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La Parabole du fils prodigue pour la quasi totalité du Pays de Born

mercredi 2 mars 2016, par Halip Lartiga

Voici les versions de la Parabole du fils prodigue pour la quasi totalité du Pays de Born, de Sanguinet à Saint-Julien-en-Born. Leur étude précise est une excellente source de renseignements sur le gascon parlé à une époque où le français commençait à peine à se répandre dans la population. Du Nord au Sud, on voit la progression de l’influence girondine, celle d’un gascon plus francisé, qui arrive déjà, à l’époque, jusqu’à Mimizan. On observe aussi les prémices de la disparition des véritables prétérits, par exemple, au profit des formes francisées venues de la Gironde, du Pays de Buch plus précisément (que hit et que bit pour que hadou(t) et que bedou(t) par exemple. On voit, en presque en direct, le processus de dégasconnisation et de corruption de la langue.

J’ai étudié en détail les presque 60 versions de cette parabole, depuis le Pays de Buch et la Lande girondine jusqu’au Marensin et au Pays morcenais. Mais l’étude pour le seul pays de Born est très parlante puisque notre contrée occupe un espace Nord-Sud tout a fait signifiant quant aux évolutions récentes de notre dialecte landais. En faisant ce travail, on a la confirmation qu’il existait, jusqu’au début du XXème siècle, un gascon très canonique et que cette langue a connu une francisation inexorable à partir de la fin du XIXème siècle. J’ai pu établir ce diagnostic grâce à un travail minutieux sur cette Parabole, sur la langue de Félix Arnaudin, sur l’ALG et aussi grâce à mon enquête personnelle de 1990-1992 qui concerne les derniers locuteurs à peu près compétents.

L’utilité d’un tel travail est de pouvoir élaborer un standard dialectal pour le Born, et plus largement pour le parler noir (et occidental), qui ne soit pas une trahison de nos parlers vernaculaires et qui évite aussi le piège de l’ultra dialectalisation. Vous constaterez en lisant ces 11 versions que vouloir absolument conserver intact le parler de chaque commune est un obstacle majeur à la transmission de la langue, à sa très éventuelle pérennisation, du fait de l’infinie variété des formes. Je suis en cela en accord total avec Danièl. Aucune langue ne peut être enseignée en respectant une telle variété quasi "idiolectale". Donc, une bonne connaissance et une bonne étude de toutes ces variantes permet l’établissement d’un standard dialectal bien plus fin que celui des normalisateurs occitans, lesquels n’ont généralement aucune connaissance de toutes les subtilités gasconnes, quand ils ont d’ailleurs une connaissance du gascon.

C’est l’esprit qui m’a animé quand j’ai donné ma version standardisée de la parabole, restituant les formes les plus archaïques de ma zone dialectale (elles est en ligne sur le site). Je pense en effet que nous devons restaurer, chaque fois que nous le pouvons, les formes propres au génie gascon du lieu, quand elles sont par chance documentée comme c’est le cas pour la majeure partie des dialectes gascons. S’aligner constamment sur la forme la plus corrompue et francisée, en arguant que c’est comme ça que les vieux disent, est une grave erreur. Les vieux d’aujourd’hui sont nés à la fin des années 20 et dans les années 30, à une époque où le gascon était déjà très altéré. Notre base de travail doit être le gascon parlé par la dernière génération compétente, c’est à dire celle née avant la première guerre mondiale et, encore mieux, celle née avant l’école de Jules Ferry. Ce n’est pas si lointain que ça et ne me semble pas aberrant. Moins aberrant en tout cas que de promouvoir un gascon totalement dénaturé au prétexte que c’est celui que parlent les vieux.

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La Parabole du fils prodigue - Uza
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La Parabole du fils prodigue - Sanguinet
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La Parabole du fils prodigue - Saint Paul en Born
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La Parabole du fils prodigue - Saint Julien en Born
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La Parabole du fils prodigue - Sainte Eulalie en Born
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La Parabole du fils prodigue - Pontenx
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La Parabole du fils prodigue - Parentis
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La Parabole du fils prodigue - Mimizan
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La Parabole du fils prodigue - Mezos
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La Parabole du fils prodigue - Biscarrosse
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La Parabole du fils prodigue - Aureilhan


Grans de sau

  • Un grand merci, Halip, pour toutes ces versions de la Parabole du fils prodigue concernant le Pays de Born, et à Tederic aussi pour les avoir éditées afin de nous en faire profiter.

    On peut en effet, y observer les prémices de la francisation de la langue en général, des prétérits en particuliers. Cette francisation, galopante sur les rives de la Garonne, n’était pas un phénomène uniforme. Cela dépendait du parler local mais aussi et surtout de l’idiolecte de telle ou telle personne selon la génération et la mode de l’époque. Bien que sévèrement francisé, le "patois" (comme on disait alors) de la région marmandaise possédait cependant des mots bien gascons qui avaient disparu de régions pourtant moins touchées par ce phénomène de francisation. Par exemple on disait lo cièl, la fama, mais aussi lo capèth, lo vaishèth (vaixèth) alors qu’en Béarn les mots courants étaient respectivement lo shapèu (xapèu) et lo batèu. Ma grand-mère maternelle (qui aurait maintenant dans les 120 ans), autant que je me souvienne, employait les prétérits digoi, digot, hasoi, hasot, vesoi, vesot, alors que d’autres utilisaient les formes francisées diri, dit, hiri / firi, hit / fit, viri, vit. Elle disait aussi lo hen alors que sa soeur, ma tante Marie, disait lo fen. Chacune d’elle était persuadée que l’autre estropiait le "patois"...

    Halip, je suis tout à fait d’accord avec toi. S’aligner systématiquement de nos jours sur la langue ultra-francisée des derniers vieux locuteurs serait une grave erreur. Si l’on vivait dans un monde idéal on devrait pouvoir élaborer des standards dialectaux en même temps qu’un standard supra-dialectal, scripta d’abord, koinè ensuite. Je pense que c’est ce que tu es en train de faire avec la Parabole en gascon occidental normé que j’approuve sans réserves, hormis quelques points de détail comme dond (particularisme landais ?) à la place de qui (plus général peut-être). Pourquoi utilises-tu pour la diphtongue [wa] le digraphe oa comme dans goastar et goardar, sauf avec quand et quant où tu conserves le digraphe ua, alors que pour la diphtongue [we] tu n’utilises que le digraphe ue comme dans bueu, ueu, nueit, huec, huelha ? Pour des raisons seulement esthétiques ? Pourquoi ne pas uniformiser tout en oa et oe ou alors se contenter de garder les digraphes ua et ue de la graphie "alibertine" ? J’aimerais avoir ton avis éclairé sur ces questions qui pourraient paraître seulement de détail mais qui, selon moi, seraient utiles afin d’avoir enfin sinon une orthographe, du moins une graphie relativement satisfaisante pour un gascon normé tout à fait digne de ce nom.

    Merci pour ton temps et tes lumières.
    Daniel Séré

  • Genhèc...
    Mercès Halip. Que’t volí domandar justament de me les enviar ua per ua mes ne gausèvi pas tròp t’emm...dar. Atau, qu’es perfèit.

    Mercès preu rasonament, qu’es hòrt interessènt. Belèu, jo a bèths còps, qu’èi un chic tròp nas dehen...

  • Bravò e mercí, Halip !

    Per rebombir sus çò que ditz Danièl : fau pas confónder la francisacion impausada per l’utilisacion deu francés coma lenga oficiala (cièl, fama) e l’influéncia non-gascona que s’aplica aus dialèctes periferics coma lo garonés (lo fen mès tabé jau, boirar...) Dens lo prumèir cas, pensi que, shens estats d’anma, pòdem remplaçar los mòts per de mòts pus gascons coneishuts a proximitat (cèu, hemna) ; dens lo segond cas, seré desnaturar los paraulís de les marjas de Gasconha, dont lo charme vèn deu barrei entre fòrmas fòrt gasconas e fòrmas exterioras...

