Hales minjadéres : lou councèpte [1] / Halles gourmandes : le concept
Une halle avec de grandes tables ; on commande ses plats à des stands (que vam díser taulès/taulèrs en gascon ; cournès/cornèrs pourrait aussi s’envisager en écho à l’anglais corner). cornèr = coin
Le site de la Cartoucherie
Comme son nom le suggère, cette Cartoucherie est un polygone militaire reconverti [2] en éco-quartier tout neuf, sauf ces halles qui sont une belle relique des bâtiments anciens ; logiquement, cet écrin architectural se paye (lire ci-dessous)...

Halles de la Cartoucherie : un "tiers-lieu", mais avant tout une hale minjadére
Le discours officiel :
« Au sein de la Place du marché, on déguste les paysages de l’Occitanie et d’ailleurs »
Surtout d’ailleurs, en fait...
Le discours officiel (suite) :
« Une consommation et production responsables pour atteindre un objectif 60% d’achats durables dans l’approvisionnement des stands (produits bio, circuits courts et de proximité, issus du commerce équitable). »
"tiers-lieu" ?
Coworking, animations culturelles et sportives...
En mezzanine, la librairie L’AUTRE RIVE... cubertère culturau ?

Les nouveautés de la rentrée 2025 :
De nouveaux stands / navèths taulèrs :
(il y aura des "ramens", qu’es acò ?)
« Ekylibre
Un corner healthy aux Halles de la Cartoucherie, baptisé Ekylibre, va aussi ouvrir. « C’est une offre qu’on n’avait pas jusqu’à présent sur la place du marché. Ils vont faire des tartines, des salades, des smoothies, des pancakes… Que du bio, du local, et du végé ! »
"corner healthy" : n’i a prou d’aquéres anglicalhes !
« Mezcal
Installé à Arnaud Bernard, Mezcal va également ouvrir un stand aux Halles. « C’est de la cuisine mexicaine contemporaine, très authentique et au goût du jour. Ils font eux-mêmes leur galette de maïs, avec une exploitation de maïs qui se trouve dans le Gers. »
On peut donc faire des plats exotiques avec des ingrédients locaux !
« Un resto pour les viandards
Ces deux acteurs étaient déjà présents aux Halles mais ils fusionnent pour faire un seul stand : Bouchefs et Papi Gascon créent « Carné » »
Y a-t-il des Papis Gascons qui ne soient pas viandards ? carn = chair, viande
"Place du marché" ? la douche froide ou tiède des avis de Trip advisor :
– « Quand on dit halles on s’attend à autre chose »
(Eh oui : comme souvent, ces "halles gourmandes" n’ont de la halle de marché que le nom et l’enveloppe : pas de vente de produits frais non cuisinés... que de la restauration... peut-être pas non plus l’esprit gouailleur ?)
– « Faut faire le tri parmi les stands… »
– « Un principe intéressant mais trop cher »
– « au final, cela fait cher pour des tapas ou des plats de street food »
– « A fuir »
– « Trop de bla Bla pour restauration ordinaire »
– « Boboland - Il y a beaucoup mieux à faire à Toulouse. Tarifs des boissons et plats exorbitants. Endroit juste impopulaire ! »
– « Bel endroit
Nous adorons manger dans des halles ou marché couvert. Certaines cuisines proposées manquent d’authenticité,
Nous sommes arrivés relativement tôt, du coup aucune attente, les tables étaient propres et disponibles.
Il faut aimer ce concept que nous validons … »
– « Seul point positif, l’architecture de la halle. »
– « Dans le style des Food court que l’on peut trouver aux états unis ou en Asie, ce lieu mélange une proposition de nourriture très diverses dans une ambiance conviviale. »
– « Surfait un vivier de bobos
Très très cher( couillonais ) [sic] pris pour un pigeon plus jamais à mon avis d ici 18 mois ou moins le lieu est en faillite on aurait tellement pu faire autre chose à la base c est un quartier ouvrier pas bobos !!! J y ai travaillé dans ce quartier toute ma jeunesse je sais de quoi je parle !!! »
Un modèle anticapitaliste ? Boudiu !
les Halles de la Cartoucherie gagnent-elles de l’argent ?
« Très fréquentées, les Halles de la Cartoucherie accueillent chaque année environ 2,2 millions de visiteurs. Mais ce lieu hybride unique à Toulouse a-t-il déjà atteint l’équilibre ? »
Réponse de la direction en 2025, deux ans après l’ouverture :
– « on pense être à l’équilibre économique d’ici 2027/2028 ».
– « on est un peu seuls à porter des sujets qu’on pense être d’intérêt collectif. On aimerait les embarquer toutes les collectivités, de l’Europe vers la commune. On a besoin de soutien de ces collectivités pour renforcer notre action sociale et environnementale. »
– « On est dans un modèle anticapitaliste »
Des dizaines de millions d’euros ont été investis, en partie empruntés à des banques (plutôt du secteur para-public ou mutualiste)... la Région Occitanie a contribué aussi...
Si ce n’est pas capitaliste, c’est au moins capitalistique !
Le pénible mot loyer est évoqué par le responsable interviewé... on entrevoit la base du modèle économique de ces Halles : leur propriétaire rembourse ses emprunts en collectant des loyers auprès des "corners", qui doivent les répercuter dans leurs prix, sans faire fuir les clients !
Le modèle économique des halles gourmandes, en France, n’est pas stabilisé [3] . Après l’effet de mode du début, certaines font faillite (la Boca à Bordeaux, le projet Biltoki de Saint-Etienne...).

La Boca Foodcourt Ua hala minjadera a Bordèu
Attendons-nous à des rebondissements !
La machinerie des Halles de la Cartoucherie ("l’écosystème")
Une nébuleuse compliquée, faite de coopératives, de collectifs, d’entreprises "solidaires d’utilité sociale"...
Certaines ont des noms occitans :
– FESTA, la coopérative de commerçants qui anime la "Place du Marché des Halles", hèsta = fête
– la foncière Lotjas, lòtja = loge
– la SCOP Palanca [4] palanca = passerelle, planche








