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Indication trilingue

Vincent.P

dimanche 4 septembre 2011

Bayonne - Indication trilingue français basque gascon
Où ailleurs qu’à Bayonne ? Ici, parking de la Gare, mais c’est la même chose au parking de l’Université.

Seulement, comme toujours avec le gascon, c’est bourré de fautes.
Plus personne ne sait parler cette langue, il faut se rendre à l’évidence.



Grans de sau

  • "SORITDA" au lieu de "SORTIDA", il faut le faire !
    Quant à "pedanhèras" pour "piétons" (je suppose), je ne connaissais pas (mais bien entendu, je ne connais pas tout - seulement, je me dis que 99% de la population de l’espace gascon en connait encore moins que moi en gascon).

    Entre la difficulté de la graphie normalisée, les fautes du rédacteur (mais ici, je ne sais pas s’il y en a), les erreurs de transcription, et les choix de mots qui n’évoquent probablement pas grand chose pour 99% de la population, c’est un véritable massacre.
    Faut-il tout arrêter ou essayer d’améliorer ?

  • Syntaxiquement c’est le calque du français "sortie piétons", qui ne veut rien dire.
    Les termes de la signalétique française sont souvent de maladroites juxtapositions par lesquelles on tente de faire sauter les articles et les prépositions (à l’anglo-saxonne) : ’parc-auto’ (mais le parc n’est pas une voiture), ’rayon layette’ (à vendre), ’rayon fillettes’ (pas à vendre), ’guichet réclamations’ (mais il est sourd), container bouteilles (n’y buvez pas), etc.
    Pauvreté de la dérivation d’une langue usée, négligences, suppression des marqueurs de fonctions qui deviennent implicites.
    On pense qu’il s’agit ici d’une ’sortie pour piétons’ (ou pour piétonnes vu le mot ?) et pas d’un endroit d’où les piétons se font sortir.

    Le pseudo-gascon de ce panneau (graphiquement peu lisible) est un calque servile du "français signalétique".
    De plus, pourquoi le français en gros et les deux autres langues en plus petit ?

    Mais pourquoi ce suffixe -’ièra’ ?, et ce supposé pluriel, ce -as’ ?

    Où est le respect de la langue ?

    Donc :
    1) Se défier des calques du français administratif,
    2) Consulter le vocabulaire de la langue,
    3) Voir ce qui a été proposé (sur ce site, rubrique "mots"),
    4) Commencer de dresser un répertoire des termes publics à traduire (sans refuser l’expérience occitane ou catalane en général).
    Et réfléchir avant d’agir.
    Du grain à ajouter à la dicussion en cours sur Gascogne-Débat ’Har véder la nosta lenga’.

  • "pedanhèr" est l’adjectif que l’on trouve pour piéton dans les divers dictionnaires.
    Pour ma part, je suis assez partisan d’être fidèle aux grands principes du gascon, et quelque chose comme "sortida pedanhèra" (pour quelle raison l’adjectif au pluriel ?) rend assez gascon à mon sens.

    Reste qu’au fond, il aurait mieux valu "Sourtide pedagnère" (d’ailleurs, à Bayonne, n’y avait-il pas maintien tardif de la forme d’origine -èyre comme en Bordelais ?).
    Même si, graphie française comme alibertine, personne ne comprendra.
    Mais ce n’est probablement pas le but en l’espèce, il s’agit ici de marquer le territoire du gascon symboliquement.
    Mais qui sait qu’il s’agit de gascon ?
    Le basque a l’avantage de la typographie.

  • A propos des groupes de mots composés sans préposition, contrairement au fonctionnement normal du français et des langues latines :
    l’Espagne s’y est mise aussi, il y a déjà longtemps ; je me rappelle de "Sala espera" (ou "Sala Espera") pour "Salle d’attente" dans les gares de la RENFE dans les années 90.