    Danièl, semblas geinat per dond, mès ’quò’s justament un de ’queths particularismes interessants a gardar. Senon, tant vadré remplaçar dau, faler, boirar, pauc, vai, búver per deu, caler, barrejar, chic, va, béver, e mème tant qu’i som pomèir, una, montar, limac, riu, qu’hasut per pomèr, ua, pujar, escargòli, arriu, que hasó e finalament nos retrobarém pertot demb l’estandard a basa de sud-gascon, pas mèi de parlar negue, pas mèi de ’’-ey’’ girondin, pas mèi de le tolzan...
    Bon, achí exagèri un pauc :)

    Sui d’acòrd per escríver : goastar, goardar, boeu, oeu, noeit, hoec, hoelha d’una part, e d’auta part qüand, qüant (pus elegant e pus aisit a reconéisher belèu que coand, coant).
    Autament dit :
    GOA vs GA
    COA vs CA (quòra s’i escai)
    QÜA vs QUA

  • Bonsoir à tous,

    Merci à Tederic d’avoir mis ce travail en ligne si rapidement.
    Comme Renaud, j’aime la dialectologie et le collectage, j’en ai beaucoup fait. J’aime entrer dans les subtilités dialectales, sous-dialectales, idiolectales. J’ai en ma possession environ 70 versions de la Parabole, dans un quadrilatère qui va d’Audenge à Captieux et de Lit-et-Mixe à Labrit. J’ai des notes manuscrites, des lexiques faits par des indigènes, des enregistrements et encore l’occasion de converser avec les derniers locuteurs à peu près fiables mais qui ont tous atteint et dépassé les 80 printemps. J’ai étudié tout ça minutieusement lors de mon enquête de terrain, en 1990-1992, puis encore lorsque j’ai fait mon DEA.
    Mes informateurs étaient nés entre 1894 et 1935 pour la plupart. Un premier groupe avant la Première Guerre mondiale et un autre groupe dans les années 20 et 30. J’ai aussi eu l’occasion de côtoyer, jusqu’aux années de mon adolescence, des gens nés dans les années 1880, avec lesquels j’ai pu parler et que j’ai entendu parler pendant des années.
    Avec les travaux d’Arnaudin, même si ce dernier ajoutait sa patte, et les volumes de l’ALG que je possède tous, j’ai un panorama assez complet de l’évolution entre 1880 et aujourd’hui.
    Je peux affirmer ici que la dernière génération de locuteurs vraiment compétents est celle de ceux qui étaient nés avant 1914, et encore plus, j’en suis certain sans en avoir connu aucun, ceux nés avant l’école de Jules Ferry.
    Le travail du dialectologue qui fait du collectage est aujourd’hui devenu un quasi travail d’entomologiste, qui épingle des papillons morts sur une plaque de liège. Il est utile et même indispensable mais s’il s’arrête là, juste avoir le plaisir (car c’est un plaisir) de dire : "Je connais 128 versions de la Parabole et je connais les 53 façons différentes de dire tel ou tel mot. Je suis capable de conjuguer les 12 prétérits etc...". Si c’est juste ça alors, c’est très bien mais dans un but de pérennisation de la langue c’est un peu vain.
    Cette science que j’ai de mon dialecte landais, je souhaite l’utiliser pour forger un standard dialectal qui ne trahira pas le parler vernaculaire. S’il y a, pour chaque zone dialectale, un fin connaisseur des parlers de ladite zone, alors chaque aire pourra se doter de son standard en évitant d’avoir une mosaïque ingérable de patois.
    Pour le moment la situation est extrêmement défavorable au gascon mais l’Histoire est longue et nous avons le devoir de laisser des outils derrière nous. C’est un peu mon obsession.
    Je sais que chaque dialecte, même les plus marginaux, a connu une époque, sans remonter au Moyen-Âge, où la langue était beaucoup plus proche du canon et le fait de restituer ces formes rapprocherait ces parlers périphériques de la zone centrale.
    Comme vous, je ne suis pas favorable à une normalisation à partir d’un pseudo béarnais, lequel béarnais n’a pas plus de légitimité, d’un point de vue purement linguistique, que d’autres parlers de la zone méridionale ou sud-occidentale. Ensuite, le gascon normalisé par les occitanistes, souvent béarnais ou vivant en Béarn, fait souvent montre de beaucoup d’ignorance quant au fonctionnement de la langue et à ses subtilités. Le degré de gasconnité est ainsi plus élevé à Mézos, Saint-Julien-en-Born ou Lit-et-Mixe que dans beaucoup d’endroits de la plaine paloise ou de la vallée d’Ossau.
    Normaliser selon les parlers garonnais périphériques, plus proches du languedocien, comme le font d’autres tenants de l’occitanisme est un autre choix, éminemment idéologique et politique. Mais que diraient-ils si, suivant la même logique, on normalisait l’occitan standard à partir des parlers mêlés du croissant ? C’est le même état d’esprit.
    Vous connaissez peut-être cet instituteur, Sylvain Lacoste (d’Onesse je crois), qui pensait qu’on devait toujours préférer la véritable forme gasconne à son ersatz francisé. Je suis de cet avis. Si, dans ma zone dialectale, j’ai le choix entre flor et eslor, entre xèira et cadeira, entre fruit et hruita, entre que hit et que hadou et bien je choisirai les formes les plus gasconnes, pourvu qu’elles soient documentées bien entendu et pas inventées, comme certains néologismes ridicules qu’on croise parfois dans la nov langue occitaniste.
    Daniel, j’ai choisi le relatif DOND car c’est, d’après les enquêteur de l’ALG, une forme archaïque (mais vivante et pas inventée). Cependant, je ne vois pas pourquoi elle serait exclusive, d’autant plus qu’elle est minoritaire, et pourquoi on n’utiliserait pas QUI ou QUE. Pour OE/UE, mon choix avait été inspiré par Jean Laffitte. UE étant la diphtongaison des O latins (folia - huelha, focus - huec) et OE étant issu du WA germanique. Mais ce genre de subtilité est assez inutile et je pense qu’on peut généraliser UE pour ne pas faire de l’étymologisme/pédantisme à outrance.

  • Adiu Gabí,

    No, confondi pas les causas. Troberàs belèu enquèra a Marmanda quauques rares vielhs que te dirànn "mordicus" (coma entendoi un còp) que fau díser fai caud quòra l’espression correnta èra i hèi calor. Ma tantina Maria, qu’èra veusa, avèva solide adoptat un pauc dau vocabulari de son òme qu’èra pas de Marmanda se me’n soveni bien. Soi afirmatiu, la mamé avèva rason de díser hen qu’èra la fòrma correnta a Marmanda, coma disèvann lo huc e pas lo fuc ni tapauc lo fèt. Me soveni d’una Marmandesa que disèva ’nèm zo far per díser vam au hèser. Ma mair disèva que parlèva "perigòrd". Per contra, jau, boirar, sinar... venèvann dau Lemosin vià lo Perigòrd mès hasèvann partida dau vocabulari marmandés dempui de luvas.
    No, dond me jaina pas briga, mès, me borri belèu, m’hèi l’impression que seré pus apropriat dens un estandard "lanusquet". Mès belèu que peguegi per inhorança.
    Adara me damandi se sès pas tu que serés a confónder un estandard a l’escala d’un dialècte damb un estandard suprà-dialectau. Solide que fau gardar dau, faler, boirar, pauc, vai, búver, mès sonque dens l’optica d’un estandard vasadés-garonés ! Adara, vodrí pas díser de conerias mès me sembla que l’estandard preconizat per Halip a l’escala dau gascon occidentau es basat sus un idiòma pus meridionau que septentrionau. Gita un petit còp d’ulh a sa Parabòla estandardizada. A jo aquò me desranja pas briga, coma aquò me desranja pas tapauc d’emplegar les fòrmas nòrd-gasconas e garonesas dens l’optica d’un estandard a l’escala de nòste dialècte garonés. Fau pas se borrar de nivèu, pensi. Mès tot aquò damòra fòrt teoric e pensi qu’un estandard gascon suprà-dialectau que transcenderé les variantas occidentalas e orientalas, poiré suportar una certèna soplessa sens tombar dens un goblí-bolgà de bric e de bròc.
    A part aquò, ’quò guidza ?

