Le Béarn avant le Pétrole

- Tederic Merger

"Qu’il était beau, ma sœur, le doux pays de notre enfance ! La « Terre de Béarn », chantée par Charles de Bordeu !
Oui, « était », car ceci est mon pays avant le Pétrole.
Maintenant, plus rien n’est et ne sera comme avant.
A mes compatriotes, lous amics, chers compagnons du merveilleux autrefois, on a offert des millions ; ils se sont laissé tenter, car en Béarn, on n’a jamais été riche.
Après avoir donné leurs terres et touché cet argent, ils ont cru un moment posséder les royaumes du monde et toute leur gloire, puis ils ont été comme s’ils avaient perdu leur âme.
Dans la plaine féconde les Etrangers se sont mis à l’œuvre : bâti des usines, domestiqué le Gave, fait de l’utile et du productif, de l’industriel.
Les beaux champs de maïs ont été saccagés.
Ces champs, un petit canal d’irrigation les traversait. Enfants, nous nous baignions dans son eau limpide et peu profonde.
Dès que s’annonçait la venue d’un adulte, nous nous cachions en hâte, entre les hautes tiges, moins par pudeur ou honte de notre totale nudité, que refus de voir un « grand » pénétrer dans notre paradis de verdure, d’eau, de soleil.
A tout prendre, c’est peut-être ce sentiment-là qui poussait Adam et Eve à se cacher dans les fourrés de l’autre paradis, avant que ne retentit l’indiscret et terrible : « Adam, où es-tu ? ».
Les bois, les coteaux demeurent inchangés, et aussi la mémoire !"

[L’abbé Bilhère
Revue de l’Agenais n°4 (1964) p.325]

Grans de sau

  • Il est assez clair que "Lacq" a saccagé ce qui était la plus belle partie du Béarn, à savoir la riche vallée du Gave en aval de Pau et ses gros villages roux, le Béarn de Bordeu en effet, mais aussi celui de Jammes.
    Les dégâts esthétiques sur des villes et villages comme Orthez, Lagor ou Arthez sont évidents.

    Cela dit, on peut aussi apprécier la majesté du monde industriel et en empruntant les routes du bassin de Lacq sur fond de Pyrénées, il y a quelques chose d’assez grandiose qui se dégage, d’un peu soviétique.
    La ville nouvelle de Mourenx est à mon sens une réussite, les tours sont élégantes, le tout est arboré, et finalement mieux conçu que la plupart des lotissements contemporains.
    Et puis depuis les hauteurs d’Arthez, ça a de la gueule ce mirage blanc.

    Surtout, on sent la France des Trente Glorieuses qui planifie avec rigueur, à défaut de le faire dans le respect des populations locales.
    Il n’y a rien de plus enivrant que les torchères de Lacq la nuit depuis le train entre Dax et Pau.

    En tout cas, je chanterais avec plus d’envie le Béarn industriel des années 60 que le Béarn contemporain qui pour le coup rehausse mécaniquement la qualité du goût d’il y a maintenant 50 ans.

    NB : Par contre, le Béarn industriel a été clairement le début de la fin de l’ancien Béarn.
    Avec Lacq, les idées nouvelles ont été introduites dans le vieux monde paysan béarnais, et des décennies après, on voit combien une ville comme Pau a changé.
    Rien d’étonnant par ailleurs que l’occitanisme soit né dans le bassin de Lacq.

    Réponse de Gasconha.com :
    Dans le même article "Charles de Bordeu et le Béarn" (qui évoque aussi Jammes), l’abbé Bilhère évoque "l’œuvre principale de Charles de Bordeu : « Terre de Béarn » :
    "Mais dès que « Terre de Béarn » parut en librairie, les Béarnais s’en régalèrent !
    C’était « leur » livre ! Au collège, nous nous le passions de main en main, sous les pupitres, et bientôt nous le sûmes par cœur.
    Le Béarn qu’il décrivait, c’était le nôtre, le mien ! Nos yeux, les miens, s’étaient ouverts sur lui.
    Ni roman ni épopée : simplement, à travers quelques types humains, toute une région et ses habitants dans leurs villages : joies et peines, vertus, défauts, humbles prestiges, courts mirages."

