Notre région, c’est la Gascogne !


 
Navèth nom !

 

La Chalosse en deuil

Panneaux d’entrée de village marqués de noir

jeudi 16 mars 2017, par Gerard Saint-Gaudens

Sud-Ouest du 14 mars titrait en page 13 *(édition sud Landes) sur les brassards de deuil apposés à l’entrée d’un nombre croissant de villages dont les éleveurs ne peuvent plus travailler et vont mettre la clé sous la porte les uns après les autres.

Il semble bien que le CIFOG (interprofession du foie gras) ait un peu vite obéi dans ses préconisations radicales aux sirènes des producteurs industriels et oublié les petits éleveurs-producteurs. En tous cas à la différence de la crise de l’an dernier il semble bien que cette fois, même les industriels (Delpeyrat, Labeyrie, Comtesse du Barry et autres) soient maintenant près du bout de leurs stocks. Attendons-nous à voir les étals des grandes surfaces submergées de foies gras hongrois ou roumains pour les fêtes de fin d’année (en attendant que les Chinois repèrent l’aubaine !).

Pendant ce temps, les petits producteurs espèrent des indemnisations rapides mais qui ne les sauveront pas si ce rythme d’alerte maximale annuelle persiste.
C’est tout un modèle qui est à revoir d’urgence comme le prônent les syndicats agricoles minoritaires.

Il me semble que Gasconha.com ne peut se taire devant ce drame touchant tant de Gascons et qui s’étend, hélas.

GSG

*article discret, trop discret, que je ne retrouve pas en version net



Grans de sau

  • Les petits producteurs de Chalosse sont un exemple de la Gascogne rurale déjà bien abîmée et plus que jamais menacée.
    Pourrons-nous, nous gasconhautes, allant plus loin qu’un sentiment de solidarité, donner des idées de réorientation du modèle agricole ?
    Les mêmes petits producteurs, qui ont le nez dans le guidon, pourraient nous reprocher d’être des bavards intellos. Donc, prudence et modestie !

    Mais notre approche générale "Crear doman a la lutz de gèr" devrait nous aider...

  • La question est complexe et je ne me risquerais pas à esquisser un quelconque modèle, faute de connaissance suffisante des tenants et aboutissants.
    Mais a priori les préconditions suivantes semblent nécessaires pour éviter une ré-édition annuelle de l’épidémie fatale à court ou moyen termes aux exploitations familiales :
    - isolement poussé au maximum possible de chaque élevage (mais quid de l’isolement face aux migrateurs a priori propagateurs de l’actuelle épidémie si on laisse, comme il se doit, les volatiles à l’air libre ?),
    - circuits aussi courts que possible en amont évitant des voyages pouvant les exposer à la contagion extérieure (naissance et primo-élevage des canetons puis nourrissage des canards, production des foies, confits et autres dérivés).
    Mais quand on a dit ça on n’a pas avancé beaucoup ; peut-être des éleveurs nous lisant feront-ils avancer la question de façon plus concrète.
    Reste la solidarité : acheter des productions de nos fermes pour les aider à refaire leur trésorerie (rappelons que l’actuelle épidémie, à la différence de la précédente, ne serait absolument pas transmissible à l’homme).

  • Et où acheter directement au producteur ?
    - tout simplement sur les marchés ! J’insiste sur l’importance des marchés. Que ce soit dans les bourgades, les villes plus grandes ou nos métropoles Bordeaux et Toulouse, les producteurs y sont présents. Ensuite, il faut choisir parmi eux...
    Hors métropoles, c’est aussi la vitalité des centres-ville qui est en jeu, parce que ce sont bientôt les marchés qui assurent l’essentiel de la vie commerciale qui y reste.
    - achat à la ferme (ouvrir l’oeil, lire les médias...)
    - les marchés spécifiques de producteurs, qui ont lieu dans le cadre des multiples foires ou manifestations traditionnelles, parfois réactivées depuis quelques années, voire des évènements gascons ou occitans organisés ça et là.