    Au sujet du panneau trilingue :
    Je regrette aussi la police de caractères peu lisible pour le gascon, mais en l’occurrence, ça a au moins l’avantage de rendre moins lisible l’horrible faute "SORITDA".

    Ma proposition serait "SOURTIDE DOUS PIETOUNS" qui serait comprise par tous les gasconophones.
    Cela correspond à la graphie "Le Nibe" qu’on trouve sur un autre panneau-banèra bayonnais.

    Je pense qu’on doit choisir à Bayonne une graphie "franco-phonétique" qui rend le "negue" bayonnais.
    Etablissons au moins une connivence avec la dernière génération qui connait un peu le gascon bayonnais, plutôt qu’une connivence avec "digun" ou le monde des extra-terrestres !-)

  • Le gascon a cependant une forte aptitude à former des mots composés sans préposition, le domaine de prédilection étant le verbe, mais également pour les substantifs.
    Exemples tirés de chez Rohlfs : cordouloû "déchirement de coeur", terro-trém "tremblement de terre", ...
    Une sortie des piétons pourrait très bien être quelque chose comme "pé-sourtide", dans l’hypothèse d’un gascon qui serait resté vivace.

  • En utilisant une traduction mot à mot on pourrait mettre : Sourtide Pedàgns (ou pedànhs version normalisée ?) (Dico Simin Palay).
    Si cette forme respecte le gascon negue de Bayonne qui doit bien être défendu par quelques associations il me semble !
    Traduire piétons par pietouns serait un beau gallicisme (pietoû chez Palay cependant).
    En tout cas "sortida pedanhèras" est à retirer car elle signifie "sortie piétonnières".
    A moins que l’on prenne tous les piétons pour de la pedagne (piétaille, pauvres gens), ou pour des Lapedagne.

    Salut Bayoune, bile gascoune...

  • Bonjour,

    Où réapparaît la nécessité d’écrire "pèd" et non pas "pè". Ou bien pourquoi "lèd" ?
    Mais souvent, l’orthographe normée, quand elle se fait occitaniste, obéit plus à un dogme qu’à la simple logique pédagogique ou/et étymologique.

    Pour ce qui est de la signalisation en gascon à Bayonne. J’y vais régulièrement et cela me met en colère car c’est vraiment la cacophonie !! Graphie normée, graphie phonétique.
    Et puis le fonds anti-basque des Gascons bayonnais qui perdure, on n’écrit pas Baiona mais Bayoune, pour bien se différencier. C’est ridicule.
    Il faut être logique, soit on met tout en graphie phonétique, soit tout en graphie normée.
    Notre langue est triplement ridiculisée à Bayonne. Comment voulez-vous que nous, Gascons, ne passions pas pour autre chose que des rigolos et des Jean-Foutre.
    Sur les panneaux, vous avez parfois les deux systèmes orthographiques ! Et puis il y a la qualité de la langue, souvent du français traduit mot pour mot.
    C’est le cas des petits cartels en ville.
    Bref, on sent les tiraillements et les hésitations ; anti-basque, félibrige, occitanisme, langue normée, fidélité au dialecte bayonnais, le tout aggravé par une connaissance assez approximative du gascon.
    Mais ce problème est assez général en Gascogne, et notamment chez les occitanistes qui sont majoritairement ceux à qui on demande les traductions.

    Pour ce qui est du suffixe -èira < -ARIA(M), sa limite sud est Vielle-Saint-Girons et Castets. L’isoglosse du suffixe masculin -èir/-èr est bien plus au nord, entre Biscarrosse (-èir) et Parentis (-èr).
    J’ai consacré un paragraphe et une carte à ce phénomène dans mon DEA.
    Paragraphe 2-2-1-3-7-Le traitement des suffixes latins -ariu(m) et -aria(m), et la carte n°12.

