ORIGINE ET LIMITES DE LA LANGUE GASCONNE

- Tederic Merger

[2015 : ligam mort ; où est donc passé cet article , est-il quelque part sur le web ?
Mais le ligam est re-validé pour permettre au débat ci-dessous de rester en ligne.
Voir aussi ci-dessous la liste des communes limitrophes, qui doit reprendre la liste figurant dans l’article manquant.]

Un article de Philippe Lartigue, avec la liste des cantons, ou parfois des communes, qui sont en limite du domaine lingüistique gascon*.

*donc une bonne base pour tracer les limites de la grande Gascogne, même si cette dernière n’a pas à s’y enfermer (des villes comme Agen ou Toulouse sont en partie gasconnes...).

Grans de sau

  • Philippe Lartigue a cent fois raison.
    Sa demonstration des limites s’appuie sur des enquêtes linguistique rigoureuses et de première main, l’enquête de Bourciez d’une part, de l’Atlas Linguistique de la Gascogne d’autre part.

    Par ailleurs je vous signale que je viens de faire paraître un livre qui fait le point sur le gascon : son titre : "Le gascon, lengatge estranh", 350 p.
    La première édition a été épuisée en une dizaine de jours. La seconde édition paraît jeudi 8 septembre.
    Adishatz
    JLM

  • Félicitations à Philippe Lartigue pour avoir mis au jour (avec rigueur et honnêteté) les résultats de la trop méconnue enquête Bourciez.

    En tant que Toulousain, je voudrais confirmer que les deux seuls points d’enquête de la commune relevant du domaine Gascon n’étaient pas, jusqu’à une date toute récente, des "quartiers" de la ville mais des villages séparés de l’agglomération par plusieurs kilomètres de campagne (St-Simon et St-Martin du Touch).
    Les 4 autres points étudiés "rive gauche" sont tous Languedociens, de même que Blagnac (cf. également l’enquête Sacaze, et d’autres sources).

    Il est donc incontestable que linguistiquement, Toulouse n’appartient pas au domaine Gascon.
    La même constatation s’impose bien sûr au plan historique et culturel.

    Réponse de Gasconha.com :
    Mais Toulouse voisine la Gascogne, et une partie de sa population est donc d’origine gasconne.
    De même, Bordeaux, qui appartient au domaine gascon, a une partie de sa population qui vient de l’arrière-pays non gascon (pays gabach, Périgord...).

    Du reste, de nos jours, cette différence d’origine, gasconne ou non, n’est plus très palpable, sauf peut-être dans quelques souvenirs lingüistiques ou culinaires* ou festifs. Peut-être aussi un lien secret avec le Pays basque ?

    Alors, si la Gascogne est à réinventer, voyons grand, et proposons à tous les bordelais et toulousains d’y participer !

    *Et encore, y a-t-il une cuisine gasconne ?

    Gasconha.com


  • Dire que Toulouse n’est pas linguistiquement gasconne, c’est une chose, heureusement prouvée et peu contestable (encore que les études sur le languedocien toulousain mettent en évidence une forte influence gasconne).

    Mais déduire qu’il en serait de même sur le plan culturel et historique est franchement à démontrer.
    Comment une ville située à 4 kilomètres des premières terres linguistiques gasconnes, dont les habitants vantent la "lenguo gascouno", où la moitié des maires du passé portent un nom gascon, qui a appartenu à l’Aquitaine wisigothique, et j’en passe, aurait-elle pu se soustraire aux influences de son voisin ?
    C’est de la folie : que je sache, Toulouse est située sur la Garonne, pas sur la Méditerranée.

  • Réponse amicale à Vincent P. :
    les emprunts du languedocien de Toulouse au gascon sont des plus limités :
    "dus" au lieu de "dos", "joen" au lieu de "jove", "casse" au lieu de "garric".

    A contrario, chacun connaît les nombreuses influences de l’occitan moyen sur les parlers gascons garonnais.