  • Impossible pour moi de donner des conseils sur le sujet du foie gras mais je constate que le "consommateur" veut en général du foie gras pas trop cher et d’excellente qualité. Il n’y a qu’à voir les comparatifs des revues de consommation en fin d’années sur le foie gras. Les consommateurs ne sont pas tous prêts à payer plus cher un produit "local".
    On ne reviendra pas à la situation de ma tante qui élevait quelques canards et qui allait vendre les foies sur le marché de la ville voisine. C’était dans les années 70...
    Je dirais qu’il ne faut pas mettre tous les œufs dans le même panier et que la spécialisation dans le foie gras présente les inconvénients que l’on voit en cas de crise aviaire.
    Je vais sortir la "tarte à la crème" du bio car je crois qu’il y a un marché en expansion pour ces produits. Je le constate dans les magasins bios des grandes villes qui sont devenus des supérettes bios. (so bio)
    Par exemple la marque soy produit du tofu bio à base de soja du Sud-ouest et est fabriqué en Midi-Pyrénées.
    Un boulanger chez qui j’achète du pain de kamut bio a eu du mal à trouver de la farine de cette céréale pendant quelques semaines.

    Par ailleurs les régions nlle aquitaine et occitane brillent par leur absence dans la gestion de crise alors que la production de foie gras et la crise touche aussi bien une partie du Gers, de la Bigorre, du Béarn et de la Chalosse/Tursan.
    S’il y avait eu une région Aquitaine-Midi-Pyrénées peut être que l’échelon régional gérerait la crise...

  • Grippe aviaire : le foie gras du Sud-Ouest, malade de l’agro-industrie ?
    Un article en 5 pages de Rue89 Bordeaux... L’auteur est Céline Belliard, elle mérite d’être mentionnée : son travail d’enquête et d’explication me parait de bon aloi.
    Pour ceux qui n’auraient pas le temps de lire, quelques traits saillants selon moi :
    - Le système d’insertion des producteurs dans les coopératives me fait penser à ce qu’on appelle "ubérisation" (sans - pour l’instant - le principe de plate-forme Internet au centre du système) : ils ont les risques de l’entreprise individuelle sans avoir la liberté de gestion.
    - Toutes les coopératives ne semblent pas pratiquer exactement la même politique ; maintenant il faut faire la part du discours...
    - Il subsiste des producteurs de filière courte (« La filière courte est composée d’éleveurs indépendants commercialisant directement leur production, du poussin à l’abattage en un même site »)
    - Les canards ont été sélectionnés génétiquement pour le gavage, mais leurs défenses immunitaires en seraient réduites.
    - La dernière épidémie touche cependant aussi la filière courte.
    - On peut craindre que ce genre de crise conduise à « un seul modèle, celui de l’’élevage industriel avec moins d’intervenants, de très grandes unités à très forte population, aux normes de biosécurité élevées ».
    - Certaines coopératives ont des unités de production en Europe de l’Est et dans le reste du monde.
    - L’épidémie touche ou peut toucher aussi l’Europe de l’Est.
    - On rêve de vacciner les canards, mais pour l’instant le vaccin n’existe pas.

  • Grippe aviaire : 6 semaines de vide sanitaire dans le Sud-Ouest à partir du 17 avril

    La zone concernée par l’arrêté s’étend sur cinq départements : Haute-Garonne (37 communes), Gers (277 communes), Landes (267 communes), Pyrénées-Atlantiques (320 communes) et Hautes-Pyrénées (233 communes)

    http://www.sudouest.fr/2017/04/02/grippe-aviaire-6-semaines-de-vide-sanitaire-dans-le-sud-ouest-a-partir-du-17-avril-3330486-7496.php

    Une décision prise par le "gouvernement".

    La problématique est la même dans ces départements écartelés entre deux fausses régions administratives qui ne sont pas capables de gérer ce problème commun.

