Notre région, c’est la Gascogne !

 
 

Grandes régions : des voix discordantes

lundi 13 février 2017, par Tederic Merger

  • Périco Légasse : « Mettre la Bourgogne avec la Franche-Comté a un sens historique, mettre le Limousin avec l’Aquitaine, alors qu’il est historiquement et géographiquement tourné vers l’Auvergne, c’est une aberration. » « Les gens se sentent français parce qu’ils sont d’abord Bourguignon, Auvergnat ou Breton ».

Sur la deuxième phrase, on aurait aimé trouver "Gascon". Mais la première phrase de Périco Légasse ("issu d’une famille de la bourgeoisie basque" selon Wikipédia) nous donne la clé : pour lui, c’est l’Aquitaine. De plus, "Bourguignon, Auvergnat ou Breton" (et pas "Gascon" !) correspondent à des régions administratives, au moins jusqu’au regroupement en arrégiouasses.

  • Jean-Paul Delevoye, un peu plus abstrait, mais notre Gascogne pourrait trouver sa place dans son concept : « Le développement du numérique et la mondialisation sont en train d’effacer les frontières, de la circulation des données, de l’argent, etc. Plus on tendra vers cette disparition, plus on aura besoin de frontières d’identité et de proximité. Un projet territorial de proximité permettra de retrouver le sens du collectif et de la citoyenneté. »

Voir en ligne : "Régions : faut-il tout changer ?" [Aqui.fr]



Grans de sau

  • Périco Légasse est tout de même le fils de Marc Légasse !
    Il n’a décidément pas suivi la voie de son père...

  • Périco Legasse est sur un positionnement idéologique assez paradoxal, mais en fin de compte cohérent : sa défense des identités locales ne va pas vraiment au delà d’un folklorisme de bon-aloi, anti-mondialiste et souverainiste, ainsi que son positionnement politique depuis des années le confirme, très Marianne, à la mode Macé-Scaron (la peur du communautarisme, notamment).

    Toute idée d’autonomie, des collectivités comme des gens, doit lui sembler aberrante, et en tout état de cause, c’est la France qui brille de sa diversité. Bien évidemment que cela n’est pas faux, mais si ce discours est incarné, avec verve même, il me semble un peu stérile et vide, ou en tout, un peu vieillot, et loin d’une vraie ambition émancipatrice.

    Dans tous les cas, les extraits proposés tendent à me faire penser qu’il n’a pas fouillé la question en profondeur. Le Limousin serait ainsi tourné vers l’Auvergne, plus que vers l’Aquitaine. Bof. Ni l’un, ni l’autre. Tout dépend si l’on est à Brive, à Aubusson ou à Argentat. Voilà la clé, à mon sens, de toute réflexion : admettre les influences réciproques, les multi-appartenances, l’asymétrie. Et tout de même identifier des tendances lourdes.

    A mes yeux, la Gascogne est une de ces tendances lourdes, contrainte par la géographie notamment. Pour autant, il n’y a pas lieu de couper les gens d’autres axes qui existeraient, juste de réfléchir à ce que l’on peut faire ensemble, sur un territoire donné.

    Le défaut français est le biais de l’homogénéité, l’idée que tout le monde doit posséder les mêmes compétences, que les territoires se doivent d’être égaux. La conséquence ? Quand une échelle territoriale ne convient pas, l’on empile, en en créant une autre.

    Il serait tellement plus simple, par exemple, d’imaginer une collectivité catalane unique, grosso-modo sur le département des P-O., composée de grandes communes sur des bassins de vie (une vallée, une agglo, ...).

    La collectivité unique serait compétente pour ce que les Catalans souhaitent faire en commun : culture, cela va sans dire, mais probablement éducation, aménagement du territoire, développement économique voire transports. Les communes, elles, règleraient le reste, avant toute chose la police administrative.

    Il restera fatalement des compétences qui dépasseront les compétences de cette communauté catalane. Elle ne va pas investir dans la création d’une armée, dans l’énergie nucléaire, ni même probablement dans une LGV. Ces grands projets peuvent faire l’objet de négociations dans des cadres plus informels, à un niveau plus haut, et j’ose même le dire, sans nécessité d’une élection : les élus de base pourraient siéger dans ces nouvelles collectivités, plus efficaces, plus technocratiques.

    Cet échelon plus haut, c’est avec les voisins languedociens, évidemment, qu’il conviendrait de traiter. Mais pourquoi pas avec les voisins et frères catalans du Sud ? Je ne vois aucun problème à des accords transfrontaliers plus poussés.

    Je suis assez conscient que ce court tableau que j’ai brossé est utopiste, et totalement à rebrousse-poil de ce vers quoi nous allons. Je crois pourtant nécessaire de ne pas céder à la nostalgie contemporaine, pour la IIIème République, son archéo-jacobinisme. Parce que ce modèle est à bout, saturé.