  • Dans le même genre de livres qui ont marqué leur génération (à savoir la complainte des Béarnais du gave face à l’industrialisation), il y a le livre de Félicien Prué "Béarn d’hier et d’aujourd’hui".
    Pour un équivalent bigourdan : "Mérilheu de mon enfance" par Pierre Manse, ancien inspecteur d’Académie.
    www.priceminister.com—manse-pierre-merilheu-de-mon-enfance

    Tous ces livres étaient conseillés pour lecture aux jeunes instituteurs à l’Ecole Normale de Pau dans les années 70 : ça a bien changé !
    Mais ce qui est certain, c’est que l’Education Nationale n’a pas été le vecteur de francisation si décrié, les instits étaient souvent du cru en tout cas en primaire, et assez versés dans la thématique régionale, ce depuis le XIXème siècle.
    Par contre, au collège, c’était déjà différent, la mobilité plus grande des professeurs sur le territoire national étant aussi en cause.

    D’ailleurs, incidemment, la seconde conséquence de Lacq a été l’afflux de fonctionnaires en Béarn qui, à la suite des ingénieurs ou des rapatriés d’Algérie, ont profondément altéré la sociologie politique de la contrée.

  • Bonjour,

    Les mouvements migratoires, à l’intérieur du territoire français, bouleversent très profondément l’identité d’une région, la sociologie politique bien évidemment.
    Quand cette immigration est trop massive, c’est le groupe humain autochtone qui disparaît culturellement.
    Le littoral gascon est un exemple emblématique et je l’ai tous les jours sous les yeux.
    A Biscarrosse, par exemple, une population exogène très nombreuse s’est installée avec le Centre d’Essais des Landes, dès 1962, et la commune est passée de 3000 à 13000 habitants aujourd’hui.
    Les autochtones sont totalement submergés et ne représentent vraisemblablement pas plus de 30 à 35% de la population actuelle (petits sondages effectués dans mes salles de classe chaque année).
    Le maire actuel est encore issu de cette population autochtone mais la majeure partie du conseil municipal ne l’est pas.
    Il est possible que les futurs élus ne seront plus du tout issus d’une souche biscarrossaise, ni même landaise, ni même gasconne.
    On peut s’en réjouir, on peut aussi le déplorer. Quelle que soit l’attitude qu’on a face à cela, c’est inéluctable et on ne peut que le constater.
    Ce que j’observe ici est une véritable substitution de population qui a commencé depuis 50 ans et s’achèvera, à mon sens, dans les quelques décennies à venir.

    Les fameux autochtones n’ont jamais manifesté une grande passion à l’égard de leur langue, de leur culture vernaculaires.
    Au contraire, aidés en cela par les commentaires désobligeants des nouveaux venus, par la honte inculquée depuis bien longtemps par la France, ils ont renoncé.

    Les néo-arrivants, originaires de plus en plus souvent d’autres régions, viennent avec leur culture française de plus en plus formatée.
    Ils n’ont aucune sensibilité particulière à la région et cela explique peut-être les changements profonds qui sont en cours, les paysages urbains notamment.
    Il viennent avec leur mentalité propre et, comme ils sont majoritaires, c’est la mentalité du pays qui change, l’esprit, l’âme.

    Je suis toujours amusé, et irrité, par les anglo-saxons qui disent que la France est un beau pays et que c’est bien dommage que ce soient les Français qui la peuplent.
    Ils oublient simplement de dire qu’un pays n’est pas une apparition ex-nihilo et que ce qu’ils apprécient en France, ce sont les Français qui l’ont patiemment bâti.
    Je suis tenté de dire la même chose pour la Gascogne, qui disparaît sous nos yeux parce que ceux qui arrivent, et qui souvent sont venus pour la qualité de vie "made in Sud-Ouest", en sont aussi les fossoyeurs, du fait de leur nombre et de leur, déjà, suprématie dans beaucoup d’endroits.

    Amicalement.