    • Òc, aquigèvi un pauc :) Solide, mon aupinion es exactament la que seguís :
      - dond per un estandard lanusquet, solide !
      - dau, etc., per un estandard vasadò-garonés.

      Per contra, çò que me gèina es la creacion d’un estandard gascon generau, perque i aurà totjorn una diferéncia entre gascon maritime, gascon orientau, gascon septentrionau, gascon pirenenc.

      Quala fòrma estandard ? Audèth o ausèth ? [b] o [w] ? faler, una, -èir aublidats ? Blat d’Espanha, milhòc o turguet ? (Òc, m’esbarrissi...)

      Los que trabalhan sus l’estandardisacion a granda escala, fenissen per s’espiugar, o mèi, se trabalhan solets, se tròban bèth-arremat de detractors dens los quate còrns deu país. Per contra, ad una escala pus rasonabla, pensi qu’arriban a s’enténder milhor.

      De tota faiçon, aujussin un estandard occitan, un estandard gascon o un estandard grand-landés, ’quò’s pas pr’autant que los junes s’interessaràn d’un còp au ’’patoés’’. Tant que la societat es çò qu’es, tant vau díser economicament mondialisada e metropolò-centrada (!), fadrà anar dens les grandas vilas, apréner l’anglés e pèrder sa cultura per trobar de trabalh e s’en sortir dens la via...

      Lavetz, a part los vielhs, los occitanistas e los quauques passionats de lur cultura locala, hè...

  • OA (pas OE) issu du WA germanique comme dans goardar, goaitar ou goarir.
    Et puis excusez les quelques coquilles, je ne relis pas.
    Au fait la célèbre carte, vous savez où elle en est ?

  • Bien sûr qu’on ne veut pas normaliser le gascon à partir du garonnais !

    Mais plutôt que de créer un seul gascon normalisé qui ferait des mécontents (si l’on se basait sur un seul dialecte du gascon) ou qui serait un gros fourre-bourre hors sol (si l’on mélangeait tous les dialectes en utilisant une morphologie des Pyrénées avec une conjugaison landaise, etc.)... pourquoi ne pas segmenter le gascon en grands dialectes qui, eux, seraient normalisés à leur échelle. Cela aurait une cohérence, culturellement parlant.

    On aurait donc :
    > le bordelais (qui comprendrait le Médoc ou encore le Pays de Buch, qui ont un riche corpus lexical)
    > le bazado-garonnais (dont je me charge volontiers)
    > le parlar negue (dont Halip est un fin spécialiste ; il serait intéressant d’en faire un jour un dictionnaire moderne et complet). Le gascon du Bas-Adour s’y rattache-t-il ?
    Après, je verrais peut-être :
    > le gascon du Marsan/Chalosse/Tursan/région de Roquefort... (-a prononcé [ə])
    > le gascon de l’Armagnac/Albret (-a prononcé [o], donc de type oriental)
    > le gascon toulousain
    > le béarnais (distinguer ouest et est ?)
    > le bigourdan, commingeois, aranais etc. (je ne sais pas ce que l’on peut regrouper dans tout ça)

  • Gaby, je suis parfaitement conscient qu’un standard à l’échelle de l’ensemble gascon est du domaine de la science-fiction mais je suis loin d’être certain que le regroupement en macro-dialectes de ce qui reste du gascon dans le but de les standardiser ait davantage de succès.
    Je suis certainement dans l’erreur mais je crois que des para-standards régionaux ne seront pas viables en l’absence d’un standard pan-gascon. On créerait autant de petites langues à l’avenir aussi incertain sinon davantage que celui d’une langue gasconne vraiment unitaire.
    Tout ça, c’est bien sympathique, mais garder les pieds sur terre est aussi un excellent exercice. Mais que ça ne nous empêche pas d’améliorer ce qui peut encore l’être, en défrancisant raisonnablement notre bazado-garonnais qui en aurait grand besoin, et en utilisant aussi dans un but de plus grande intercompréhension le gascon occidental préconisé par Philippe (Halip). Comme je l’ai déjà dit, ce serait déjà un très grand progrès.

  • Bon, ce fil de discussion galope très vite,plus vite que prévu et il remplace finalement le fil que je suggérais d’établir sur cette question de la normalisation qui revient au centre des discussions à partir de « qu’èi por a … » .
    J’avais en tête d’établir une liste des thèmes à recenser en vue d’un tel travail et je vois que certains sortent ici ou là dans les contributions des uns et des autres.Très bien,après tout.
    A ce stade,je voudrais surtout exprimer le point de vue de ceux qui –sans doute plus nombreux à l’avenir qu’aujourd’hui,si les choses ne tournent pas trop à la catastrophe-ne se reconnaissent ou si l’on préfère n’ont aucune raison de plonger dans tel ou tel parler(dialecte ) local (dans mon cas,par atavisme ancien ou insertion locale,au moins quatre seraient envisageables !)mais assez naturellement se forgent « leur » standard.Le gascon que je pratique ou m’efforce de pratiquer correspond bien à cette perspective en fait . Est-il un fourre-bourre ? Sans doute à certains aspects ou par moments,bien sûr mais je pense être sur une voie pas vraiment condamnable.
    Quelques idées forces , à la va-vite,me semblent s’imposer (et je suis très en accord avec ce qu’a écrit Halip ci-dessus ;du reste la voie d’une normalisation de 5 ou 6 dialectes qui convergeraient naturellement me semble tout à fait compatible avec cette démarche) :
    - adopter des formes anciennes reconnues (sans verser dans un archaisme à tous crins) comme dit ci-dessus) ;
    - privilégier les formes les plus gasconnes (pas nécessairement hyper ,cependant :pas d’obligation de remplacer tous les mots commençant par r par arr ,ni les articles lo e la par eth,era,certes uniquement gascons,etc…Cependant,hors quelques cas bien établis, le h initial est préférable au f,comme un des critères majeurs de différenciation gasconne etc…Dans le domaine syntaxique, cela revient à préférer « qu’ei pòr a » a « qu’ei pòr de » …
    - tenir compte du passé et de la centralité de certains parlers ( plaine de Pau,Chalosse,Armagnac noir) :le corpus de textes écrits dans les parlers de la plaine de Pau (les bigourdans Camelat et Palay l’avaient bien adopté)est assez important pour qu’on puisse leur conférer un statut ,en fait plus qu’en droit,de base générale(je n’irai pas jusqu’à utiliser le concept mistralien abusif de « droit de chef d’œuvre »…).Dans ce que je lis , le « béarnais »(mais existe-t-il ?) a mauvaise presse et je suis d’accord pour préférer des tournures syntaxiques du Marensin et pays voisins, probablement plus riches,nuancées et authentiquement gasconnes.Mais pourquoi des écrivains d’après-demain devraient-ils se passer de l’effet stylistique du fameux conditionnel du futur qu’on ne trouve que dans ces parlers béarnais ?
    - dans le cas des conjugaisons ,cas le plus délicat ,voire bloquant ,pour des néo-locuteurs,il me semble qu’il faille s’en tenir à une seule forme ,celle des conjugaisons courtes , plus gasconnes que les conjugasions armagnacaises et garonnaises,déjà proches des conjugaisons occitanes ,quitte à accepter des doublets (par exemple,terminaison de la troisième personne du singulier du passé en t ou c) ;
    - dans le cas du vocabulaire relatif à la nature,la flore,la faune et les métiers anciens, prendre les mots dans la zone qui les a vus naitre :le vocabulaire de la mer viendra forcément de la zone occidentale du parler noir ou plus souvent encore du parler du pays de Buch ;le vocabulaire des réalités pyrénéennes ,dans le parler béarnais ,bigourdan ou commingeois montagnards, le vocabulaire du vin,des différenres zones de culture,etc…
    - en tous cas,veiller à une certaine flexibilité,une certaine respiration,de la norme à adopter :comme dit ci-dessus,on peut vivre de façon indifférenciée avec 3 appellations du mais,bien attestées et d’usage assez large.maos on ne pourra pas garder des indéterminations et des glissements de sens à l’infini comme l’attestent de nombreux échanges sur tel ou tel mot ,qui le plus souvent sont tout à fait inconnu du néo-locuteur que je suis encore (tiens,à propos,que veut dire " quò guidza" ? ).Idem pour l’emploi des particules énonciatives très recommandées mais qui ne devraient pas être obligaoires ni systématiques,gardant là aussi une sorte de liberté stylistique.

