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Bâtir en béton cellulaire

Basti en bétoun celulari [actualisation d’un article ancien]

lundi 26 janvier 2015, par Tederic Merger

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Gasconha.com a voulu donner des informations locales à ceux qui veulent bâtir en se précassant [1] de la santé, de l’environnement et du paysage (voir le cahier des charges de Gasconha.com).

Des arguments de promoteurs du béton cellulaire nous ont fait dresser l’oreille : "matériau issu de ressources locales (sable, chaux...), matériau sain, propre, dès sa fabrication"...

"Ce n’est certainement pas un hasard si, en France, l’usine Siporex de Mios est implantée dans le Parc Naturel Régional des Landes de Gascogne." nous disait Aquibat.com à propos du béton cellulaire Siporex.

Hilh de puta, e’s van reclamar d’Arnaudin, lhèu ?

Entre autres qualités, le béton cellulaire serait un bon isolant, il faciliterait aussi le travail des maçons par sa légèreté...

Le béton cellulaire, qu’es aquò ?

On l’appelle aussi "Siporex" ou "Ytong", mais ce sont des marques commerciales, ensuite regroupées sous la marque "Thermopierre".
Il serait beaucoup plus utilisé en Allemagne qu’en France.
Le béton cellulaire appartient à la famille des bétons légers.
Il est fabriqué à partir de sable, de chaux d’eau, auxquelles s’ajoutent le ciment et un agent d’expansion (poudre d’aluminium).
Cet agent d’expansion fait lever la pâte : des myriades de cellules d’air se forment alors, qui donnent au matériau ses qualités d’isolation et d’inertie thermique.

Les arguments présentés par les professionnels du béton cellulaire* :

*recueillis sur les sites de Siporex, émanant alors de METOPE Constructions, une société installée à Cestas, "spécialiste de la construction en béton cellulaire", et de Aquibat.com.

« Tout au long de son cycle de vie, de sa fabrication à sa mise en oeuvre jusqu’à son recyclage en fin de vie, le béton cellulaire s’avère un matériau propre. Car le béton cellulaire est fabriqué en grande partie avec des matières premières naturelles et abondantes telles que le sable, la chaux, l’eau, auxquelles s’ajoutent le ciment et des adjuvants. »

Avantages au stade de la fabrication :

  • Il consomme moins de matières premières que les bétons traditionnels.
  • Le procédé de fabrication eau/vapeur en circuit fermé réduit les dépenses énergétiques.
  • L’eau nécessaire à la production est réinjectée en continu dans la fabrication, limitant ainsi sa consommation.
  • Aucune matière nocive n’est rejetée dans l’atmosphère.
  • Les déchets de production sont recyclables dans la production ou sous forme de granulats.

Avantages au stade du chantier :

  • Moins de déchets.
  • Rapidité de pose.
  • Plus légers et plus grands que les parpaings ou les briques, les éléments en béton cellulaire se manipulent aisément et, formant un système constructif cohérent et homogène, ont été conçus pour rendre la durée d’un chantier plus courte et pour doubler le rendement au m2 par compagnon.

Avantages au stade de l’habitation :

  • Confort thermique : Le béton cellulaire Siporex-Hebel offre une isolation naturelle et totale ; tout autre système d’isolation est superflu.
    Il freine la déperdition de chaleur en hiver, réduit la durée de chauffage en demi-saison et assure même une climatisation naturelle en été.
  • Hygrorégulation : Un mur en béton cellulaire avec enduit extérieur adapté est imperméable à l’eau, mais perméable à la vapeur contenue à l’intérieur d’un local et la rejette vers l’extérieur, assainissant ainsi l’atmosphère intérieure.
  • Confort acoustique : Une construction en béton cellulaire offre sensiblement le même confort phonique que celui obtenu avec des matériaux traditionnels ; elle protège contre les bruits extérieurs et diminue les émissions vers l’extérieur.
  • Résistance au feu : Le béton cellulaire est un matériau minéral, il est incombustible (classé M0), ne produit ni fumée, ni gaz toxiques, et est classé coupe-feu 4 heures à partir d’une cloison de 10 cm.
  • Santé : Constitué essentiellement de matières minérales naturelles, le béton cellulaire ne contient aucun eacute ;lément nocif ou fibreux ; ni adjuvant toxique ou ancérigène.
    De plus, il est inattaquable par les insectes, les termites ou les rongeurs.