  • Je souscris à cette analyse mais je crois que l’avenir d’un mouvement qui tiendrait de tels propos, même feutrés, n’est guère glorieux : ostracisme médiatique (accusations de racisme, fascisme, ...) et surtout échec électoral (si les populations susceptibles d’être séduites par un tel discours existent, par exemple parmi les derniers agriculteurs, elles sont également en minorité dans les urnes !).
    Il n’y a guère qu’au Pays Basque qu’il est possible de tenir un tel discours parce qu’il est aussi partagé par l’immense majorité des Basques.
    Moi je suis stupéfait par la sensibilisation des Basques au problème de la spéculation immobilière et des mutations démographiques.
    Le prix de la terre, la question de l’urbanisme, ... sont les problématiques qui concernent les Basques.

    Enfin bref, que l’on me pardonne cet excès de pessimisme, mais je crois bien qu’en Gascogne, c’est foutu.
    En Béarn plus particulièrement, je pense que la substitution est très avancée si j’en crois les maigres relevés patronymiques que j’effectue via l’annuaire ou les listes d’élèves.
    Les patronymes gascons d’une classe de primaire dans la grande banlieue paloise (Morlaàs, Monein, ...) doivent représenter 10% du contingent.

    Il n’y a pas seulement substitution : il y a également exil des populations autochtones ailleurs en France et malthusianisme gascon.
    Ces analyses sont également faites en Bretagne si j’en crois mes lectures.
    Mais les esprits niais arrivent à se consoler en s’imaginant occitaniser/bretonniser des millions de personnes sans réseau scolaire, sans standard littéraire, sans argent.
    "Hihi".

  • Bonjour Vincent et les autres (ça fait titre de film),

    Je sais bien ce que mon analyse peut provoquer comme réactions imbéciles.
    Eh bien que les imbéciles réagissent, mais pas sous couvert d’anonymat.
    Que nous soyons submergés est un constat et le faire ne me semble pas être du racisme, de l’ostracisme ou du fascisme (le grand mot des gauchistes à court d’arguments, comme Bobo est celui des réacs sans imagination).
    Si la Gascogne et les Gascons doivent disparaître, qu’ils disparaissent donc ! C’est le sens de l’Histoire et c’est la sélection naturelle appliquée à la sociologie des groupes humains.
    Si c’est pour un autre chose qui sera mieux, alors c’est bien.
    Si ça ne nous apporte rien de plus que cette uniformisation mondialiste à la noix, alors j’ai très peur.
    Cette dérive de l’humanité vers l’unicolore me terrifie et je ne comprends pas les discours des ravis-de-la-crèche qui pensent que cette "world culture" en gestation est quelque chose de "fôrmidaaable !!"
    J’espère que je serais mort quand tout cela sera achevé et je suis inquiet pour ma fille, qui va vivre dans ce monde aseptisé et, pour tout dire, cauchemardesque.

  • Bonjour
    Je suis stupéfaite par la multiplication des associations écologistes principalement sur le bassin impliquant une population parachutée dans les communes, je me demande le pouvoir de ces nouveaux administrés, sont-ils vraiment audibles dans leurs démarches auprès des quelques autochtones encore existant.

  • Bonjour Ginou,

    Nous sommes voisins. Je suis de Biscarrosse et j’enseigne au collège d’Audenge.
    L’explosion de la population dans les communes du Bassin est en soi un problème écologique et humain.
    Eau potable, eaux usées, circulation automobile, mitage des zones forestières, motonautisme sur le Bassin et les étangs, engorgement estival, menaces sur l’ostréiculture, inflation des prix de l’immobilier et du foncier, renchérissement des taxes locales etc...
    Nous vivons la même chose sur le littoral landais et à Biscarrosse en particulier.
    Mais que pouvons-nous y faire ? Même les Basques sont en train de succomber. Et Dieu sait s’ils se défendent mieux que nous.
    L’héliotropisme et le balnéotropisme sont un véritable rouleau compresseur de plus en plus hors de contrôle.
    Je crois que les élus locaux sont dépassés par les événements et ne peuvent pas faire grand chose non plus.
    Va-t-on devoir mettre un frein à l’envahissement des littoraux ? Je ne vois pas comment sans une décision, peu probable, des pouvoirs locaux, régionaux ou nationaux.
    Et puis, de quel droit allons-nous empêcher les gens de venir s’installer chez nous ?
    C’est un des aspects du phénomène plus large qu’est la mondialisation.
    L’époque à laquelle on naissait, vivait et mourrait au même endroit est bel et bien révolue.
    C’est le sens de l’Histoire et nous, Gascons, le paierons de notre disparition en tant que groupe humain.
    Je suis triste mais je n’ai pas la solution à ce problème.
    Quant aux associations écologistes vous avez raison, ce sont ceux-là même qui participent à la dégradation de notre environnement landais qui s’en émeuvent.
    Nous, nous avons perdu la partie.
    Il faut dire que nous étions propriétaires de tous ces terrains que nous avons vendus aux promoteurs, quand nous n’avons pas nous-même créé un lotissement à l’emplacement du jardin de Mamette.
    Alors on ne peut pas avoir le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière.