  • Bonjour Gérard,

    Juste un petit mot pour vous dire que je lis avec intérêt chacune de vos contributions pleines de bon sens.

    Vous demandez ce que veut dire ’quò guidza. C’est l’aphérèse d’aquò guidza qui, si j’ai bien capté ce que m’a expliqué Gaby Balloux, natif de Verdelais, signifie à peu près "ça biche", "ça boume", "ça roule", "ça gaze"...
    A ce propos, permettez-moi de noter ci-dessous un paragraphe de l’une de vos interventions du mois de septembre dernier qui s’applique très bien à cette expression locale et que j’ai surligné à dessein.

    Autant il est intéressant de noter ces micro-appellations et possible de les employer dans un cercle très localement restreint, autant il serait préférable de les oublier dès lors qu’on vise à un emploi plus large en espérant être compris de plus de dix personnes.

    D’où la nécessité de passer à quelque chose qui ressemblerait le plus près possible à une norme, un standard, "dialectal" si l’on veut communiquer avec des gens de sa région, ou "supra-dialectal" dans une vision plus large de communication avec des gascophones de régions éloignées. Je crois que c’est ce que nous tentons tous de faire peu ou prou ici lorsque nous laissons le français de côté, et que nous devrions nous obliger à faire sinon systématiquement, du moins le plus souvent possible.
    Dans l’éventualité d’un gascon "de grande communication", je suis bien d’accord avec vous, le corpus des textes écrits dans l’idiome de la plaine du gave de Pau est suffisamment abondant pour s’en inspirer en tant que base, mais toutefois sans tomber forcément dans un simili-béarnais qui serait le pendant de l’occitan "référentiel" à base de languedocien central. En tous cas nous aurions grand tort de laisser de côté ce trésor littéraire écrit dans une langue riche, dénuée le plus souvent de francismes.

    Amistats.
    Daniel Séré

    • E òc, guidzar, un mot de Benauge (et d’ailleurs) dont le sens premier est ’’gicler, jaillir’’. Pour prendre cet exemple concret, pour se faire comprendre largement, on aurait pu remplacer ’quò guidza par ’quò vai, ce qui est toujours garonnais mais compréhensible en Béarn (j’espère), et tout le monde est satisfait.

      Autres exemples : jabrós remplacé par ganguèir, ambrada par segutida, se préner una baragana par se préner una nhòsca, etc.

  • Qu’es interessènt tot aquò mes... qu’èi por que singui energia goastada com plan pro de les òbras lançadas suu site aquest... S’es entà aver lo medís resultat que lo manifèste gascon, los peïs gascons, lo drapèu, qu’es a díser que damòri hens en los arquius, bon...
    Un site internet qu’es quauquarré de perissable, tot lo saber acussat pendènt qüant d’annadas (15 ans ?!) que pòt partir atau, en un vira codic.
    E dijà, qu’es un miragle lo site que singui encoèra viu, uei lo jorn.

    Que nes cau concret. Que sui ahucat per’queth subjèct mes s’es entà que damòri a l’embrion d’idea, n’i vau pas...

    Qu’escrivi depuish anadas ua gramatica en partintz de tota l’òbra de Félix Arnaudin. Totas les frasas exemplas, que les èi gahadas en dehen. E’m pensi que puirí aver acabat en 6 mes. Que puiré estar com ua basa entà un estandart nòrd landés, de bon servir entaus parlars deu sud, o gerondins, dab quauques adaptacions.
    Atau, que puirem aver ua basa clara entà bastir d’autas gramaticas, après.
    E aquiras gramaticas que puirén servir a hargar estandarts locaus.

    Que serí prèst a deishar lo fiquèr word de le mia gramatica entà los qui at vulhin, se’n pusquin servir adarron.

    De tota mòda, com at disè Halip, ne pòden pas bastir estandarts shèt de conéisher en pregondor los parlars locaus.
    Mes sonqu’entà destriar los dialèctes gascons, qu’es un vertadèr copa-cap...

    Quau son, entà vosatis, los dialèctes gascons e quau aira an ? Aquesta question qu’es hòrt de mau respóner... Percè que n’ia, forçadament, que’s sentiràn desoblidats.

  • Renaud, qu’as tocat aquiu un deus mens chepics.
    Sabi la fragilitat d’un sit web.
    Qu’am avançat dempuei que som quate administrators (avans, tot tenguèva a jo solet), mès qu’ac calerà enqüera consolidar.
    Que trabalhi entà que l’organizacion informatica deu sit e sia mei aisida a comprénguer, mei "estandard", mei simpla, entà que los qui’m seguiscan ne sian pas perduts.
    Per exemple, dempuèi gèr, las banèras que son vasudas articles. Acò n’es pas benlèu visible (qu’es miélher atau !), lo contengut "Banèras" que demora, mès i a ua simplificacion informatica.
    N’es pas enqüera ganhat... si hèm çò que cau, lo contengut deu sit, dejà enòrme, que poderà demorar accessible, e contunhar a se desvelopar, pendent quauquas decenias mei !
    Lo medià que poderà e deurà totun evoluar...

  • N’at hèm pas jamè, belèu le gènt ne’n son pas conscientas, mes que cau felicitar e laudar lo gran tribalh deu Tederic ! Ne sèi pas se v’imagínatz mes un forum qui passi los 10 ans qu’es dijà, çò que disí, un miragle.

    Com qué, les iniciativas personaus que seràn tostèm mè hòrtas que les deus poders publics, les bonas volentats totjamei mè pesantas que nada moneda publica...

  • Que védem plan dab les parabòlas dus gascons : un deu Bòrn e e l’aut deu "Maransin", un gascon mè "gascon".
    Percè, entà "hit" au lòc de "hado(t)", lo darrèr n’es pas utilizat que per Uzà, Sen Delian e Mesòs (parlars Maransinòts). Melèu qu’ua desgasconisacion, lo "hit" ne seré pas sonqu’un trèit dialectau que partàtjam dab le Gironda ?

    Que sui estonat per quauques causas :

    Dijà lo preterit deu 1er grop en "a" qui puja haut dinc a Sent Aulari (Ste Eulalie)
    E fòrmas deu 1er grop en "ou", com "travessot", "envión" a Mamisan e St Delian (St Julien).

  • Adiu Renaud,

    Il y a même trois variantes gasconnes en Pays de Born :

    Un gascon "noir" septentrional ou "girondin" à Sanguinet.
    Un gascon "noir" central ou "grand landais" à Biscarrosse, Parentis, Gastes, Sainte-Eulalie, Pontenx, Saint-Paul, Aureilhan et Mimizan.
    Un gascon "noir" méridional ou marensinois à Bias, Saint-Julien, Mézos, Uza et Lévignacq.

    Pour ce qui est des prétérits, leur aréologie et leur étude en diachronie fait clairement apparaître une progression Nord-Sud des formes septentrionales francisées de type girondin. Les vestiges des formes méridionales (Sainte-Eulalie et Saint-Paul surtout), mais aussi le vocalisme tonique en OU sont des jalons témoins.
    Il est aussi assez clair que la période 1850-1900 est le moment clef où ces changements se sont opérés. En effet, les enquêteurs de l’ALG notent la disparition du prétérit en Born du Sud et en Marensin 60 ans plus tard.
    Une petite anecdote. La version de la parabole de La Teste donne à voir quelques vestiges du vieux prétérit, mêlé aux formes francisées modernes.
    Je pense que cet exemple du prétérit est symptomatique de l’histoire de notre langue dont on peut suivre la corruption et l’agonie entre 1914 et aujourd’hui.
    Il est possible que la totalité de mon enquête de 1990-1992 soit numérisée. Je la mettrai alors à la disposition de Tederic afin qu’il la mette en ligne.