  • Oui, c’est un cas flagrant où le découpage administratif régional nie l’économie régionale : le foie gras et sa crise sont des deux côtés de la frontière Nouvelle Aquitaine/Occitanie !
    Du coup, les régions administratives sont handicapées pour prendre le dossier en main, puisqu’elle devraient d’abord commencer par s’entendre entre elles...
    On a donc l’impression que tout se décide à Paris, en concertation avec les gros producteurs, qui savent se faire entendre à Paris, eux.
    Pourtant, nos administrateurs régionaux se piquent d’être aux avant-postes de la modernisation économique...
    Et là on a vraiment besoin de prospective sur un nouveau modèle !

    Je vous livre un nouveau ligam que je tire des Dernières nouvelles de
    La petite Gascogne*
    , qui semble faire un travail sérieux de veille journalistique :
    Quel avenir pour les 100 000 travailleurs du foie gras en France ?

    Il faut rester prudent dans ses jugements quand on n’est pas sur le terrain. Mais les signaux qu’on reçoit confirment l’impression d’un système de production du foie gras qui est devenu follement industriel ; les canards y sont une matière première qu’on traite sans état d’âme comme du minerai qu’on peut manipuler et brûler à volonté.
    Les unités de production artisanales (qui sont sans doute déjà bien loin de la tradition) semblent en sursis : même si la multiplication des épidémies ne semble pas venir d’elles, chaque traitement d’épidémie les enfonce économiquement.
    Ma méfiance envers Esprit du Sud s’en trouve renforcée :
    La manif d’Esprit du Sud à Auch

    Je ne peux pas croire les industriels du foie gras quand ils se drapent dans la tradition gasconne.

    * S’intituler "petite Gascogne", c’est rendre hommage à la grande Gascogne que nous défendons !

  • Manifestation pour "sauver l’élevage de plein-air et les petits producteurs" contre "les grands opérateurs" :
    http://www.confederationpaysanne.fr/rp_article.php?id=5922

  • La petite Gascogne relaie un reportage de France 3 Occitanie.
    On remarquera que le producteur pris en exemple par le reportage "a investi dans des bâtiments de confinement au cas où et dans la biosécurité".
    Entre les deux modèles qui s’opposent, en filigrane du communiqué Confédération paysanne - MODEF en lien dans le gran de sau précédent - il fait donc un pas vers le modèle des "gros" qui privilégient le confinement et la biosécurité par l’industrialisation extrême.

    Résumé des deux modèles :
    - celui des petits producteurs : élevage de plein-air, "autarcique", modération des transports d’animaux (les canards restent dans la même exploitation tout au long de leur vie) et de la taille des bâtiments, circuits courts ;
    - celui, industriel à outrance, des "grands opérateurs" qui dirigent le CIFOG et influencent la réglementation : obligation de confinement des canards, obligations sanitaires toujours plus pesantes, unités de production toujours plus grandes, recours accru à des équipes extérieures (voir les conséquences de la création des unités de production en bande unique* dans l’article en lien ci-dessous) ; pas de modération des transports de canards (mais au fait, à quoi servent ces transports d’une unité de production à une autre ?).
    Gérer autrement la bande unique en canard prêt à gaver

    Les réglementations sanitaires toujours plus exigentes semblent condamner les petits.
    Voir Au Pays Basque, les éleveurs de canards résistent.
    Les éleveurs dits "du Pays basque" par cet article s’appellent tous Lataillade et sont à Bidache, donc plutôt en Gascogne !
    Bidache

    Au passage des nouvelles réglementations, on remarque aussi le risque d’abandon d’une souche locale : « la souche « criarde » du Bas-Adour (Pays Basque, Landes et Béarn). C’est elle qui fait toute la différence auprès de nos clients »

    * "bande" semble être le terme qui désigne une génération de canards PAG (Prêts Au Gavage) ; "bande unique" doit vouloir dire que dans une exploitation, deux générations ne peuvent pas coexister.
    Il semble que la bande unique ait été considérée comme plus sure sur le plan sanitaire, et donc imposée par un arrêté de 2016.




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