Notre région, c’est la Gascogne !


 
Navèth nom !

 

Les mots en -ade de l’estiu gascoun

sardinade, carcassade, thonade...

samedi 9 juillet 2016, par Tederic Merger

Je n’ai pas encore vérifié s’il y en avait dans le vocabulaire du surf de Miquèu Baris.*
Lo campionat mondiau de surf en 2017 : un eveniment neo-gascon ?

Bien entendu, la terminaison -ade (-ada en alibertin) n’est pas spécifiquement gasconne, elle est occitane, catalane, et aussi castillane, portugaise et brésilienne (la Lambada...).

En Gascogne profonde, on mange plus qu’on ne surfe.
Grillade est maintenant banal.
Piperade est traditionnel. pipèr
Je vois sardinade depuis des années (comme escargolade).
Thonade et carcassade me paraissent plus nouveaux, et témoignent d’une certaine créativité de nos campagnes - à moins qu’elles aillent tout simplement chercher ces mots et ces recettes sur le web : ils y sont !
Je vois quand même que Google donne carcassade d’abord en Gascogne.

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Poudenas - Thonade 2016
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Lubbon - carcassade 2016
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St Pé - St Simon - hestes 2016
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Baudignan - hestes 2016

* Adara qu’èi verifiat ! Que n’i a dus : cabussada (« wipe out ») e espetarnada.



Grans de sau

  • Qu en’i a un tercèr : aviada (gahar l’aviada/gaha l’abiade).
    Es çò que soheti aus estius e aus estivaires gascons enguan !

  • - ade est tout bonnement l’aboutissement du latin -ata, en respectant les "règles" de la transformation phonétique de chaque langue romane :
    - ade en gascon moderne, ata en italien, ada en castillan , et bien sûr -ée en français : couvée, allée, cuvée, etc.

    - ata latin est le féminin du participe passé des verbes en -are (-a en gascon moderne, -ar en espagnol, -er en français, etc.).

    Mais il existe aussi bon nombre de formes masculines : -at en gascon (couhat, salat, etc.), ato en italien, adu en castillan, -é en français : coupé, salé, chassé-croisé, accusé etc.

    Les verbes en -ire latin avaient leurs participes passés en -itus, -ita, d’où chez nous -it (couhit) et -ide (culhide, audide…) et en français, -i / -ie (farci, moisi, ouïe, saillie…).

    Et les verbes en -ere es avaient en -utus, -uta, d’où en gascon -ut (arrecebut) et -ude (courrude, coelhude) et en français, -u (reçu) et -ue (revue).

  • Merci Jean pour ces explications.

    J’ai mis en avant les nouveaux mots avec la terminaison -ade comme un cas d’activation en français moderne de ce qui était spécifique au gascon et à tout un groupe linguistique latin. Au point où nous en sommes, c’est toujours bon à prendre !

    Et si la terminaison -ade surnage en français - un français à tonalité d’oc, l’envers de la médaille, c’est que les autres terminaisons de participe passé, que ce soit celles au masculin (-at, -it, -ut), ou celles au féminin des verbes des autres groupes (-ide, -ude), sont, elles, sans postérité en français : par exemple, on rencontre bien "virade" (de l’espoir, etc.) mais beaucoup moins "courrude" (je trouve quand même une "Courrude du Bager" à Arudy).

  • En direct de Marmande où je me trouve pour midi, j’ajoute les Confituriades de Beaupuy (47) !

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  • J’en ai un qui n’est pas réservé à l’estiu, mais est aussi associé au plaisir :
    l’écartade !
    Je l’ai entendu en Agenais.
    Mais il semble connu plus largement : « écartade Incartade de nature sexuelle » nous dit le Dictionnaire québécois instantané




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