Euratlantique

- Tederic Merger

Euratlantique est une OIN (Opération d’Intérêt National) lancée dans les années 2010 dans le sillage de l’arrivée de la LGV (Ligne de train Grande Vitesse) à la gare de Bordeaux.

Le nouveau "Jardin d’Ars" d’Euratlantique vu depuis "Baquey" à Floirac

L’opération d’aménagement concerne les communes de Bordeaux, sur les deux rives, et de Bègles et Floirac. Un nouveau pont "Simone Veil" est prévu pour relier Floirac à Bordeaux et Bègles.
L’opération est ambitieuse, c’est comme la création d’une ville nouvelle, où on habite, travaille, vit...
Il s’agit aussi « d’augmenter le poids de Bordeaux à l’échelle européenne ».

La fiche Wikipédia
Le site officiel de Bordeaux Euratlantique

Intérêt National, LGV... on sent qu’Euratlantique, qui se greffe sur des quartiers anciennement gascons, et qui va peser sur l’angle nord-ouest du triangle gascon, n’est pas génétiquement gascon !

Alors, on laisse tomber ?
Non :
 parce que s’il y a un art de vivre gascon*, il faut le mettre à l’épreuve de ce nouvel environnement urbain qu’on nous présente comme une cité radieuse,
 parce que nous avons un devoir de mémoire gasconne dans une ville nouvelle qui aurait plutôt pour principe d’effacer ce qui l’a précédée.

* Il n’y aura certes pas de palombière dans les nouveaux quartiers d’Euratlantique, mais il y a déjà le Pont de la Palombe ! et la rue des Pibales côté Floirac !
Rue des Pibales

Grans de sau

  • Gasconha.com est aux premières loges pour voir pousser Euratlantique : à deux reprises, nos AG ont eu lieu dans le quartier appelé "Amédée-Saint-Germain" (historiquement, chemin de Saint-Vincent, autour de la chapelle démolie de Ladous : je veux ressusciter ce nom !).

    Je ne suis pas irrémédiablement contre, nos analyses nous poussent à favoriser la densification autour des gares, et on ne peut pas dire qu’il y aurait à Bordeaux beaucoup de logements vacants qui feraient que la construction neuve serait inutile. Tout vaut mieux que l’étalement urbain girondin.

    Quant aux formes architecturales, je ne les trouve pas sans intérêt, je pense même que ce qui se fait dans les années 2020 est mieux que la vague de constructions des années 2010 : l’on constate le retour à une certaine épure, qui a même été accusée de nostalgie fasciste par les opposants.

    https://www.sudouest.fr/politique/urbanisme/bordeaux-a-euratlantique-une-troublante-filiation-avec-l-architecture-fasciste-1644909.php

    Cependant, la nouvelle municipalité ne goûte pas vraiment à ce projet, porté par l’État (c’est la préfecture qui délivre les autorisations d’urbanisme). L’on s’achemine vers un bras de fer, avec la question de la rareté des espaces verts au cœur de Bordeaux.

    https://www.lemoniteur.fr/article/le-maire-de-bordeaux-stoppe-un-projet-d-euratlantique.2138894

  • Vincent, je ne sais pas où est ta "chapelle démolie de Ladous" (je suppose que c’est dans le domaine ferroviaire près d’Amédée Saint-Germain).
    Mais "Ladous" est bien une rue de Bordeaux, qui n’est pas, il me semble, dans le domaine d’Euratlantique.
    Estey (ou ruisseau) et rue de Ladous

    Je pense que nous avons une contribution mémorielle à faire sur les anciens noms gascons, sur Euratlatique comme sur toute la Gascogne !
    Et depuis quelques temps, notamment en étudiant la toponymie de Bègles, je me penche sur les cours d’eau enfouis (busés etc.) qui ont eux aussi des noms gascons.
    L’Eau bourde - l’Aiga borda / l’Aygue bourde

    Il y a en plus une analogie à développer entre l’explication, et parfois l’exhumation, des toponymes gascons, et l’exhumation, au moins virtuelle, des cours d’eau cachés, refoulés.
    Ensuite, dans certains cas, les urbanistes pourraient faire passer cette exhumation virtuelle dans le réel... ils le font déjà timidement...
    Bon, ce sera difficile : souvent les cours d’eau courent sous des avenues et des rocades...
    Et je ne vois pas que le projet Euratlantique du "Jardin d’Ars" remette l’Estey majou (qui charrie une partie des eaux du ruisseau d’Ars et de Ladous) à ciel ouvert !