  • Ce qui m’interroge, ce sont quand-même des formes en "ou" pour le 1er groupe. Pourquoi par exemple : "que l’embioun" à Mimizan et St Julien ? Ce sont qd même des formes plutôt aberrantes, non ?

    On voit bien quand même que la langue n’a rien de fixe. Les instituteur peuvent écrire "hit" et plus loin "hadout", passer d’une forme à une autre. J’avais enregistré une femme de Mimizan, née à Pontenx, dont la mère était de Parentis à Poms et qui disait (et dit toujours) "hen" et pas "dens" pour dire "dans". Pourtant, toutes les paraboles ici-données ont "dens" ou "den". Il y a des différences qui peuvent être de l’ordre de l’individuel. La langue est et était en perpétuelle mutation et elle a toujours dû être un mic-mac de plusieurs dialectes et influences.

    Une anecdote : alors que j’enregistrais un homme à Illartein dans l’Ariège, j’ai remarqué au cours de la conversation qu’il disait "toutjamé" pour dire "toujours". A yant parcouru les Pyrénées en colelctage de la Bigorre à la fin du gascon en Ariège, tout le monde m’a toujours dit "toustém" pour "toujours". Et là, un homme, perdu au beau milieu des "toustém" dit "toutjamé" (forme plutôt propre à la Grande Lande et sud Gironde), n’ayant même pas conscience qu’il dit différemment des autres.
    Une autre : à Nistos, dans une même phrase, une femme me conjugue de 2 façons différentes le verbe "faire" : "que hèva eras arròdas pr’amor sa pair que hasiá eth charron". N’en a aucune conscience.
    A Capvern : un homme, comme tout ceux de cette zone, prononce tout les "b", "v", il me parle des vaches blondes en me disant "eras Vacas vlondas". Il me dit "que sòi anat tara vanca" (pour la "banque"). je lui dis, "comment dites-vous banque ". Réponse "vanca". Comment ? "vanca". "Vous pouvez me l’épeler ?". Il me répond "B A N Q...". Il dit "v" mais s’il faut l’écrire, il met "b"...

  • Tout ça pour dire, que des fois, il est très dur de trouver une logique...

  • Qu’est-ce qui te fait dire, Philippe, que les "hadout" des paraboles de St Paul et Ste Eulalie sont des vestiges d’une forme plus méridionales et non pas une "influence" ; c’est à dire que l’on ait pu dire les 2 parce que la forme "hadou(t)" n’était pas loin dans l’espace ?
    On voit que Arnaudin, qui était quand même assez pointilleux, voir obsessionnel avec les formes dites "authentiques" écrivait quasi systématiquement "hit". Et pourtant, son gascon écrit ne devait pas être exactement celui parlé à l’oral par ses contemporains car il devait le vouloir avant tout archaïque. On le voit dans ses "notes" qu’il devait écrire pour lui même et dans les contes, par exemple, qui étaient destinés à la publication. Dans les notes, il écrit "chéque", dans les contes "cade" ( chaque ). Il était donc très soucieux d’avoir une langue "pure", voire "archaïque" et écrivait quand même "hit". Ne serait-ce pas un indice que "hit" est une quand même une très vieille forme pour le Born/Gde Lande ?

  • Bonjour à tous,

    Ce que dit Renaud est justifié dans la situation actuelle. Tout ce travail semble vain ; manifeste (qui semble avoir fait pschitt !), carte des Pays Gascons (où en est-elle ?), standardisation (introuvable), collectage (à quoi ça sert en fait ?) etc...
    Cependant, encore une fois, cette réflexion n’est valable que pour notre temps et pour notre génération qui semble à peu près totalement hermétique à cette problématique de la Gascogne, du gascon et de leur avenir. Cependant, encore une fois, nous ne travaillons pas pour nous mais pour cette hypothétique génération, qui viendra peut-être un jour et qui aura l’envie et la volonté de récupérer l’identité ethnique et nationale.
    Comme, pour le temps présent, la messe semble dite, les amoureux que nous sommes doivent se contenter de pis-allers. L’un fait des cartes, l’autre des études toponymiques, le troisième du collectage auprès des petits vieux et notre maître à tous, le Grand Tederic, s’obstine à maintenir en vie un site fréquenté par une demi douzaine d’irréductibles rêveurs, à peu près toujours les mêmes. Bref, nous soignons notre frustration et notre impuissance comme nous pouvons. C’est douloureux pour nous, amoureux de notre pays, d’assister à cette agonie. Sans vouloir être emphatique, nous devons rester stoïques, lucides et ne pas gaspiller notre énergie à ferrailler avec des gens qui, de toute manière, ne changeront jamais d’avis, pour des raisons idéologiques ou plus bassement intéressées. Suivez mon regard.
    Les Gascons ont perdu depuis longtemps cette conscience ethnique et cette fierté qu’ont les Basques. Je dirais même que nous manquons cruellement d’intelligence politique et que nous n’avons, généralement, aucune vision d’ensemble à long terme. Ainsi, nous n’avons jamais réussi à nous entendre sur une langue commune, une espèce de pan gascon ou de supra gascon.
    Revenons à l’exemple des Basques. Ils ont mis au point cette langue commune qu’on appelle batua et qui a pratiquement gagné la bataille puisqu’il s’est imposé dans les médias, l’enseignement et l’administration. Les jeunes générations ne connaissent pratiquement que lui. C’est un standard très intelligent qui a pris comme bases les dialectes centraux (guipuscoan, navarrais, labourdin + navarro-labourdin classique). L’Euskalzaindia a travaillé sans relâche, contre vents et marées, pour doter les Basques d’un outil assurant la survie et même la pérennisation de l’idiome. En fait, les oppositions les plus virulentes, encore aujourd’hui, mais de manière de plus en plus résiduelle, sont venues des usagers des dialectes périphériques, Biscayens et Souletins, mais aussi de la frange la plus réactionnaire et conservatrice de la communauté basque, qui n’avait généralement rien fait pour transmettre la langue aux jeunes générations, bien au contraire (un peu l’équivalent de nos vieux béarnistes).
    Ainsi en Gascogne, une normalisation linguistique peut se concevoir pour les dialectes de la zone centrale, méridionale et sud-occidentale (en gros sud-Gironde, Landes, partie centrale et occidentale du Gers, sud-ouest Lot-et-Garonne, sud-ouest Haute-Garonne, ouest Ariège, Hautes-Pyrénes et partie gasconophone des Pyrénées-Atlantiques) mais pose problème pour ceux de la zone périphérique qui sont les plus érodés et éloignés des canons définis par l’ALG notamment (la frange garonnaise, depuis le Médoc jusqu’au Couserans, en passant par l’Agenais, le Tarn-et-Garonne et la Gascogne toulousaine). L’erreur de certains normalisateurs est de vouloir imposer un standard dialectal périphérique car plus pan occitan (idéologie occitaniste), et pour d’autres le "béarnais" (complexe de supériorité et condescendance), au nom d’une supposée tradition littéraire et encore plus supposée "pureté" linguistique (je rappelle ici que les zones de gasconité maximum ne sont pas en Béarn mais dans les Hautes-Pyrénes et que la plupart des points d’enquête landais, par exemple, ont une gasconité équivalente ou supérieure. De plus, l’Armagnac, la Lomagne et la Gascogne toulousaine ont une tradition littéraire au moins équivalente, sinon supérieure si l’on considère les auteurs du XVIIème siècle de la renaissance gasconne. Les littérateurs béarnais sont tout de même parfois un peu poussifs, pardonnez-moi. Avez-vous lu l’oeuvre romanesque de Palay ? Bon, ça n’est pas extraordinaire tout de même si on compare ça à Balzac, Maupassant ou Flaubert. On peut être un excellent lexicographe et un littérateur médiocre. Il n’y a pas véritablement de grands auteurs gascons, en langue gasconne (pardonnez-moi encore). Des auteurs de qualité certes, mais pas de véritables grands écrivains. Aucun n’a atteint le niveau d’une littérature véritablement universelle mais est resté à celui d’une création régionaliste souvent d’inégale qualité. Je mettrais à part Camelat, qui n’était pas béarnais soit dit en passant, et dont le "Béline" me semble de bonne facture. Et puis il y a Manciet, qui est vraisemblablement le seul pouvant prétendre à l’Universel. Doit-on faire pour autant de son "neugue" ultradialectal la base de la normalisation ? J’aimerais bien mais non, la normalisation doit se faire sur des bases plus objectives, plus scientifiques". Nous avons la chance d’avoir l’OUTIL pour ça, l’ALG, conçu de manière froidement scientifique, sans affect (ce dont nous souffrons tous ici) et sans parti pris idéologique.
    J’ai justement le volume VI sous les yeux, et les cartes 2518 à 2531 présentant les distances linguistiques, les frontières dialectales et le champ gradient de la gasconité. La carte 2526 définit 21 variantes dialectales pour le gascon.
    7 pour le gascon occidental :
    girondin septentrional = bourgeais, fronsadais, libournais et Entre-deux-Mers.
    girondin occidental et méridional = Médoc, nord du Buch, Graves et bordelais stricto sensu, bazadais et agenais sud-occidental.
    landais occidental = sud du Buch, landes girondines "neugues", ouest du département des Landes et Bas-Adour.
    landais oriental = Chalosse, Tursan, Marsan, Gabardan, frange extrême occidentale du Gers
    béarnais occidental
    Labastide-Clairence isolé.
    Labrit isolé
    6 pour le gascon orienal :
    gascon garonnais = Tarn-et-Garonne et gascon toulousain.
    armagnacais = pratiquement tout le Gers, sud agenais.
    nord agenais
    béarnais oriental
    nord bigourdan
    commingeois central
    8 pour la zone proprement pyrénéenne, gascon montagnard :
    sud bigourdan
    bigourdan central et Quatre Vallées
    sud commingeois
    luchonnais
    aranais
    couserannais
    Le Port, isolé
    fuxéen