  • Le discours est en effet très vieillot, très régionaliste des années 1960 : nous sommes d’autant plus français que nous sommes basques, etc. Ce qui implique que moins nous serons alsaciens ou corses ou bretons, moins nous serons... français.
    Certes, c’est une formule d’équilibre entre l’appartenance locale et le cadre étatique (les départements comme substitut aux pays, le clocher et le monument aux morts comme repères de l’enracinement réel et du culte civique).
    Mais aussi un perpétuel paralogisme, et une technique d’évitement : on ne veut pas poser à fond les questions qui feraient éclater les interprétations admises. A moins que "français" ne signifie plus rien et qu’on puisse facilement s’arranger, verbalement, de cette qualité.

    On n’a jamais entendu un politique déclarer : "Le Berry, terre française et qui entend le rester", ce ne fut pas toujours le cas ailleurs.

    Si on supprime un jour les départements, comment se regrouperont-ils, même si les actuelles régions subsistent ?

  • Maire Info du 3 janvier 2017 nous apprend que les collectivités seront désormais comptables des manquements de la France (= de l’Etat) à ses obligations européennes. C’est l’article 112 de la loi Nostre, dont le décret d’application a été publié au J.O. (29 décembre 2016). L’Etat aura la possibilité de se retourner contre les collectivités pour leur faire supporter les conséquences financières des jugements et arrêts de la Cour de justice de l’UE dès lors qu’elles auront une part de responsabilité.
    La procédure sera : saisine, délai d’un mois maximum pour d’éventuelles observations, dont l’absence vaudra acquiescement.

    Le transfert des responsabilités ne s’accompagne pas d’un abandon des compétences par l’Etat central.
    Cela fera-t-il baisser le gaspillage municipal, départemental et régional ? ou l’affairisme ? Pas sûr.

  • Je mettrais un bémol à ce qui dit notre ami PJM : Légasse ne dit pas qu"ils se sentent d’autant plus français " qu’ils se sentent basques, etc... mais bien "qu’ils se sentent français parce qu’ils sont d’abord etc" ce qui n’est pas la même chose. La première version est clairement celle des régionalistes, non des années 1960 , volontiers révolutionnaires, mais bien des régionalistes de la fin du XIXè et du début du XXè quand il fallait toujours montrer qu’on était plus nationaliste français que le voisin.

    Dire qu’on se SENT français parce qu’on EST breton, auvergnat, etc... est simplement au moins partiellement exact. Exact parce que l’identité concrète, charnelle est celle d’un terroir où on est assez proche les uns des autres pour partager beaucoup de ce qui créée une sorte de famille (qui admettrait les "branches rapportées", évidemment). Partiellement parce que le "sentir" fait la place à d’autres types d’appartenance qui ne doivent rien à notre appartenance régionale : aussi gascon ou basque qu’on soit aujourd’hui on se sent aussi français à un autre niveau parce qu’on connait les classiques français, pourtant éloignés de nos terroirs, la culture française en général, une "histoire de France " que l’on partage avec d’autres tout en revendiquant aussi qu’on respecte et enseigne la nôtre, etc...
    Car les anciens disaient bien qu’"on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve" : entre une identité bretonne, basque, gasconne, etc... pure de toute autre appartenance et notre réalité d’aujourd’hui, il y a, qu’on le veuille ou non, quelque cinq siècles d’histoire sous la tente française, qui a fait de nous, le meilleur ou le plus simple des cas, des êtres à identité au moins double avec parfois un peu de schizophrénie peut-être mais c’est ainsi.

    • Dans "on se SENT français parce qu’on EST breton, auvergnat, etc..", le parce que est selon moi de trop.
      Il n’y a pas de relation de cause à effet, il y a seulement simultanéité dans certains cas.
      Dans le cas basque, c’est éclatant : si on est basque espagnol, on est français ? il faudrait donc être basque français pour que le fait d’être basque entraine qu’on est français... En bref, on est français si on est français ! c’est de la tautologie.  ; c’est vrai par construction, c’est une évidence qui ne fait pas progresser la science... Ma prof de philo de terminale nous disait d’éviter ça, si je me rappelle bien... la première fois, je croyais que c’était de la "totologie" !

      De plus, le ressenti des populations, je m’en méfie. Et je ne me sens pas gascon. Mais je trouve que le triangle gascon a une cohérence historique et géographique, et que c’est un bel espace de mémoire et de projet.
      Ensuite, plus les puissants du moment me disent que je suis "néo-aquitain" - et me somment d’aimer "ma nouvelle-grande-région-aussi-grande-que-le-Portugal-ou-l’Autriche", plus j’ai envie de me dire gascon...

