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Toulouse-Samatan

Les Portes de Gascogne sont-elles bien gardées ?

jeudi 14 décembre 2017, par Tederic Merger

Le choix de Samatan pour l’amassade "Nousautes les gascoûns" avait aussi l’avantage de titiller l’ogre toulousain.
En prenant, pour m’y rendre, le bus de Toulouse vers Samatan et Lombez, j’ai vu ce qu’il avait déjà dévoré. En gros, il a gnaqué jusqu’à Saint Lys.

De la Gare Matabiau jusqu’à Saint Lys, on ne quitte pas la ville, et le bus* met 1h10 officiellement, et en réalité beaucoup plus à l’heure de pointe où je l’ai pris.
Quand on passe une rocade, on pourrait croire qu’on va s’en sortir, mais non, ça continue : rond-points, centre commerciaux et leurs parkings, lotissements ; des instituts de fitness tentent leur chance sur l’artère principale, la route de Lombez ; c’est interminable surtout que ça bouchonne... les voitures sortent de partout, il est entre 18 et 19h, il fait nuit ce 24 novembre, mais tout est éclairé. Débauche d’énergie, civilisation du pétrole...
Après Saint Lys, on entre dans le monde de la nuit : on entre vraiment en Gascogne.

Après coup, j’ai repensé au projet de méga-centre commercial Val Tolosa, initialement « Portes de Gascogne », à Plaisance du Touch, entre Estiou et La Menude, donc en plein dans cette zone déjà bien entamée par l’ogre toulousain, où il prendrait encore 44 ha de terres naturelles.
"A malin, malin et demi", disait ma grand-mère... Avec ce Val Tolosa, les centres commerciaux déjà installés sur ces Portes de Gascogne trouveraient plus fort qu’eux.

Val Tolosa vs Portes de Gascogne...

Gardarem la Ménuda !

* Ligne 65 du Réseau Arc-en-ciel du Conseil départemental de la Haute Garonne, terminus Boulogne sur Gesse.
Les annonces vocales dans le bus n’ont rien à voir avec des intonations ni des prononciations gasconnes ; elles sont étrangères au pays, et même étranges.



Grans de sau

  • Quand je regarde la carte je trouve aberrant que la Métropole toulousaine absorbe les communes ex-rurales gasconnes jusqu’à Saint-Lys inclusivement.
    La logique géographique voudrait qu’elle s’arrête avant, laissant Fonsorbe et St Lys (sur la D 632) à une autre organisation de l’espace.
    La route reliant entre autres l’Isle Jourdain à Muret en passant justement par St-Lys pourrait être l’axe ultime de la gasconité semi-rurale en s’appuyant sur les deux centres secondaires que sont l’Isle ("de Haut" nous ont appris nos amis de Samatan) et Muret. Et au nord-ouest, la forêt de Bouconne, résidu visible d’une grande forêt tout en longueur descendant jusqu’ à Montastruc Savès, devrait être une frontière naturelle. Mais dans un monde qui a décidé d’ignorer la nature, bien sûr, ça ne colle plus.

  • Petite rectification après avoir regardé Géoportail de près : l’ogre toulousain a gnaqué jusqu’à Sainte Foy de Peyrolières, donc encore plus loin que Saint Lys : il n’y a pas plus d’espace non urbanisé entre Sainte Foy et Saint Lys qu’entre Saint Lys et Fonsorbes.
    Bragayrac est donc la première localité vraiment rurale en allant vers Samatan et Lombez.

    Quant à L’Isle Jourdain, elle a doublé de population dans les 50 dernières années, et devance maintenant Condom comme deuxième commune du département du Gers. C’est l’effet "Tolosa" !
    La forêt de Bouconne crée bien une séparation entre L’Isle Jourdain et Toulouse, mais l’autoroute et le chemin de fer établissent une liaison plus facile qu’avec Saint Lys.




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