    Voilà pour le détail scientifique établi par les linguistes de l’ALG. Mais est-il concevable de conserver 21 dialectes ? Je pense que non et qu’on peut parfaitement faire des regroupements cohérents qui ne laisseront que 5 grandes variantes sans que personne ne se sente trop lésé : gascon septentrional (en gros Girondin), gascon occidental (en gros béarno-landais. J’ai essayé une synthèse avec la Parabole et aussi avec le texte Gascons de la Diaspora ou la récupération de l’identité), gascon central (Béarn oriental, Armagnac, nord Bigorre, centre Comminges), gascon pyrénéen (sud Bigorre, centre Bigorre et 4 Vallées, sud Comminges, Luchonnais et Aran + fuxéen et Le Port) et gascon garonnais oriental (nord Agenais, Tarn-et-Garonne et Toulousain). Et encore, on pourrait très bien fusionner gascon central et gascon occidental sans que cela soit une monstruosité. Donc 4 grands dialectes donnant plus facilement accès à un supra gascon.
    Le fameux supra gascon, l’ introuvable supra gascon à base de gascon occidental, central et pyrénéen. Mais ne pas se priver de la richesse lexicale des autres dialectes, vigne dans le Médoc et le Bordelais, mer et pêche en Buch etc... C’est une gageure, je le sais bien, et aussi un gros travail. Mais nous ne sommes pas plus couillons que nos cousins germains Basques. Si ?
    Maintenant, il faut aussi trouver des référents compétents pour chacune des 5 zones.
    En attendant, affinez votre connaissance du gascon et apprenez à parler le basque, vous vous régalerez.

  • Je rebondis sur hadot/hit en faisant le raisonnement suivant, et Halip me dira s’il est erroné :

    Sans l’influence de Bordeaux, en théorie, on aurait eu hadut dans la partie ’’nega’’ de Gironde où le prétérit est en -ut, ainsi que dans tout le Bordelais en -d-.

    Or la forme hadut est cantonnée à quelques communes du sud de l’Entre-deux-Mers (région de Cadillac, Targon...) au contact de hasut. Hit s’étend même carrément vers le nord-est (Blasimon) jusqu’à entrer en contact avec fit (Sauveterre), et même vers le sud (Captieux !) et se retrouve de nouveau plus à l’est que hasut (à Marmande par exemple). On voit donc bien que cette forme a pour centre Bordeaux.

    Remarque 1 :
    Si hit avait été une forme logique en gascon (le verbe har étant souvent utilisé, on aurait pu avoir un raccourcissement des formes verbales par simplification), on le retrouverait partout... Et en plus, on aurait peut-être *hot/*hut ?

    Remarque 2 :
    Il serait intéressant de savoir ce qu’il en est de la forme fit, qui doit n’être que le prolongement de hit. Si celle-ci laisse la place, à l’est, au guyennais faguèt/fasquèt autour de Ste Foy la Grande et à Gours, jusqu’où va-t-elle dans la Double et le Landais ?

    Interrogation :
    Peut-on dire que hit/fit est une influence française ? Ou dérive-t-elle normalement de har ? Est-ce possible en gascon ? Qu’y a-t-il dans les textes médiévaux bordelais ?

  • Salut Renaud,

    Quand on étudie la langue en diachronie, on s’aperçoit que, pour notre zone dialectale, les innovations progressent invariablement du Nord vers le Sud. Ainsi, les "Que hadou(t)" septentrionaux sont des vestiges et les "Que hit" méridionaux des précurseurs. L’étude minutieuse du volume V de l’ALG consacré au verbe montre bien ce phénomène, qui ne varie pratiquement jamais, d’une dégasconisation/francisation Nord-Sud pour nous, landais.
    Quant à Arnaudin, son dialecte de référence est ce qu’il appelle le Grand-Landais, lequel Grand-Landais est grosso modo circonscrit à l’intérieur d’un quadrilatère Sanguinet-Pissos-Labouheyre-Mimizan. Il considère les parlers de Salles, Belin, Sore, Luxey et encore plus Commensacq, Sabres, Luglon, Morcenx, Mézos ou Saint-Julien comme assez différents. De plus, dans sa période d’activité, qui va en gros de 1870 à 1920, les formes francisées ont quasiment gagné la partie dans la zone qu’il prospecte le plus et il choisit donc ces formes qui sont déjà devenues majoritaires.
    La preuve ultime de ce mouvement de dégasconisation Nord-Sud est la disparition totale des prétérits dans les points d’enquête de la frange côtière étudiés par les enquêteurs de l’ALG (Sud du Born, Marensin, Maremne) alors que seules les formes francisées sont encore observables au Nord (Born et Grande-Lande), même aux endroits où la Parabole donnait des traces des vieux prétérits (Sainte-Eulalie, Pontenx, Escource, Aureilhan, Lue, Commensacq). A Labouheyre, en 1894, il n’y a que les formes francisées et il a tout de même pris pour base son parler bouheyrot.
    Si on considère que la disparition totale des prétérits du Sud s’est opérée en une demi siècle (1894-1950), on peut raisonablement penser que, à l’époque d’Arnaudin, le phénomène "Que bedou(t)>"Que bit", "Que hadou(t)>"Que hit", était en activité depuis une trentaine ou une quarantaine d’années et en voie d’achèvement. Observe bien la confusion qui règne dans toutes ces communes méridionales où on perçoit bien que les locuteurs sont en train de perdre les formes anciennes et mélangent allègrement les désinences (verbes en AR conjugués comme des verbes en ER. Périphrases pour exprimer le prétérit, "hicouren" pour "hiquèn" à Saint-Julien etc...
    Une anecdote. Alors que je faisais mon enquête, mes trois informateurs biscarrossais ont utilisé "Que caou" et pas "Que faou". Pour deux d’entre eux, leurs épouses, présentes, les ont immédiatement corrigé en disant : "Non, ça c’est les Parentis qui disent comme ça". Et ils sont repassés à faler. J’ai compris ce jour là comment les innovations finissaient par s’imposer. On voit très bien le processus de francisation avec ce fameux verbe falloir. La forme gasconne "Que carra", la forme intermédiaire "Que farra", qui conserve la conjugaison malgré le début de francisation et la forme girondine encore plus francisée ’fadra", prémisse de la francisation totale, "faoudra" puis "il fa(o)udra". J’ai même une locutrice de 80 ans qui emploie sporadiquement , encore aujourd’hui, les formes "que hadout" alors que tous les autres disent uniquement " que hit".