  • Très juste, mais si l’on ne durcit pas un peu le trait, il ne reste rien.
    Et puis, la condition d’être d’abord basque pour se sentir français, c’est bizarre. A preuve : pour se sentir français, on n’a pas besoin d’être basque. A moins qu’il n’y ait plusieurs définitions du Français, la citoyenneté étant le seul point commun. Ou qu’il s’agisse seulement de mieux se sentir basque ?
    Dans ce genre de dialectique, à la fin c’est toujours le plus fort qui gagne.
    N. B. : si l’appartenance régionale vient en premier, c’est inquiétant pour l’Etat central et sa conception pluriséculaire. C’est l’éternel problème de l’identité française aux prises avec l’Etat-nation (et ça continue aujourd’hui !).

    En fait, les citoyens français sont effectivement devenus "français", surtout après la période 1914-1950 qui a tout bouleversé et qui a cimenté comme on sait des mythes communs pour au moins trois générations. Les constructions scolaires et médiatiques semblent maintenant irréversibles (mais la France des années 1960 est morte ou sub-claquante). Toutefois les différentes appartenances des citoyens français (l’Outre mer ayant ses problèmes spéciaux) relevaient en général d’une civilisation européenne partagée (par-delà les limites administratives), bien que mal en point aujourd’hui. Il en a toujours été ainsi. Il y a toujours eu des croyances et des intérêts partagées, l’antagonisme même étant producteur d’histoire.

    Il existe aussi un paysage mondial (ou "occidental" au sens le plus général) dans lequel nous évoluons nolens volens. Dans cette mondialisation qui rapproche les formes de pensée et impose les références sociales (en partie artificiellement), le vernaculaire peut être un recours.

    Mais dans la perspective française telle qu’elle se présente, il faudrait que les références individuelles, qui sont cumulatives, et nous placent à des carrefours, puisent être ordonnées et non juxtaposées.
    Quel sera le "noyau" autour duquel viendront ou pas s’ordonner les affections, les goûts, les objets de réflexion, les actions de chacun ? Sachant qu’avec le temps, même le plus stable peut changer.
    Ce n’est pas une situation nouvelle, elle est celle de l’humanité de tous temps. Mais dans l’accélération actuelle, ce qui est marginalisé sera désintégré.

    La situation est donc difficile pour l’identité gasconne (ou basque ou bourguignonne, etc.), que chacun accommode naturellement à sa façon, parce que la menace ne vient pas de la pluralité de nos savoirs, de l’ampleur de nos centres d’intérêt (plurilingues, mondiaux, etc.), de nos fréquentations, ni même de la francisation (encore que...), mais de la destruction de toute cohésion sociale et culturelle, processus régressif.

    Finalement la formulation de P. Legasse rappelle la primauté du vécu sur l’arbitraire et du réel sur l’administratif, ce qui est très peu... français. Mais, si utile que soit l’argument, faut-il s’en contenter ?

  • Je retiens tout à fait ce qu’écrit PJM :
    "il faudrait que les références individuelles, qui sont cumulatives, et nous placent à des carrefours, puisent être ordonnées et non juxtaposées...
    Dans l’accélération actuelle, ce qui est marginalisé sera désintégré...
    La menace ... vient de la destruction de toute cohésion sociale et culturelle, processus régressif."
    Et la conclusion, bien sûr : primauté du vécu sur l’arbitraire.
    Légasse est bien en phase avec tout cela. Au passage j’avais lu (l’an passé ?) des écrits très favorables à nos langues par sa femme Natacha Polony et l’avais à l’époque signalé sur le site.

  • C’est particulièrement évident avec les résultats de la présidentielle en "nouvelle occitanie".
    Sur le site les echos :
    A l’issue du premier tour de l’élection présidentielle 2017, le candidat Marine Le Pen du Front national est arrivé en première position en Occitanie avec 22,98% des voix.
    Sauf que Gers, Hautes Pyrénées, Haute Garonne ont voté Pour E.M. comme les départements du Pays Aquitain excepté le Lot et Garonne.
    Et Jean Lassalle a fait un score supérieur à 4% dans le 32 40 64 65.
    https://www.lesechos.fr/elections/resultats/presidentielle/languedoc-roussillon-midi-pyrenees/

  • Bulletin météo ce matin vers 5.59 heures sur france info :

    Avec des orages qui vont se réactiver sur le sud-ouest pour le sud de la nouvelle aquitaine et l’ouest de l’occitanie

    Le sud de la nouvelle aquitaine c’est l’Aquitaine et l’ouest de l’occitanie c’est Midi-Pyrénées ! En fait le Pays-Gascon ou Gascogne.

  • Et pour Orange : la "Nouvelle Aquitaine Sud", dans la région Sud-Ouest !

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  • Le recours de l’association pour Occitanie Pays Catalan contre le nom de la région Occitanie était examinés ce vendredi par le conseil d’Etat.