    Quant à l’Histoire, qui contestera que Toulouse, depuis l’Antiquité, regarde vers l’Est : ville principale des Volsques Tectosages, de la province Narbonnaise, capitale d’un comté adossé à la Méditerranée, foyer actif du catharisme (inconnu en Gescogne...), capitale historique du Languedoc.
    Le bassin de la Garonne ?
    Mais Albi, Millau et Mende en font aussi partie.

    Sur le plan culturel, langue mise à part, je suis d’accord : il y a bien proximité, et bon voisinage !

  • Je ne suis pas du même avis que Peire à propos du parler toulousain et rejoins Vincent :
    il suffit d’écouter des enregistrements de vieux toulousains pour être convaincus que l’accent est fortement gascon, et bien plus que le languedocien de l’Aude ou de l’Aveyron !
    C’est parfois à s’y méprendre tant l’accent sonne bon les rocailles de la Garonne, des nestes et autres gaves gascons pyrénens !

  • En tout cas moi, si je suis un touriste Parisien qui écoute Nougaro, Toulouse est une cité Gasconne.

     :)

  • Bravo Ben !o)
    C’est pour la même raison qu’un estivant de ladite région qui vient passer 3 semaines à Biscarosse dit à ses amis à son retour qu’il a passé des vacances formidables sur la côte basque ; idem pour un neo-bordelais qui va skier à Gourette...
    Ces derniers ne savent même plus ce que veut dire "bordeluche"...
    Ne parlons pas des neo-toulousains, les pires, ceux qui font bâtir une "villa dans le midi" (traduire une maison qui ressemble plus à un mas provençal qu’à quoi que ce soit d’autre à 59 km du centre ville à vol d’oiseau (càd à 55 mn de la Place du Capitole si la circulation est fluide...) qui vous dira que votre accent sent les vacances ou le soleil parce qu’il ne fait pas encore la différence entre celui d’un Marseillais et d’un Gascon !

  • Halip m’a transmis ce qui suit (« le darrèira actualisacion de les hitas de le lenga »).

    Situation à la fin du XIXème siècle - sauf mention contraire, les communes listées étaient plutôt du côté gascon.

     Gironde.
    La limite gascon/saintongeais était la suivante. Côté gascon Gauriac, Saint-Ciers-de-Canesse, Comps, Samonac, Lansac, Tauriac, Saint-Laurent-d’Arce, Peujard, Aubie-et-Espessas, Salignac, Mouillac, Vérac, Villegouge, Saillans, Libourne, Pomerol, Saint-Emilion, Montagne (partie sud), Puysseguin, Tayac, Francs, Les Salles-de-Castillon, communes gasconnes de Dordogne, Gardegan-et-Tourtirac, Pessac-sur-Dordogne, Saint-Avit-de-Soulèges, Saint-Quentin-de-Caplong, Caplong, Landerrouat.

    De Tourtoulon est très précis qui donne même les hameaux faisant limite entre le gascon et le saintongeais. Jongay (oïl), Lauriers (gasc.), Cuguet (oïl), Les Arnauds (oïl), Toire (oïl), Nicolau (gasc.), Plétane (oc), Cantou (oïl), La Jaugue (oïl), Fonviel (limite), Les Bichons (limite), Les Ligers (gasc.), Larrat (gasc.), Le Roux (oïl), Beaucourt (oïl), Savaras (limite), La Mongie (oïl), La Grange (oïl), Queynac (oïl), Juncaret (oïl), Frayche (oïl), Couprat (gasc.), Les Charruauds (limite), Les Dagueys (gasc.), Marchesseau (limite), Nadeau (limite), Guitard (gasc.), Arriail (limite), Mirande (oïl), La Pêcherie (gasc.), Bayard (limite), Mouchet (limite).
    Il faut aussi mentionner la colonie saintongeaise du Verdon dont la limite se situait entre le hameau de Royannais (oïl) et celui des Huttes (oc).
    Enfin, au beau milieu de l’Entre-deux-Mers gascon, autour de Monségur, seize communes employaient encore, lors de l’enquête d’Edouard Bourciez de 1894-1895, un parler apparenté à celui qu’on retrouve trente kilomètres au nord. C’étaient les communes de Castelmoron, Cours, Dieulivol, Mesterrieux, Saint-Gemme, Saint-Martin-de-l’Herm (supposée), Saint-Martin-du-Puy, Neuffons, Coutures, Saint-Sulpice-de-Guilleragues, Le Puy, Fossés-et-Baleyssac (supposée), Saint-Michel-de-Lapuyade, Saint-Vivien-de-Monségur, Saint-Géraud (Lot-et-Garonne) et Taillecavat.
    Monségur, qui donna son nom à la Petite Gavacherie, avait conservé le gascon dans le bourg quand les hameaux alentour parlaient marot.
    Les travaux de Pierre Bonnaud ainsi que la toponymie font penser qu’une partie importante de la Grande Gavacherie parlait, au Moyen-Âge, un dialecte de type gascon quand la Saintonge d’oc était plutôt nord-occitane limousine.