  • Pour comparaison, on a ds le Comminges et Couserans, "heri, heres, hec, herem, heretz, heren". Ce sont aussi des formes courtes

  • Salut Gaby,

    Ton raisonnement est juste, c’est exactement comme ça que ça s’est passé. HAR ne peut théoriquement pas se transformer en HIT car cette mutation vocalique est totalement inacoutumée en gascon, surtout en position tonique. A>I est impossible, ces deux phonèmes sont trop éloignés l’un de l’autre. Donc, HIT est bel et bien une francisation de la langue, vraisemblablement ancienne (fin 17ème, 18ème ?). Les formes bordelaises médiévales sont gasconnes.
    Tu as raison, la forme qu’on aurait dû avoir par chez toi c’est hadut, bedut etc... Comme on a dichut, metut etc... Donc, si tu restitues "Haduri, hadures, hadut, hadúrem, hadúretz, hadúrenn", ce ne sera pas un crime de lèse dialecte ni une création ex nihilo. Une illustration de mon idée selon laquelle, en regasconnisant les dialectes périphériques, leur distance d’avec le centre se réduit considérablement et rend moins problématique l’avènement d’une norme supra gasconne. Ensuite, si pour des raisons X ou Y on refuse catégoriquement de restituer les vieilles formes attestées pour s’arcbouter sur les formes actuelles, fruits tout de même de la francisation et de la corruption de notre langue, alors toute normalisation devient extrêmement problématique.

    • Tè, junhi justament la carta de les traduccions de ’’il fit’’ per la Gironda. En roge, la termièra fòrmas cortas / fòrmas longas.

      Quauquarrés d’interessent aparei (enfin, cresi...) : vésem que Cadilhac e Lengon-campanha disèvan hit ont aurem atendut respectivament hasut e hasot. (E Lengon-vila disèva hasut) Belèu que vèn deu fèit que son de vilas, donc de lòcs ont se barrejan les populacions ? Per contra, a la Rèula, hasut.

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  • Que sui contènt d’aver aqueth messatge deu HAlip sus l’ALG n°6. Lo classament qu’es hòrt interessènt. Que vorrí l’aver aquest... Snif...
    Que’m pensi çò de mau har que seré de hargar UN gascon dialectau, les basas, le gramatica, le logica, lo sistème qué... Après lo permèr, los auts que puirén aver un modèle e seguir les tralhas.
    De bon díser !
    Autament, qu’èi ua solucion entaus parlars de les termièras gascons, los mensh gascons, suprimim los, hocham un trauc e botam los dehen, bè ! Nes hèn cagar a fòrça aquiths ! (peguegi, hé !)

  • Au mensh, çò de solide, qu’èi tot los documents oraus entà le zòna 8.
    E a hinda handa !

  • Plan. Que m’as convinçut ! Sustot dab le demonstracion logica de le pèrta deu preterit en l’ALG. B’ès donc tu hinhènt !
    Donc, ces "envioun", seraient tout simplement des erreurs, ou plutôt des confusions. Comme quand, je ne sais plus dans quel village, et je crois que cela arrive 2 fois, ils emploient "que dishouren" à la place de "que dishèren" pour le verbe "deishar/dishar", confondu avec la conjugaison de "díser" au préterit.
    Après, je n’aurais jamais pensé que les preterit en "a" du 1er groupe montaient aussi haut jusqu’à Mimizan. De toute façon, bien-sûr, je ne l’ai jamais entendu, vu que le preterit tout court a disparu...

    Et quelle est l’aire de ce preterit en "a". Je sais que Palay l’utilisait. Va-t-il du Béarn oriental jusqu’au Born en passant par la Chalosse.
    Et ne serait-il pas aussi une forme influencée par le français (verbes du 1er groupe) ?

  • Pour conclure avant d’éteindre mon ordinateur et reprendre une vie sociale de weekend. L’extrême variabilité de notre langue à l’état naturel, c’est à dire dialectalisée comme la nature le veut et l’exige (tout lecteur de l’ALG constate la complexité des cartes), est aggravée par son état de décomposition où règne la confusion. Cette confusion, déjà observable en 1894, n’a fait que s’aggraver sous les coups de boutoir de la francisation galopante.
    Nous, ici, avons une connaissance suffisante de notre langue et une vision un peu englobante de ce qu’elle est. Le défi est donc de surmonter nos réflexes ataviques, affectifs, ceux qui nous attachent inexorablement à nos micro dialectes cantonaux. Je suis et reste persuadé qu’un travail de standardisation éclairé, pour 4 ou 5 grandes variantes, est parfaitement possible si chacun y met un peu du sien. Ces 4 ou 5 grands standards dialectaux rendent possible la conception d’une norme pan gasconne acceptable par tous. En tout cas, le simili béarnais de pacotille ou le gascon light marginal qu’on nous propose à l’heure actuelle ne sont pas à la hauteur de l’enjeu car ils n’ont pas été pensés de manière rationnelle et ne font l’objet d’aucun consensus en dehors du cercle restreint de leurs promoteurs-concepteurs. Le premier est l’enfant d’un dogme et le second celui de présupposés qui n’ont aucune légitimité. Toutes les langues dominantes, les langues impériales, ont forgé un standard qui leur a permis de s’unifier et de dominer toutes celles, vernaculaires et dialectales, qui n’ont jamais su, pu ou voulu le faire.

  • Adixatz

    Que tribàlhi despuix vint ans, quoan me vague lou tems, sus û dicciounàri deu biarnés literàri de Gasconha. Coum at ditz Philippe Lartigue que-m soènhi la mie frustracioû coum pouix.

    La questioû b/v que-m brembe textes administratius oun se ved v pertout e pas û b : à cadû de-us prounouncia coum voulhe, e au revès que y pot avé b pertout, ne vòu pas dìse que touts e-s prounouncien b.

    Ta ço qui ey d’û gran autou gascoû, ta you que y a Camelat vertat (Beline, Mourte e vive, Vite-vitante), e sustout Garros : las Eglogas que soun ta you û cap d’obre de la literature universau, deu medix nivèu qu’û Rabelais, û Moliere ou encoère Don Quixote.
    Coum at escribou Andrèu Pic, malurousamentz n’avèm pas avut en Gasconha de Mecene. L’obre de Garros ne prengou pas l’endoum qui avore debut préne. E que demoure encounegude...
    Que cau lége e tourna lége l’edicioû establide per Jean Penent, Letras d’Oc, 2012. Que-v y gaudiretz dab lou tèxte ouriginau dab la soue grafie ouriginau. E tout que y ey : ue grafie gascoune, ue lengue literàri gascoune.
    E qu’avetz tabé lous psaumes arrevirats per Garros. Oeratz ço qui escribè Pic (Reclams 1936 p.18) : "La lengue deus psaumes, mieyère enter lou biarnés classic e l’armagnaqués de bach, que demoure, oey lou die, coum l’ideau que deberém persegui se boulem hica de pès ue renachence qui balhe per toute l’Aquitàni qui ey, dab lous sous quoate païs, ue nacioû." (las italiques que soun de Pic)

    Ne cerquetz pas û batua, que l’avem. Pic, Camelat, Lalanne... qu’avoun l’ambicioû d’aquère lengue literàri tau loù tems, e lou nouste. Que s’arrimèn suu biarnés, vertat, mes ço qu’ey lou biarnés ?
    E la resulte b’ey ue lengue literàri gascoune. Permou d’aquo qu’apèri lou mé dicciounàri biarnés literàri de Gasconha. N’ey pas terrible coum noum, mes ne cau pas troumpa lou mounde : que s’ageix d’ue lengue literàri emparade suu biarnés (ou si preferatz suus parlas de Biarn, Bigorre e Chalosse) e pas suu parla "neugue", e referençade a grans autous coum Garros.

