Notre région, c’est la Gascogne !

 
 

L’avenir de France 3 selon sa future présidente

vendredi 24 avril 2015, par Tederic Merger

Extrait de la profession de foi.

"L’actualité nationale doit devenir complémentaire par rapport aux actualités régionales. Se tourner vers l’actualité, c’est aussi mettre en perspective les actualités culturelles.

C’est une chaîne qui doit sortir de la dictature de l’urgence pour redonner sa place à la maîtrise des rythmes et des temps, à la mise en perspective des évènements et à leur explication.

La grille des programmes doit connaître dès lors une évolution significative.

Il apparaît nécessaire d’accroître le nombre de décrochages locaux et de multiplier les décrochages évènementiels, qui connaissent un important succès d’audience.

La grille des programmes doit être nourrie de programmes financés par la chaîne avec une forte connotation régionale.

[...]

La nouvelle carte des régions offre une opportunité forte de redéfinir la structure de la chaîne.

Il faut renforcer l’identité de chaque région, mais aussi bâtir des rédactions solides au niveau régional.

Il doit être envisagé de déconcentrer des unités de production dans des antennes régionales, particulièrement créatives."



Grans de sau

  • Deux interprétations possibles à ce programme de "renforcement de l’identité de chaque région" :
    1)la nouvelle présidente est sincèrement attachée à des identités régionales fortes,pas nécessairement correspondant aux régions administratives,ni les anciennes ni - a fortiori - les futures qui à deux exceptions près n’en tiennent aucun compte ;

    2) elle est chargée par le gouvernement ( à côté d’autres instructions sans doute dans d’autres domaines) de contribuer à bâtir une identité aussi substantielle que possible pour ces futures régions , construction d’autant plus indispensable qu’elles n’en ont "naturellement" aucune !

    Les gasconhautes choisiront !

  • Mon petit doigt me dit, Gérard, que la nouvelle présidente suit l’option 2 !
    Il s’agira donc bien de contribuer à bâtir une identité pour une nouvelle région qui n’en a aucune.

    Cela rejoint la phrase d’un éditorial récent d’Aqui.fr* :
    « Et puis il va bien falloir inventer une manière d’identité recomposée où l’histoire, les cultures, les saveurs, donnent envie de voyager, de découvrir, de partager. »
    Nous sommes invités - et une partie de nos impôts financera sans doute des campagnes à cet effet - à apprendre à aimer nos nouveaux territoires aquipoisins !
    Si vous suivez le lien vers cet édito d’Aqui.fr, vous aurez aussi ma réaction...

    * Aqui.fr, que je considère un peu comme la voix de nos mèstes, suit (approuve) docilement le projet "Arrégiouasse".

  • Je pense que c’est moins clair que cela.

    Il est certain que la candidature d’Ernotte a été téléguidée depuis l’Élysée, et que le speech autour des nouvelles régions est inspiré par la stratégie actuelle, avec l’idée de les faire mieux accepter, sans parler des économies d’échelle que le groupe de télévision pourra faire en relocalisant à Bordeaux, par exemple, les services de France 3 Limousin et France 3 Poitou-Charentes.

    Maintenant, je lis aussi dans ce texte que le fait régional fait de l’audience. Et c’est quelque chose dont je suis persuadé : il y a appétence pour des programmes ancrés dans la réalité quotidienne, et j’ose dire, identitaire. De fait, le discours d’Ernotte (qui se dit basco-corse, née à Bayonne) est paradoxal car après avoir fait le constat que les décrochages locaux marchent, elle embraie sur la nécessité de coller au nouveau découpage qui est pourtant un recentrage net.

    Par ailleurs, pour quelle raison faudrait-il coller au découpage régional ? Il y a de nombreux autres découpages en France qui ne correspondent pas plus aux nouvelles régions, décidées, il faut le rappeler, de la manière la plus inique qui soit, lors de tractations politiques à l’Assemblée, ce qui a même entraîné la colère de l’ancien premier ministre Ayrault, face à pareille violence.

  • Rêvons un peu : si j’étais multimillionnaire, c’est le moment que je choisirai pour lancer un groupe audiovisuel régional indépendant pour prendre la place de fr3. Il y a un créneau qui se libère pour une longue période, du personnel à débaucher, des cadres territoriaux officiels en plein remaniement donc au pouvoir d’obstruction momentanément limité...

  • La question financière réglée, je pense que nous butterions sur deux choses :

    - L’audience. En tout cas, la télé régionale ne pourrait qu’être en français, avec une présence symbolique du gascon. Je pense le public en demande de décrochages locaux, notamment en termes d’information, en revanche.

    - La sociologie des journalistes. Je ne suis pas certain qu’en l’état actuel de la popularité de l’idée régionale au sens large, nous trouvions des journalistes suffisamment motivés, même si les difficultés de ce métier depuis une dizaine d’années contraindraient assurément ceux-ci à venir proposer leurs services.

    La profession de journaliste me semble en effet, en l’état, tout à fait un vecteur de diffusion de l’idéologie parisienne républicanissime.

  • En tout cas, le groupe Sud-Ouest, en attendant de voir ce que fera le groupe France Télévisions, continue son matraquage : c’est lénifiant.

    Sept choses à savoir sur la région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes

    "Grâce à la réforme territoriale, l’Aquitaine fera bientôt partie de la première région agricole d’Europe et l’un des poids lourds du territoire français. La preuve par les chiffres."




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