  • Il me semble qu’il ne faut pas rejeter par principe et sans plus y regarder ce que disent les associations écologiques (ou écologistes, j’hésite toujours devant ce dernier vocable qu’on a tendance à amalgamer avec une tendance politique déterminée, les "Verts" pour ne pas les nommer, alors qu’il s’agit de quelque chose de bien plus large et... profond).

    Ils peuvent repérer, même ou parce qu’ils viennent de l’extérieur (un extérieur peut-être tout relatif : je rappelle l’hostilité à peine déguisée de P.Moreau, l’auteur du dictionnaire connu du gascon maritime, envers les migrants venus de la grande Lande, dont les enfants sont maintenant bien fondus dans le pays de Buch...) des dysfonctionnements graves que les autochones ne voient pas ou ne voient plus.
    Ce qui peut leur manquer en pays de Buch mais plus généralement en zones rurales, c’est la considération des besoins réels du monde agricole (ou ostréicole) qui doit conserver, me semble-t-il une sorte de priorité, relative elle aussi et pas au point d’arroser les mais en plein été 24 H sur 24 alors qu’aux heures de plein soleil au moins 50% de l’eau s’évapore...

    Il me semble que les deux parties ont intérêt à s’apprendre mutuellement des choses : les autochtones me paraissent devoir (ou, c’est un devoir) leur apprendre la mémoire et la connaissance des réalités locales de tous ordre, y compris les mots pour nommer ces réalités et leur éviter des conclusions hâtives (qui mieux qu’un vieil habitant connaitra la récurrence des fortes marées, des années d’assèchement et de fortes pluies, la vitesse et la direction des vents, etc... ?).
    Peut-être ainsi avec le temps arrivera-t-on à transformer la partie la plus réceptive et la plus pérenne de ces nouveaux habitants, en particulier ceux qui ont une forte conscience écologique, en gascons véritables et à affirmer chez nos compatriotes qui en manquent souvent, un sens de la responsabilité écologique ...

  • J’adhère largement à l’opinion de Gérard.
    Je m’oppose à l’opposition simpliste entre autochtones qui connaissent le terrain (les vrais écolos, quoi...) et écolos urbains donneurs de leçons qui ne connaissent pas le terrain et contribuent par leur seule présence à sa dégradation.
    D’abord, des autochtones qui connaissent vraiment le terrain, il n’y en a plus beaucoup.
    Nous sommes passés dans l’ère du pétrole.
    L’énergie pas chère a permis un boum de la mécanisation qui a rendu apparemment obsolètes beaucoup de savoirs anciens.
    Les écolos, en pointant du doigt l’épuisement inéluctable des énergies fossiles, renouent avec nos "biarnés" ou "bougés" (habitants de Buch) d’avant le pétrole.
    J’observe aussi que l’empreinte écologique d’un écolo qui vit en accord avec ses idées est bien moindre que celle de l’habitant lambda :
    déplacements à pied, à vélo, en transports en commun, (et en pinasse à voile !-), pas de clim, chauffage modéré, jardin potager sans pesticides ou consommation de produits locaux et de saison, toilettes sèches, beaucoup moins de déchets car moins de consommation, moins de gaspillage, moins d’emballages...
    Si le Pays de Buch recevait des immigrants - et des estivants - écolos au lieu d’immigrants lambda, les maux signalés par Halip seraient bien moindres.

