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Navèth nom !

 

Sare : Ortillopitz l’authentique maison Basque

vendredi 17 octobre 2014, par Tederic Merger

Sur cette page d’aquitaineonline.com, ne pas manquer la vidéo où Xavier Lanusse donne une explication très claire du système de transmission traditionnel de l’etxe, droit d’ainesse, avec une évolution liée à l’arrivée du maïs et l’allongement de la durée de vie moyenne qui en fut la conséquence.

Dans quelle mesure tout cela a-t-il été vrai aussi pour le Béarn, le Bas Adour, la Chalosse, la Bigorre...?
[Tederic M.]


Voir en ligne : Sare : Ortillopitz l’authentique maison Basque

Portfolio



Grans de sau

  • Je viens de regarder.
    Réponse très courte pour ne pas la faire très longue : tut parie !
    Mêmes phénomènes, même histoire ici en vallée. Rupture dans les années cinquante, pareil.

    Je dirais même architecture proche, car si l’on dépasse quelques différences de matériaux, d’espace disponible... la structure en coupe de l’illustration est familière, comme les photos d’intérieur et de façade.

  • Simin Palay a traité de la question du droit de l’ainé dans "Lous Tres Gouyats de Bordebielhe/Los tres gojats de Bòrdavielha".
    Tout le livre tourne autour de ça. Là, c’est en Béarn.

    MP3 - 2.8 Mo
    Lou meste de Bordebielhe que défén lou drét de l’aÿnat

    "En despieit de las leis navèras en lasquaus n’avè nada fe, lo pair per testament qu’ac deishava tot a l’ainat dab las cargas ordenaris. E totun que sabè que lo testament que podè estar atacat."

    Ce qui m’a étonné, c’est que le notaire, apparemment, n’était pas tenu d’appliquer la "loi de Paris" de partage égalitaire, en allant dans ce cas contre le testament.
    Mais celui-ci pouvait être attaqué devant les tribunaux par les cadets pour défendre leur part légale et égale. Les cadets de Bordebielhe disent se défendre de le faire, pour éviter de déshonorer la maison.
    Le cas de Bordebielhe est particulier : la famille est riche, et peut trouver le capital financier nécessaire pour payer sa part à un cadet sans démembrer le domaine.
    Ne’n disi pas mei, que’vs aconselhi de legir lo roman.

    On aurait aimé avoir le cas où l’ainée est une femme...

  • Encore aujourd’hui, il n’est pas possible de briser la volonté du défunt qui a établi un testament auprès d’un notaire, et qui aurait déshérité certains de ses enfants.

    En revanche, l’acte est attaquable au tribunal et la conséquence est souvent une indemnisation financière des enfants lésés, ce qui revient en fait absolument au même (à la seule exception que la propriété sur un bien n’a jamais été partagée, ce qui était craint, et qu’on peut théoriquement éviter les ventes forcées ou les divisions).

    Dans la campagne, parce que ma propre famille en a souffert, souvent, le notaire s’arrangeait avec les "vieux" pour sous-estimer l’ensemble des biens, de telle sorte que la maison revenait à l’un des ainés, tandis que les cadets se retrouvaient avec des terres dont le notaire leur disait qu’elles avaient la même valeur que les autres lots (...). De toute façon, la terre ainsi héritée était louée à ceux restés sur place qui faisaient le paysan.

    Ou alors, plus violemment, la sous-évaluation entraînait une indemnisation moindre. Dans ma famille, pour des motifs similaires à ceux de Palay, alors même qu’ils étaient les ainés (mais partis à la ville), ils n’ont rien dit et ont pris l’argent qu’on consentait leur donner. Une question de dignité mais aussi d’intériorisation que celui qui a quitté la ferme ne doit plus rien réclamer.

    Dans tous les cas, le Code civil et son égalitarisme ont détruit la société gasconne qui a alors pratiqué le malthusianisme. Le massacre de 14-18 fut retentissant.

  • La destruction des "maisons" au profit des individus par le Code civil est un leitmotiv de toute la littérature traditionnaliste des XIX et XXè siècle en France ,voir par exemple l’œuvre ,d’ailleurs souvent superbe,d’un Jean de La Varende déplorant également le malthusianisme qu’il provoqua et la disparition physique des familles autrefois nombreuses qui s’ensuivit .Une citation me revient :"ce code civil est un caveçon de mariage" - voir la traduction gasconne de ce vieux mot du monde de l’équitation !).l’ancienne France pensait en terme de communautés et non d’individus,magnifiant les premières et leur donnant les moyens de la pérennité au détriment des seconds.Ceux-ci n’avaient qu’à tenter leur chance dans l’Eglise,l’armée,le commerce (s’il restait un peu d’argent pour ça ) ,le banditisme s’il n’en restait pas et si rien ne vous arrêtait ...ou tout simplement dans la même situation,la possibilité de se louer comme valet ou servante.On imagine que les deux solutions juridiques ont leur pour et leurs contre,aucune n ’est sans défaut .
    Mais je croyais,Vincent,que le partage égal entre tous les enfants,quotité disponible exceptée,était d’ordre public en France ;je ne suis pas sûr d’avoir bien compris la petite consultation juridique ci-dessus.

  • Le texte ci-dessus, dont je soupçonne fortement que l’auteur est GSG (!), me confirme dans une interrogation qui pointait en moi :

    Le partage égalitaire a touché toute la France et pas seulement les pays vascons.
    Il a représenté partout un bouleversement qui s’est traduit dans la démographie (contrôle des naissances).
    Partout, on redoutait le démembrement des domaines terriens.

    Alors pourquoi parle-t-on spécialement du droit d’ainesse pour la Gascogne (avec les célèbres cadets de Gascogne qui devaient chercher fortune ailleurs comme le rappelle GSG) et le pays basque ?

    Une réponse logique pourrait être celle-ci : hors pays vascons, le partage de l’héritage pouvait être inégalitaire, sans privilégier l’ainé(e) ; on pouvait tester pour n’importe le(s)quel(s) de ses enfants. C’est une hypothèse que je fais, sans avoir de conviction particulière ; la réponse est sans doute connue par les historiens du droit des successions mais je ne la connais pas.

  • Quels facteurs sont à l’origine de l’importance de la place de la maison dans la société basque, béarnaise, etc., et pas dans d’autres régions (Bordelais...) ?

  • En réponse à Gaby :

    N’exagérons pas trop l’importance exclusive de la maison-souche en Hyper-Gascogne. C’est toute l’Europe des franges occidentales qui a connu, plus ou moins, la maison-souche, face à la société urbaine méditerranéenne ou continentale.

    L’originalité pyrénéenne, une fois de plus, c’est son archaïsme : nous avons des restes juridiques à date moderne, et l’on peut retracer l’histoire de ce droit, au moins depuis les Fors. Et puis, la carte du droit est variée

    Pour le Bordelais, difficile de généraliser. On ne sait rien de l’ancienne civilisation landaise du Médoc par exemple. Cela étant, il est évident que Bordeaux est un foyer d’innovations, et le droit est un élément parmi d’autres. Il doit également y avoir des considérations économiques.

    De toute façon, le gros du SO était de droit égalitaire. Je vais chercher la carte élaborée par Anne Zink sur la question.




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