Aux confins de la Gascogne et du Périgord, des vignerons confient à un certain IGOR des cuvées gasconnes :

– “Lo vin Roi signifie « Le vin rouge » en Gascon” [1]
– “Lo vin deux peluts littéralement signifie le vin des poilus en Gascon. C’est une expression qui désigne un vin charpenté avec une belle structure.” [2]
– “La Treihla” [3]
Le nom de leur groupement est Compair Igor.
Il y a là un jeu de mot (qui n’est sans doute pas nouveau) : Père Igor, Périgord !
Ils sont en effet, pour la plupart, légèrement hors Gascogne, et plutôt côté Périgord [4].
Or, si on prononce bien en gascon Compair Igor, le jeu de mot ne marche plus : Coumpaÿ et non Compère... compair = compère
Mais ils donnent une autre explication : “« IGOR » est l’acronyme de Irréductible Gaulois Obstinément Rebelle.”

Leur personnage fétiche, Igor, donc, « un gars de la terre, un paysan plein de bon sens, profondément enraciné dans sa région du Sud-ouest », « parle le dialecte Gascon issu de la langue d’Oc ». “Gaulois réfractaire fort et fier de son indépendance, il incarne nos valeurs « franchouillardes »”.
N’accablons pas Igor pour cette mesclagne identitaire (la Gascogne n’est pas le Périgord, elle n’a pas à être franchouillarde, et si elle est gauloise, c’est de Gallia Aquitana !), ni pour ses fautes en transcription alibertine du gascon (voir dans les notes de bas de page) !
Réjouissons-nous plutôt que, dans un contexte de crise du vin, le gascon serve à se démarquer de la production mainstream, et à développer des alternatives, comme l’explique Brice Tingaud, du domaine Dame Bertrande à Saint Astier de Duras, et membre du groupement Compair Igor :
« pour remplir cet objectif de proposer un vin réjouissant, sain et droit, le domaine a quitté les Côtes de Duras car (...) les grands acteurs de chaque appellation ne sont pas ceux qui font bouger les lignes. »
« Mais j’adorerais reproduire en AOC si elle se libérait de ses carcans pour intégrer toutes les sensibilités des vignerons de qualité dans le secteur », concède l’indépendant.
Sud-Ouest - Brice Tingaud, du jeu vidéo au vin réjouissant
« Arracher de la vigne, c’est un crève-cœur quand on passe des heures à genoux à l’entretenir. Il y a cette noblesse du travail agricole et puis la fierté de ma parcelle de sauvignon où cohabitent vignes et arbres, sur le modèle des joualles qu’on avait dans le Sud-Ouest. Et puis c’est cool de faire du bon pinard. »
Sud-Ouest - Dame Bertrande veut « sanctuariser » ses terres agricoles pour les rendre à la nature







