Notre région, c’est la Gascogne !

 
 

Lu dans "Sud-ouest" du 11 septembre 2006, un entretien avec l’architecte Michel Jacques, qui a étudié à l’école d’architecture et de paysage de Bordeaux...

Populations nomades, bâtiments à jeter...

dimanche 18 janvier 2009, par Tederic Merger

Michel Jacques (certains de ses propos ont été mis en gras) :

"Ces questions qui se développent autour de la durabilité reposent sur l’impression que reconstruire est forcément du gaspillage. Je ne le crois pas.

Il faut penser nos bâtiments plus nomades, avec une vie beaucoup plus courte. Puis ils disparaitront. Cela permet de construire relativement bon marché, avec un souci du rapport qualité-prix. Il sera moins cher de démolir et de reconstruire. [...]

Ca ne veut pas dire qu’il faut tout raser systématiquement. Il faut faire preuve de discernement, et il en manque un peu, actuellement, dans le cas des grands ensembles aisément sacrifiés. Certains pourraient être réhabilités."

 

A l’époque du "développement durable", il faut analyser ces propos iconoclastes, à l’aune de "la philosophie Gasconha" !-)

Certes, l’architecte Michel Jacques doit construire au meilleur rapport qualité/prix, et cela en fonction de la durée d’utilisation prévue pour la construction.

Si cette durée d’utilisation est courte (population "cliente" en transit...), et la construction probablement vite obsolète, il est logique d’accepter des matériaux (le plastique...) ou des modes de construction peu durables mais moins chers, parce qu’économes en main d’oeuvre tout au long de ce cycle de vie court.

 

- Mais est-il vrai que la population soit de plus en plus en transit, ou nomade ?

D’ailleurs, des centres de transit qui ont duré 50 ans, on en a connu...

A l’échelle du monde, il continue à y avoir des situations de guerres et d’exode, mais y en a-t-il plus qu’avant ?

Dans nos régions plus calmes (revenons en Gascogne !), il est vrai que les gens bougent plus qu’avant.

 
Mais après l’éloge de la mobilité, on commence à parler de ses inconvénients :

Il faut du temps pour que les gens se connaissent et construisent ensemble (et là, "construire" est pris au sens le plus général).
Changer de région, ou même de ville, tous les deux ans, ne favorise pas la créativité de groupe.


Et si on redonne de l’importance à la durée dans les relations sociales, si les gens restent plus longtemps dans le même environnement humain, l’architecture devra recommencer à privilégier les matériaux et modes de construction durables et évolutifs plutôt que la construction jetable.

 

- Et les coûts supportés par la collectivité ?

Les matériaux pas chers le sont parfois parce que c’est la collectivité qui supporte une partie de leur coût (pollution, coùt financier et environnemental du transport, coût du traitement des déchets...).

 

- Et la main d’oeuvre restera-t-elle toujours aussi chère ?

C’est une question qui dépasse la Gascogne, puisqu’elle se pose en Europe, où la main d’oeuvre est plus ou moins chère partout.
Juste dire qu’une meilleure utilisation des capacités de travail de toute la population pourrait baisser, à la longue, le coût de la main d’oeuvre.

 

- Les nouveaux matériaux.

Michel Jacques :


Evidemment, il y a toute une gamme de matériaux d’aujourd’hui qui sont sous-utilisés.[...]
Le béton d’aujourd’hui n’a rien à voir avec le béton des années 60. Le verre a vu ses prix baisser, et il est devenu extrêmement performant sur le plan acoustique et thermique. Il y a toute une gamme extraordinaire de plastiques.[...]
Pourtant, j’ai l’impression que la référence dans la tête des gens reste la pierre, le bois et la tuile.

 
Oui, il faut tester les nouveaux matériaux, et le plastique n’a pas à être banni.

Des architectes et ingénieurs font des essais d’élaboration du bois de pin des Landes pour la construction et l’habitat.

La terre, crue ou cuite, le liège, peuvent avoir leur place dans la construction moderne.
Pour chaque matériau ou technologie, les coûts environnementaux devraient être pris en compte.

 

- Le paysage !

Quant à la tuile, elle compte beaucoup dans le paysage.
Couvrir les maisons autrement peut le dégrader.

C’est aux autorités qui délivrent les permis de construire de juger.

Maintenant, ce sont les communes qui ont cette responsabilité. Là, c’est bien en Gascogne qu’on décide !



Grans de sau

  • Comme beaucoup de contributeurs à ce site, l’invasion de maisons de vague style californien - d’autres disent "provencal" ou "méridional" - me navre et la pensée que leur mauvaise qualité en fera plus tôt que prévu de belles ruines ne me console pas !

    Que faire, sinon envoyer aux conseils municipaux (mais ça en fait beaucoup, rien qu’en Gascogne !) les recommmandations des architectes liés au Parc régional évoquées ailleurs par des contributeurs ?
    C’est qu’en effet, la responsabilité leur revient.

    Quand on voit que, au sud de l’Adour, les communes basques et charnègoues ne laissent rien passer qui ne soit conforme au style traditionnel, on enrage !




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