  • Tederic et Gérard,

    Comprenez-moi bien, je ne stigmatise pas les "néos", fussent-ils écologistes.
    Je ne défends pas non plus les autochtones, je pense même être assez critique envers eux en ce qui concerne la disparition de la civilisation gasconne, disparition dont ils sont, pour le moins, des acteurs essentiels.
    Mon questionnement est ailleurs.
    Jusqu’à quand les littoraux, zones sensibles par excellence, vont-t-ils pouvoir accueillir et supporter cette immigration massive ?
    Y a-t-il une limite à cette extension des zones urbaines en bord de mer ?
    Je peux vous donner l’exemple du tristement célèbre wharf de la Salie, qui rejette je ne sais trop quoi dans l’océan.
    Trop plein des égouts des communes du Bassin ? Rejets de la papeterie de Facture ? En tout cas ça sent très mauvais et il semble que les analyses des eaux de baignade, à Biscarrosse-Plage, font état de traces de matières fécales. C’est une rumeur insistante.
    Heureusement que les touristes ne savent pas trop ça, surtout les Allemands ou les Néerlandais qui sont très sensibles à toutes ces thématiques.
    Il y a même eu le projet de rejeter les boues du port d’Arcachon, après nettoyage, dans l’océan au large de Biscarrosse. Après une levée de boucliers landais, le projet a été abandonné.
    En résumé, il semble que les égouts du Bassin, du fait des courants, sont envoyés vers les plages landaises, notamment celle de Biscarrosse.
    Je me souviens des manifestations, au début des années 70, de Biscarrossais en colère montés à Bordeaux pour protester contre la construction du wharf.
    Pot de terre contre pot de fer. Certains, dont mon pauvre père, ont même fini au poste.
    En ce qui concerne la maïsiculture vous avez raison, c’est 24h/24 pendant plusieurs mois, et je crois qu’au pic de la chaleur, c’est bien plus de 50% qui s’évapore. En ces temps de sécheresse (je n’ai pas vu ça depuis bien longtemps, la végétation a son aspect de fin août), les grandes rampes d’arrosage ne molissent pas pour autant.
    Si on ajoute à ça l’emploi massif d’engrais chimiques et de pesticides... Je n’ai pas besoin de beaucoup argumenter en ce qui concerne le bilan écologique catastrophique de la maïsiculture.
    Gérard, pour ce qui est de la sociologie des grands céréaliers des Landes de Gascogne, vous seriez surpris de leur sociologie. Peu d’autochtones landais parmi eux.
    Leur origine est très clairement expliquée dans le pavillon des Landes de Gascogne à la gare de Sabres.

  • Il ne faut pas avancer masqué : les maïsiculteurs landais sont généralement de grands industriels du Nord de la France ou des Pieds-Noirs rapatriés à qui l’on a "donné" pour pas grand chose d’immenses terrains à cultiver, chose qui fut pour le moins prohibée aux Landais par l’Administration avant le boom agricole ("plantez du pin !").
    Si on ne peut pas parler de colonisation dans ce cas précis ...

  • Vincent,

    C’est exactement ce que je voulais dire mais je voulais que ce soient les gasconautes qui le découvrent en lisant sur le sujet.
    Le destin des Landais, depuis le XIXe siècle, est d’être colonisés.
    D’abord par les capitalistes du Second Empire, qui ont fait main basse sur les landes communes, puis les grands céréaliers auxquels on a quasiment donné les terres, tu as raison, puis par les cohortes de néos qui achèvent la colonisation.
    Je n’ai pas du tout peur d’employer ce mot puisque c’est la réalité.

  • Oui, je savais, vaguement au moins, pour les grands céréaliers "landais" et j’ai bien l’impression que nous sommes tous d’accord sur ce qui a été dit sur ce "fil".
    Toute une conscience collective, un peu complexe, est à faire progresser...


Un gran de sau ?

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