    Soutenue par 12 intercommunalités sur 14, par 216 communes sur 226, par le conseil départemental et les parlementaires des Pyrénées-Orientales, l’association était également soutenue par un large public, ce vendredi, dans l’imposante salle des contentieux de la haute-juridiction administrative.

    http://www.lindependant.fr/2017/07/07/recours-catalan-contre-le-nom-de-la-region-le-rapporteur-public-preconise-le-rejet-devant-le-conseil-d-etat,3032377.php

    Il ne s’agit que du nom de la "région administrative" mais les catalans ont un sentiment d’appartenance qui fait défaut aux gascons.

    Sur le site de la région occitane il est clair que l’ouest de l’Occitanie ne fait pas partie de la région occitane :

    Entre la Garonne et le Rhône se déploie un large espace, bordé au nord par les contreforts du Massif Central, au sud par les Pyrénées et la Méditerranée.

    L’Aquitaine a été conquise un siècle plus tard :

    C’est la conquête romaine qui, au IIe siècle avant J.-C, donne au futur Languedoc sa première forme organisée. Premier foyer de la romanité gauloise, Narbonne devient le centre d’une province, la Narbonnaise, qui s’étend de l’ouest de Toulouse à la Provence.

    les Wisigoths, défaits par les Francs, se replient en Espagne et ne conservent en Gaule que la Septimanie, un territoire qui correspond au Languedoc-Roussillon actuel sans la Lozère.

    http://www.laregion.fr/Une-histoire-partagee-35357

    C’est curieux que la rubrique une histoire partagée du site de la région occitane fasse l’impasse sur la conquête arabo-berbère du Languedoc-Roussillon et de la Provence :

    http://www.universcience.tv/video-la-conquete-musulmane-du-languedoc-10413.html
    https://hommesmigrations.revues.org/2837
    Cela aurait donné un poids supplémentaire à leur argumentation.

    Il aurait mieux valu pour la langue gasconne moribonde d’avoir son propre système d’écriture distinct de celui de l’occitan...

  • L’article ne mentionne pas les deux pays périphériques à cette Occitanie que sont le Roussillon et la Gascogne orientale mais on voit bien que la grande préoccupation est de mettre d’accord l’establishment politico-administratif midi-pyrénéen représenté par des élus Toulousains et "languedociens" d’un côté et Montpellierains de l’autre.Les périphériques n’ont guère voix au chapitre et ne comptent pas,même dans la simple représentation que la nouvelle région cherche à donner d’elle même.A suivre .

  • L’article montre bien les difficultés administratives et les coûts inévitables quant on fusionne deux grandes organisations, mais qui se résolvent ou s’estompent normalement avec le temps, et ne devraient donc pas mettre en péril cette grande région "Occitanie".

    Il est intéressant d’écouter les paroles des politiciens régionaux relatées par La Croix :

    - Gérard Onesta :
    « Toulouse et Montpellier sont chez nous des locomotives, mais que dit-on aux gens des autres espaces ? »
    Aujourd’hui même, j’ai lu une interview d’Alain Juppé dans aqui.fr qui parle aussi de Bordeaux comme d’une locomotive : « des partenariats entre les métropoles, qui sont des locomotives, et le reste qui doit rester accroché »
    L’image de la locomotive et des wagons est-elle devenue la nouvelle scie de nos politiciens ? C’est une vision très mécanique, simpliste, qui dit crument que la métropole fait tout, tire tout. C’est comme ça et pas autrement... pas ou peu d’autonomie locale, finalement...
    Reste à faire passer la pilule à ceux qui sont hors métropole : on doit les écouter, leur parler, les rassurer, les câliner peut-être ; ce « que dit-on aux gens des autres espaces ? » est savoureux, et crû aussi : il faut les habituer à être dans des wagons dont ils ne contrôlent pas la destination ?

    - Claire Fita :
    « C’est justement parce que les nouvelles régions françaises sont plus importantes que nous pourrons faire entendre notre voix. »
    C’est logique, mais on peut retourner l’argument : dans ces nouvelles régions, chaque composante, chaque pays, a plus de mal à faire entendre sa voix auprès du pouvoir régional qui couvre un espace plus grand.
    Donc, pas de gain pour faire entendre sa voix, mais une perte d’autonomie au profit des nouvelles métropoles régionales dont on attendra seulement une redistribution des gratifications qu’elles auront obtenues auprès de l’Etat français et de l’Europe !

    Avec ce regroupement régional, on est donc toujours dans le modèle jacobin : tout vient du haut !
    Un échelon grand-régional est ménagé. Il va tenter de se légitimer en faisant « émerger une identité commune ».
    La Gascogne ne rentrera pas dans cette machinerie de trains grand-régionaux : profitons du prochain arrêt pour décrocher des wagons, ou pour en descendre, et continuer par nos propres moyens !-)




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