    En ce qui concerne ce panneau. Pauvre gascon, pauvres de nous "SORITDA PEDANHERAS". Du grand n’importe quoi !!
    Mais dans un contexte de déliquescence de la langue, cela ne choque que nous ! Je pense très sincèrement qu’il vaut mieux rien du tout que cette monstruosité.
    Pieton/Pietoun pose problème parce que cela signifie aussi facteur.
    La traduction servile et littérale du français se traduit, pour qui connaît le gascon, par "Sortie piétaille". RIDICULE !
    On aurait pu avoir "Sortida pedanhs" ou bien, encore mieux, "Salhida (entaus) pedanhs".
    Pourquoi est-ce toujours aux mêmes incompétents, les occitanistes néo-locuteurs, qu’on demande des traductions ?

  • "Sortie piétaille"...
    Que m’èri dejà apercebut que son elitistas, aqueths occitanistas !-)

    Bon, je redeviens sérieux. Pour que cette signalisation bayonnaise en gascon (au passage, merci aux abertzales basques sans qui elle n’aurait jamais existé !) serve à quelque chose, il faut qu’elle soit au moins comprise par les quelques gasconophones locaux qui restent (dont 99% ne savent pas lire la graphie alibertine), et lisible à peu près correctement par la majeure partie de la population.
    Pour moi, cela implique le choix d’une graphie franco-phonétique negue bayonnaise.
    Une fois ce choix de principe effectué (mais les occitanistes seront déjà vent debout contre), il faudrait élaborer une micro-norme graphique la plus intelligente possible, pour qu’il y ait cohérence des différents panneaux.

  • Je ne sais même pas s’il y a intérêt à ce que les panneaux soient compris...
    Personne ne sait vraiment lire non plus les panneaux en basque. Mais putain, ça marque : j’étais avec un couple d’amis toulousains, première réflexion en entrant dans le parking "Ah, tout est écrit en basque à Bayonne".
    Le cocktail maisons blanchies à la chaux sur la Place Saint-Esprit, des x et des k en typographie basque sur les panneaux suffisent à marquer le lieu (et pourtant nous sommes à Saint-Esprit, incarnation de la Gascogne bas-aturine).
    C’est tellement simple commercialement parlant que l’on se demande pour quelle raison on a perdu le truc.

    Réponse de Gasconha.com :
    Mais si on fait à Bayonne des inscriptions en gascon incompréhensibles à la quasi-totalité de la population par leur graphie et leur formulation, elles seront prises pour du basque.
    Il faudrait jouer finement.
    Le gascon ne peut pas battre le basque sur le terrain de l’étrangeté.
    Mais des inscriptions bien choisies et bien étudiées en gascon pourraient plaire au public ethniquement gascon (encore bien 25% de la population bayonnaise, et beaucoup plus dans les générations d’âge mur), dans la mesure justement où elles feraient vibrer une corde intime.
    Le plein succès serait atteint si cette partie de la population devenait demandeuse de panneaux en gascon, qui lui seraient plus familiers que les panneaux en basque, tout en exprimant une identité locale que le français ne peut pas exprimer.
    Il n’est pas interdit, mais il faut le faire finement et sans haine, de jouer sur une compétition entre basque et gascon.
    Si nous n’arrivons pas à motiver la population ethniquement gasconne, nous n’arriverons à rien.

    Les visiteurs ou les nouveaux habitants, eux, n’y connaissent pas grand chose en général, et pour l’instant, c’est presque mission impossible de leur faire passer le message de la gasconitat de Bayonne.

    [Tederic M.]


  • Je suis pleinement d’accord cela dit sur la nécessité d’être compris de la population ethniquement gasconne de Bayonne, qui est aussi constituée des Gascons de passage (il suffit de regarder les plaques d’immatriculation dans la ville en période non-touristique, c’est une bonne moitié de 40).

    Dès lors, la seule solution passe par l’utilisation d’une graphie phonétique française qui rendra au mieux le gascon maritime.
    C’est assez triste d’un point de vue de l’ambition de la constitution d’un gascon normé et digne mais enfin, je ne vois pas d’autre solution.
    Donc oui, malheureusement, plutôt "Bayoune" que "Baiona".