     Dordogne.
    Saint-Michel-de-Montaigne, Montcaret, Saint-Seurin-de-Prats.

     Lot-et-Garonne.
    Savignac-de-Duras, Duras, Saint-Pierre-sur-Dropt, Lévignac-de-Guyenne, Caubon-Saint-Sauveur, Mauvezin-sur-Gupie, Escassefort, Virazeil, Birac-sur-Trec, Gontaud-de-Nogaret, Hautesvignes, Varès, Grateloup, Clairac, Lafitte-sur-Lot, Bourran, Saint-Salvy, Frégimont, Clermont-Dessous, Sérignac-sur-Garonne, Sainte-Colombe-en-Bruilhois, Brax, Le Passage, Moirax, Layrac, Sauveterre-Saint-Denis, Caudecoste, Saint-Nicolas-de-la-Balerme et Saint-Sixte.

     Tarn-et-Garonne.
    Dunes, Cistels, Saint-Cirice, Saint-Antoine (Gers), Castéra-Bouzet, Asques, Saint-Arroumex, Fajolles, Sérignac, Larrazet, Labourgade, Montaïn, Saint-Sardos, Bouillac, Savenès, Aucamville.

     Haute-Garonne.
    Saint-Cézert, Launac, Larra, Daux, Aussonne, Seilh, Beauzelle, Blagnac, les quartiers ouest de Toulouse entre Saint-Martin-du-Touch et Saint-Simon, Portet-sur-Garonne, Pinsaguel, Pins-Justaret, Labarthe-sur-Lèze, Vernet, Grépiac, Lagardelle-sur-Lèze, Beaumont-sur-Lèze, Auribail, Lagrâce-Dieu, Puydaniel, Mauressac, Esperce, Lézat-sur-Lèze (Ariège), Canens, Lapeyrère.

     Ariège. Sieuras, Daumazan-sur-Arize, Montbrun-Bocage (Haute-Garonne), Montfa, Mauvezin-de-Sainte-Croix, Contrazy, Montesquieu-Avantès, Lescure, Rimont, Rivèrenert, Biert, Massat, Le Port, Aulus-les-Bains.

    Le Val d’Aran dans sa totalité.

     Limite entre les dialectes gascons et les dialectes basques.
    Biarritz, Anglet, Bayonne, Tarnos, Saint-Martin-de-Seignanx, Saint-Barthélémy, Urt, Guiche, Bidache, Came, Arancou, Bergouey-Viellenave, Labastide-Villefranche, Escos, Abitain, Autevielle-Saint-Martin-Bideren, Osserain-Rivareyte, Saint-Gladie-Arrive-Munein, Espiute, Nabas, Lichos, Charre, Castetnau-Camblong, Angous, Sus, Gurs (quelques maisons au sud de la commune sont bascophones), Préchacq-Josbaig, Geüs d’Oloron, Saint-Goin, (les hameaux occidentaux de ces trois dernières communes sont bascophone), Géronce (le sud de la commune, notamment le quartier d’Alaxe/Le lacet, sont bascophones), Orin, Moumour, Oloron, Féas, Ance, Aramits, Lanne (dans ces quatre dernières communes, quelques hameaux nord-occidentaux sont bascophones), Arette. Pour Esquiule, bascophone, le quartier de Berbila/Bervielle, à l’Est, est gasconophone.


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