Notre région, c’est la Gascogne !


Des maires gascons

lundi 19 octobre 2015, par Tederic Merger

Lors d’un atelier régional tenu à Bordeaux tout récemment sur les thèmes de la protection du patrimoine et de l’environnement en Aquitaine (l’Arregionasse n’était pas au programme) deux maires ruraux ont fait une forte impression à l’assistance : Yves d’Amécourt, maire de Sauveterre de Guyenne (Entre DeuxMers) souligna avec force que l’avenir ne passait pas que par les métropoles et qu’il fallait savoir dire aux bureaucrates régionaux que « nos outils de ruralité sont préférables à vos outils d’urbanisme » …
Philippe Dubourg, maire de Carcarès Sainte-Croix (en pays tarusate) et président de l’association des maires ruraux des Landes n’hésita pas à parler avec force de la protection de l’identité locale, gasconne, incluant la langue du même nom, et exprima sa défiance envers la future région APOIL.
Avec des maires comme eux, l’avenir de la Gascogne n’est sans doute pas une affaire perdue.
Gérard S-G



Grans de sau

  • A biste de nas, Yves d’Amécourt ne me semblait pas vraiment la figure de l’homme politique local salvateur de la Gascogne...
    Mais il faut surmonter ses préjugés, et j’ai commencé à chercher, pour l’instant sur le web...
    Sur la page histoire du site municipal, je trouve au moins une phrase en gascon, allusion aux ravages subis par la ville pendant la guerre de cent ans, et aussi peut-être pendant les guerres de religion :
    « Saubeterre/bille de guerre/ lou qui n’a pas passat/n’est pas un boun sourdat !  »
    Il faudrait d’ailleurs créer une fiche pour Sauveterre de Guyenne sur Gasconha.com...

  • Je pense qu’aucun des deux n’est potentiellement salvateur de la Gascogne et ils n’y posent d’ailleurs pas.
    Mais leur énergique défense de la ruralité, dans deux contextes locaux spécifiques et deux communes de taille différente, s’assortit de la perception d’une identité locale et régionale à promouvoir.
    Si toutes les communes de Gascogne (combien sont-elles, d’ailleurs ?) avaient à leur tête des gens de cette trempe, quel bond en avant ce serait !

  • Il y a déjà 1144 lòcs de type commune sur Gasconha.com.
    Comme toutes les communes de Gascogne n’y sont pas répertoriées, il y en a beaucoup plus.
    La commune est sur Gasconha.com l’unité de base du regroupement des lòcs.
    Il est probable que les fusions de communes* vont continuer, diminuant peu à peu leur nombre, en Gascogne comme ailleurs.

    *Je ne parle pas ici des intercommunalités, dont la réforme récente, en fixant à 15 000 habitants le minimum de population, va aussi diminuer le nombre.

  • Acò’s hèit :
    Sauveterre-de-Guyenne

    Cette "sauve terre" a bien un passé gascon, malgré son nom actuel qui se réfère à la Guyenne.
    Quant au futur, c’est plus problématique : avec l’Entre-deux-Mers, Sauveterre est seulement sur un costat du triangle gascon.
    Si elle arrive à résister à Bordeaux la boulimique (boulimique comme Toulouse), tout n’est pas perdu !

  • Gerard, tu nous mets l’eau à la bouche avec "leur énergique défense de la ruralité", mais il nous faut du biscuit : des paroles, des textes, et surtout des actes, qui illustrent ces deux maires "gascons" !

    Concernant le maire de Sauveterre de Guyenne, Yves d’Amécourt, voici une prise de position sur son blog concernant l’Arrégiouasse APoiL (lui, plus poli, l’appelle "la Région APCL ").
    Pas très clair, je trouve. Il semble craindre une nouvelle région trop puissante, un retour à l’Ancien régime... Je vois poindre une critique jacobine, de la même eau que celle d’Alain Juppé. Ce n’est pas la mienne.

    Yves d’Amécourt s’exprime aussi sur les départements :
    L’avenir des départements en question (FRANCE 3 AQUITAINE).
    Je n’ai pas visionné, mais je crains le pire.

    Je ne sais pas s’il faut passer du temps à éplucher tout ça. Pour l’instant, il me manque un signal encourageant (un signal de dissidence gasconne ?-)) qui m’en donne l’envie. Donne le moi, Gérard, si tu l’as avec Yves d’Amécourt !*

    Je pense approfondir bientôt le cas du maire de Carcarès Sainte Croix...

    Ensuite, les questions de politique locale et régionale sont très complexes, trop pointues ou latérales peut-être pour Gasconha.com, qui doit rester centré sur la défense de l’identité gasconne.