    Mais tout cela exige que les militants locaux réfléchissent avant de profiter de l’effet d’aubaine du dynamisme basque.
    C’est un peu la même chose sur Toulouse, cela fait un demi-siècle que le mouvement occitan y a des revendications et le jour où on leur permet d’en satisfaire quelques unes, ils semblent pris au dépourvu !
    Du coup, ils pondent n’importe quoi comme les ignobles panneaux bilingues qui parsèment la ville ou encore la triste affaire du métro (la seconde mouture est d’ailleurs une catastrophe : accent totalement francisé !)

    Réponse de Gasconha.com :
    Quand je parle de "population bayonnaise", j’entends bien sûr la population de l’aire urbaine de Bayonne.
    Donc aussi les visiteurs fréquents qui habitent le sud des Landes, pour qui Bayonne est le chef-lieu.
    [Tederic M.]


  • Malheureusement, Bayonne n’est plus gasconne, c’est une réalité, où voyez vous un drapeau gascon, une référence au gascon à part sur les panneaux signalétiques.
    L’ouverture des fêtes faite en gascon est à 90% des cas dite par un béarnais, tres rarement par un gascon bayonnais.
    Le slogan de l’aviron bayonnais (fiers de nos couleurs) est traduit uniquement en basque. Les jeunes bayonnais se disent basques et rejettent le gascon.
    Cependant, j’ai peur d’une montée de l’espagnolisme, il n’y a qu’à voir à la fermeture des fêtes, l’animateur a lancé à deux reprises depuis le balcon de la ville, un terrifiant "viva baiona !"

  • Si le "viva" a été prononcé [biba]], le mot existe aussi en basque !

  • Oui, il l’a prononcé "biba", mais si il voulait utiliser le basque, ça aurait été plus judicieux d’uiliser "gora", non ?
    Car pour le coup, pour moi comme pour une immense majorité d’hestaires, ça a eu une resonnance castillanne, comme un "E viva España !"

  • Les deux mots sont autant utilisés pour dire "Vive" !

    "Biba" est peut-être plus employé en Iparralde car il subsiste dans l’expression très employée "Biba züek" [biba siek].

  • "Soritda pedanhèras" ???

    "Sorite piétailles" (Au féminin pluriel. Donc, ça s’adresse à la piétaille féminine).
    Nul en gascon et misogyne avec ça !!
    Mais qui a pondu ce chef d’oeuvre ?

  • Aux Usagers

    Nous en avons assez de vos souterrains qui puent l’essence au rabais. Vous nous dérangez sans cesse avec vos voitures fermées à clé et vous ne laissez sur place que des vestiges immangeables.
    Même tard le soir vous portez atteinte à notre liberté de circulation, quand ce ne sont pas vos phares qui violent notre intimité.
    Pour qui vous prenez-vous, vous qui êtes incapables de retrouver votre chemin sans qu’on vous le montre ?
    Et quand vous laissez des miettes, c’est du mauvais produit labellisé sous plastique, qu’encore hier mes dix-huit derniers petits ont failli s’étouffer.
    Quant aux vieux papiers, rien à se mettre sous la dent, sinon de temps en temps quelques exemplaires de revues occitanes dépareillées et un numéro incomplet des Réclams, ou un prospectus en basque (dur à digérer).
    Où est le temps où vos caves, les vraies, regorgeaient de sacs de grains et de bocaux, où vos jambons s’accrochaient au plafond, et où on ne faisait pas d’études qui ne servent à rien ?
    Affameurs, assassins, mal- lettrés et quasi-impotents ! Mais ça ne durera pas toujours, macarille, ah non !
    On vous les grignotera vos panneaux, on vous les crèvera vos peuneux, trop c’est trop !
    Tx, tx, tx, grr, grr, grr !

    Arratoi Minjagats, Premier Jurat des Rats de Bayonne, ancien curateur des souterrains de Saint-Sever.




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