    Sur les joutes entre les élus locaux et l’Etat :
    C’est à suivre. Notre influence sur l’Etat est quasi-nulle, et notre influence sur les élus locaux très faible.
    Hors du thème de la mémoire des noms et des cours d’eau, nous pourrions guetter les possibilités d’insuffler un "art de vivre gascon" (rubrique mise en service aujourd’hui sur Gasconha.com avec les sous-rubriques cuisine*, fêtes et jeux, chants et musique).
    Concernant les sports, j’ai vu que le stade Musard (ou Moga ? je m’y perds), haut lieu du rugby local, est concerné par l’opération Euratlantique.
    Mais je tombe sur des sources qui datent de quelques années... peut-être est-ce déjà du passé ?-)

    * des food-trucks gascons ?

  • Retour sur le secteur Amédée Saint-Germain :
    Je vois que le Collectif Amédée Sacré-Coeur Euratlantique demande tout simplement, dans la zone ferroviaire, un parc pour oxygéner leur quartier, en prenant comme argument supplémentaire les derniers confinements anti-Covid.
    Ce n’est pas du tout dans les vues d’Euratlantique qui veut faire du bureau et du logement : centre d’affaires européen, etc.
    La SNCF, propriétaire du terrain, doit vouloir aussi le rentabiliser...

    Vincent a signalé l’irruption d’un nouvel acteur de poids, le nouveau maire, écologiste, de Bordeaux, qui écoute favorablement la demande d’espace vert, et « a fait la demande de l’arrêt du projet Amédée Nord et Sud » :

    on ne peut pas construire de nouveaux quartiers contre les riverains et sans un climat serein d’accueil et d’envie partagée. C’est pourquoi je demande à l’EPA l’arrêt de ce projet Amédée Saint-Germain

    Qu’avons-nous à dire d’un point de vue gascon ?
    J’ai pensé à notre problématique de coumuns (vacans...) : les habitants du quartier voisin demandent à leur profit la constitution d’un espace commun.
    Mais dans le monde d’autrefois, spécialement dans l’espace landais, les communs étaient les zones les plus pauvres, à l’écart, jugées impropres à l’agriculture, mais pouvant servir à des pacages de troupeaux par exemple...
    Ici, c’est quasiment le contraire : l’espace euratlantique est supposé hautement favorable à l’installation d’activités et d’habitat, par la présence de la LGV (Paris à 2 h etc.).

    J’entrevois un compromis : la construction de tours très hautes (peut-être une seule, vue la superficie qui n’est pas énorme) qui préserveraient une surface au sol de type "forêt urbaine" pour reprendre un concept à la mode, avec, qui sait, la recréation à la mode du 21e siècle d’une "chapelle de Ladous" !
    Comme autrefois pour les bastides, je vois la possibilité d’un paréage entre deux "seigneurs" : Euratlantique représentant l’Etat et la SNCF d’une part, et la mairie de Bordeaux d’autre part.
    Mais il faudra que cette dernière paye son ticket d’entrée !

  • La référence aux "communs" de la lande gasconne et l’appel au paréage me semblent bien vus mais... le souhait de hautes tours me terrifie : pas seulement å cause de ma claustrophobie native mais surtout parce que Bordeaux est par nature une ville basse et étendue où rien ne fait obstacle à l’horizon. Les hautes tours (il y en a quelques-unes,hélas) sont une insulte au génie de cette ville.


Un gran de sau ?

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