    * Il faut dire aussi qu’Yves d’Amécourt est un des chefs départementaux (pour la Gironde) du parti maintenant nommé "Les Républicains", et qu’il est candidat éligible à l’élection régionale sur leur liste ; ne rêvons pas trop : il ne peut être que conformiste dans ses discours publics, voire dans ses actes ; on peut au mieux imaginer que sa pensée profonde sourde (?) de son blog...

  • J’ai été un peu grinçant envers Yves d’Amécourt, et exprimé ma crainte sur ses options quant à la réforme territoriale.
    Or, sur ce sujet, et notamment sur la répartition des compétences région/département/bloc communal, cet article de son blog contient des idées intéressantes.

  • Après Yves d’Amécourt, voici le tour de notre second mousquetaire : Philippe Dubourg, maire de Carcarès-Sainte-Croix (40).
    Il s’est exprimé dans Sud-Ouest :
    Un tissu détricoté - Philippe Dubourg Le président de l’Association des maires ruraux des Landes dénonce la mort programmée des communes (aujourd’hui réservé aux abonnés).
    Je ne me retrouve pas d’emblée dans son interprétation.
    Je vois la mort administrative et civique des petites communes
    comme la conséquence de leur mort comme entité économique autonome, et non l’inverse.
    Il y a un bien un changement d’échelle (Philippe Dubourg dénonce une "idéologie occulte du gigantisme"), un agrandissement des bassins de vie : les gens trouvent normal de travailler chaque jour - et de faire leurs courses - à 20 ou 30 km de chez eux...
    Ils le peuvent grâce à l’automobile.
    Quand je vois les nombreuses églises à clocher mur qui jalonnent nos campagnes gasconnes, et qui furent jadis le centre de communautés de vie, je me dis que ce n’est pas le premier changement d’échelle que nous vivons.
    Carcarès-Sainte-Croix

  • Tederic a fait le travail d’exploration que je n’avais pas pris le temps de faire après cet atelier sur le patrimoine et l’environnement en Aquitaine.
    Ses découvertes sur internet ne m’étonnent pas et ne démentent pas en tous cas mes impressions de base recueillies comme auditeur (j’ai ensuite seulement échangé quelques mots avec Ph.Dubourg).
    Nous avons là deux maires, sans doute de milieux différents, d’options politiques différentes (ce qu’écrit Ph.Dubourg me ferait penser qu’il pencherait vers le Parti de Gauche).
    Leurs communes, dans deux départements gascons différents, sont de taille et de composition sociale et démographique sans doute assez différentes aussi.
    Mais la même toile de fond rurale les imprègne et le même souci de défendre intelligemment cette ruralité les unit avec aussi, exprimé et vécu probablement de façon distincte, un certain sentiment d’identité régionale, clairement affirmée comme gasconne par Ph. Dubourg.

    C’est peu, dira-t-on et de plus, comme Tederic l’a perçu (dans le cas d’Amécourt), en nécessaire composition – et qui sait, parfois en conflit ? – avec les positions du parti dont ils portent plus ou moins les couleurs.
    Dans le cas Dubourg, son gasconisme pourrait lui valoir quelques volées de bois vert du côté du jacobin Mélanchon, toujours prêt à pourfendre les « régionalismes ethniques ». Quant à sa perception du rôle économique des collectivités territoriales découlant de leur statut administratif, elle est assez typique des idées de gauche chez qui le politique prévaut toujours (bien qu’en théorie marxiste, ce devrait être l’économie qui détermine le politique mais bon ...). Pas toujours facile de choisir entre la poule et l’oeuf, il est vrai !

    De son côté, d’Amécourt ne doit pas être très en phase avec la conception jupéenne d’une grande région faire-valoir de sa métropole. En tous cas, le papier du maire de Sauveterre sur la réforme territoriale trouvé par Tederic est réfléchi, fouillé et appuyée sur un incontestable vécu (la vidéo sur le département n’est plus disponible). Certaines idées m’ont paru intéressantes mais je n’ai pas d’avis sur chacun des points, parfois très colorés de technique administrative.
    Je perçois comme d’autres ici avant moi que le conseiller territorial n’aurait pas été une mauvaise affaire et aurait permis, sans les supprimer, de dépasser les départements par le haut …
    Et par ailleurs, nos deux élus, tous deux ennemis encore une fois, du « tout Métropole », ne voient aucun avantage à l’arregionasse APOIL ou de quelque nom qu’on la nomme. A garder en tête si une région Aquitaine-Gascogne revenait à l’ordre du jour dans les années qui viennent. Tout cela n’est finalement pas négligeable du point de vue qui est le nôtre.
    A noter que le maire de Carcarès s’apprête, lui, à sortir un livre (aux Editions de Gascogne, d’Orthez, déjà tout un programme ) : un livre à lire, sans faute.




Un gran de sau ?

modération a priori

Contributions et grans de sau sont soumis à validation des webmèstes.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Ajouter un document