais de l’Entre-deux-Mers arbore aujourd’hui beaucoup moins de marques g(v)asconnes que la rive gauche de Garonne.
Il m’a fallu du temps pour y trouver une "borde vasconne", en tout cas ce matin là entre la Réole et Sauveterre.
Celle-ci, dont j’ai du mal à évaluer l’ancienneté, y ressemble, avec une touche "chalet" grâce aux jambes de toit.
C’est une borde voisine du bourg castral de Pommiers.

prepausat per Tederic Merger



Grans de sau

  • Il est très vraisemblable que les implantations de migrants gavaches, autour de Monségur, ont facilité la disparition du style vernaculaire "vascon" dans cette partie du Bazadais : je me souviens avoir lu, mais la référence précise doit être retrouvée, dans le livre "Les Gavaches" de J. Dubourg, des actes anciens qui montraient que les populations nouvelles étaient dans l’incompréhension du bâti de bois des autochtones et introduisaient de nouvelles techniques de construction, qui ont largement pu essaimer.

    Néanmoins, il convient de nuancer ces explications ethnicistes : l’on trouve des maisons à façade sous pignon, toutes de bois, dans la forêt de la Double, aux confins du Bordelais, du Périgord et de la Saintonge. Et tout le vieux bâti de ce que l’on appelle aujourd’hui la Charente limousine, à savoir l’Angoumois resté de langue d’oc, est souvent de type basilical, avec utilisation du bois.

    Il ne faut pas non plus oublier le contexte girondin des reconstructions massives du XIXème siècle, qui a largement modifié les paysages du département, en faisant disparaître le vieux style à façade-pignon, qui subsiste ça et là, de manière sporadique (quelques vieilles granges médoquines, des fermes sur le bec d’Ambès, des exemples plus aristocratiques comme les maisons dites hollandaises de Bordeaux et Bazas, ...).

    Il y a deux ans, j’avais trouvé cette maison : qu’en penser ?


    Le Humat

  • Je crois qu’il ne faut pas négliger la disponibilité des différents matériaux. A mon avis, le bois est un matériau ’’par défaut’’, que ce soit dans le cas de bâtiments datant d’une époque où l’extraction de la pierre était techniquement difficile donc réservée à certains types de monuments et bâtiments, ou dans le cas de régions dont le substrat géologique ne permet pas de bâtir en dur, ce qui s’explique donc dans les Landes (garluche mise à part, mais elle n’abonde pas non plus).

    Je pense donc, dans ce cas précis du Haut Entre-deux-Mers, que l’on est passé d’une époque où l’on construisait en bois (bâtiments ’’communs’’) et moellons calcaires (maisons nobles, moulins fortifiés, églises, croix...) à une époque du tout-moellon (à partir du XVIIe-XVIIIe s. ?), simplement pour des raisons d’évolution des techniques. Il serait intéressant, de plus, de savoir d’où provenaient les moellons, car le calcaire affleure peu dans cette région de molasses ; on aurait été moins étonnés de voir des maisons en brique.

    En tout cas, je n’y vois pas tellement une influence de Bordeaux, car le style architectural dominant du Haut Entre-deux-Mers et du Bezaume est nettement différencié de celui du Bordelais (Graves, Libournais, Blayais, Médoc, Benauge... et extension vers les Charentes, Ribérac etc.) ; je trouve qu’il se rapproche davantage des maisons de l’Albret, de l’Agenais, du Bazadais, du Marmandais... Bref, un espace pas uniquement gascon, à cheval entre les aires d’influence de Bordeaux et de Toulouse.

    Pour revenir à la description des maisons du Haut Entre-deux-Mers et du Bezaume, leurs caractéristiques sont les suivantes :
    - maisons massives (maisons de bourg) ou longères basses (domaines agricoles)
    - présence constante d’ouvertures dans les combles (losanges, ronds, carrés)
    - matériau : moellons, avec insertion de briques en allant vers l’Agenais
    Très différent, donc, des petites maisons de bourg bordelaises en pierres de taille et des domaines viticoles de la Benauge.

    Reste à expliquer cette différence. Serait-elle due à une agriculture différente , avec plus de céréales ou de polyculture vers l’est, donc un vaste grenier ? C’est à étudier.


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