Le prix de revient :

D’après une étude comparative menée sur une maison individuelle de 96 m2, le prix de revient d’une structure en béton cellulaire est identique voire légèrement inférieur à celui d’une structure agglomérée de béton avec doublage plaque de plâtre et polystyrène.

Une appréciation de Ideesmaison.com :

Avantages :

  • bon isolant thermique,
  • bonne perméabilité à la vapeur,
  • bon régulateur d’humidité,
  • poids faible.

Inconvénients :

  • isolation phonique insuffisante si utilisé sans isolant complémentaire, faible inertie thermique (*Métope affirme le contraire : "inertie thermique exceptionnelle" !),
  • matériau friable résistant mal à l’usure.

Une appréciation de Roland Studer (Les charpentiers d’Uzès) sur le forum de Bâtir Sain :

"Oui, mais justement, quid des poudres d’aluminium magiques ?
Je rappelle que l’aluminium est suspecté dans certaines maladies neurologiques et qu’on a pas mené d’études sur les dégagements après construction dans les bétons cellulaires, mais qui existent fort probablement comme dans tous les autres matériaux cuits.

En épaisseur normale, les qualités acoustiques sont médiocres, ce qui est logiquement le revers de sa faible densité, qualité par ailleurs très utile quand on veut limiter le poids en rénovation ou ailleurs.

Enfin le bilan énergétique du béton cellulaire ne peut en aucun cas être comparé au bilan des matériaux issus du végétal comme le bois (je prêche pour ma paroisse), la paille, le chanvre etc, ou les matériaux terre.

Qui plus est la production très technique et donc centralisée
du matériau joue en défaveur au niveau transport*.

En conclusion, le Siporex c’est super face au parpaing, mais il y a beaucoup mieux dans une optique écologique ou même écono-logique."

Une appréciation d’Andreas Krewet (AKTERRE - Construction et matériaux en terre) sur le forum de Bâtir Sain :

"Effectivement, le béton cellulaire est, comme la brique monomur, le chanvre-chaux, le terre-paille, le terre-copeau bois ou la botte de paille, un matériau intermédiaire qui isole et qui a en même temps une certaine masse thermique et présentera donc une inertie.

Plus il y a de la masse dans de l’habitat constamment chauffé, plus il y a gains
solaires, plus tard on devra mettre le chauffage en automne, moins il faudra
allumer le chauffage quand les nuits sont froides, ou quand il y a un petit
coup de froid de 2-3 jours, moins on aura de surchauffe en été.

Mais [...] la production du béton cellulaire avec de la poudre d’allumine (?) pour faire les bulles ne me parait pas tres écologique et saine.

Le problème essentiel du béton cellulaire : la régulation de l’hygrométrie. C’est un matériau qui garde l’humidité et qui sèche très mal."

Note de Gasconha.com :

Tant qu’il y a à Mios (près du Bassin d’Arcachon) une usine de béton cellulaire, l’inconvénient du transport ne semble pas trop concerner les constructeurs de la région environnante.
Mais si cette unité de production fermait... Dans une perspective de durabilité, il est problématique de dépendre des décisions d’une entreprise unique.
"Mais qu’importent les coûts de transports si le prix d’achat final est raisonnable ?" objectera-t-on.
Réponse :
1) Si on a une conscience écologique, on doit prendre en compte les coûts écologiques, même si ils ne sont pas présentement intégrés au prix payé par le consommateur.
2) A long terme, les filières de production qui sont fortement consommatrices de transport risquent de perdre leur compétitivité, parce que les atteintes à l’environnement finiront par être taxées d’une manière ou d’une autre (Malaja ! Espérons-le !).

Quelques "grans de sau" sur le béton cellulaire :

Attention :
Gasconha.com a mis en ligne cette page, qui est principalement une compilation ou une confrontation de différents avis sur le béton cellulaire.
Mais Gasconha.com ne dispose ni des compétences ni des moyens nécessaires pour répondre à vos questions techniques sur le béton cellulaire.


[1"se précasser" : terme du français régional issu du gascon medoquin qui signifie "se préoccuper".






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