  • Je découvre à l’instant cet immense travail de mon ami Halip, dont j’apprécie depuis longtemps la vaillance, le sérieux et la sûreté de jugement.

    Les nombreux et abondants commentaires en sont dignes, et je vais réunir tout cela en un seul fichier .doc que j’espère avoir le temps d’étudier dans un avenir proche, trop coentat adare tad at ha sou pic.

    Je me prononce néanmoins de suite sur [wa] et [we] : historiquement, c’est oa et oe, « quand » s’écrivait quoan, « quel », quoau et Séguy et Ravier, firent de même, comme je l’ai montré dans ma thèse :

    Séguy est cité d’après l’ALG IV qu’il a écrit de sa main ; Ravier, d’après les Poèmes chantés des Pyrénées gasconnes (Ravier et Séguy, 1959-60 et 1978, cité R.I) et un article de Via Domitia sur “Le poète chansonnier Marcellin Castéran et son poème Mayourau de Nistos” (cité R.II).

    • pour noter /we/, oe remplace toujours le ue du document I.E.O. L’application… de 1952 ; ainsi en ALG IV : voeitada (1145), hoec (1292) et oelh (1309) au lieu de vueitada, huec, uelh[…]. Même choix chez Ravier : voèita, encoèra, soenhar (R.I, 74, 96, 122) ; hoec, coeisha, voeida, coélher (R.II, 125, 129, 130) etc. ; mais possessif sué [sɥe] (R.I, 25), sues [sɥes] (R.II, 135). Et aussi chez J.-C. Dinguirard dans Le nom de maison en Haute Gascogne (Via Domitia XI, mai 1965, pp. 47-78) : Goelhaga (p. 70). Mais Allières écrit cuèit (1751).

    • de même oa note /wa/, même après g ou qu, contre l’usage occitaniste en gua, güe ou qüa, mais selon la très vieille tradition de la langue : quoau (R.I, 80), voire qoan (R.I., 81), qoate (R.I, 46, 50, 55), comme chez Garros. Et encore J.-C. Dinguirard (ib.) : Goarrier (pp. 58, 61, 65, 70).

    Pour en savoir plus, ma thèse est téléchargeable :
    http://blog.parlergascon.com/archives/319
    ou
    http://www.museearudy.com/index.php?page=dossiers-en-ligne-suite

    Plân amistousemén a touts

  • Que’m regaudeixi de veder com la gent de gasconha.com e sab entamiar lo camin de cap a un gascon comun e normat – de comunicacion grana, çò ditz lo Daniel- . Vertat es que pensavi la maja part deus contributors estacats aus temas linguisitcs eran totaument opausats a d’aqueth caminament.E ‘m semba qu’am pres atau ua bona direccion e que las nòstas intuicions e’s junhen d’un biaix inesperat e quasi milagros !

    Tres remercas totun :
    1) Las nòstas fòrças e los nostes apèrs que son hòrt limitats e entamiar au menx 5 normalisacions (ua per lo gascon comun e las autas per los macrò-dialectes ) que serà mauaisit a maugrat qu’ua bona part de la materia sia dejà a man (diccionaris ancians,gramaticas,etc… mes en tot cas que calerà un esfòrç de sintesi :mantun diccionari o gramatica qu’eston aplegats per micrò-dialectes e pas per los 4 o 5 destriats per Halip) ;e que calerà cercar aliats per l’edicion e la difusion , que non hasqui pas « psxit » com ac ditz Halip .. .mes tabé assegura’s d’ua legitimitat de non pas discutir :quauques universitaris « reconeixuts »hens lo grop que’m semblan necessaris.
    2)que calerà tabé pensar a la recepcion d’aqueths 5 tipes de gascon e sustot deu gascon comun .Especiaument non pas oblidar que la mitat au menx de las fòrças linguisiticas qui n’ sobren (locutors e neò-locutors, ensenhaires,etc…) qu’es biarnèsa .La reaccion de Peyraube qu’es de las significativas .Un còp mes,non s’ageix pas de « dreit de cap d’òbra » puixque coma ac ditz Halip , sonque Camelat (a bèths còps) e Manciet , enter los modernes*, i puixquen pretender ;s’ageix de reservas de textes disponibles de qualitats inegaus .Descobressin los Biarnès un parlar tròp aluenhat deu lor,non jogeren pas dab nosautes ; que seré de dòu har e benlèu fatau per l’exercici ;E que cau tabé menxida’s de l’afectiu « negatiu » contre les Biarnes o lo Biarn , percebuts com benlèu un chic tròp dominaires .Un exemple :qu’èi lejut endacòm , se non m’engani pas,que lo diccionari de Per noste (2003 -2004) qu’era biarnès.Nani, qu’es lo Palay revirat ( e leugerament abreviat) e doncas un dicccionari pan-gascon.
    3)çò que ditz Peyraube(pas besonh d’inventar un « batua » gascon,que’n avem dejà un ) n’es pas tan faus :a voler hargar scientificament ua lenga de labòratòri que poderem oblidar basas qui existeixen dejà :las òbras de Camelat e Palay ( quauquarren qui chorla de la dotz biarnesa mes qui es un quacomet aute,dejà…) e tabé las magnificas arreviradas de l’Eric Chaplain qui aconselhi tots de legir e tornar legir :Lo can deus Baskerville e lo Darrer bròç » deu Claudi Bellòc (benlèu un chic localizat totun au punt de vista dialectau),se’ns limitam a las òbras en pròsa(se non ,que caleré mencionar Mòra e quauques autes ,dont lo lengatge e’m sembla hòrt pròixe d’un gascon comun).

    *La part que podem deixar aus « antics » com Peir de Garròs qu’es de discutir :non pas estremar çò qui puixquen aportar mas non pas cader hens l’iper-arcaisme …

    PS Merci a Daniel per lo son mot amistos ;per manca de wifi permanenta n’i èi pas podut responer suu pic mes que’ns acordam sus tot aquò .

  • @Gerard :

    Lo diccionari de Per Noste, òc, es lo Palay revirat, mès : 1) lo Palay èra dejà a basa de biarnés (se un mòt èra biarnés, Palay anèva pas ec precisar, au contrari d’un mòt d’alhurs) ; 2) dens lo Per Noste, los exemples son en biarnés, la morfologia deus mòts es en biarnés (terminasons en -èr, vèrbes pronominaus en -à’s, fòrma qu’ei, preterit en -è/-ó quòra les fòrmas en -èc/-oc, -èt/-ot aucupan una plaça grandissima en Gasconha...) ; 3) les entradas girondinas shes Palay, escusatz-me mès ’quò’s una brava gardolejada - mès ’quò’s normau -, perque se me trompi pas, son de felibres medoquins (Berthaud...) que li comuniquèren una lista de mòts... medievaus !!!!! E aqueths esturen représ dens lo Per Noste !!! Balhi totjorn per exemple lo pretendudament medoquin pogador, un mòt medievau per díser puch, putz. Apui dens lo Palay, per lo Vasadés, quasi res, a part lo bijarre eishonar se me sovèni bien.

    Un vrai diccionari pan-gascon poiré pas èster lo fèit que d’una equipa compausada equitablament de personas venent de totas parts de Gasconha.

    PS : n’èi pas trobat sus http://ercvox.free.fr/ la carta de l’ALG qu’ensenha la reparticion de -è/-èt/-èc, se quauqu’un sap ont es...

  • Bonjour à tous,

    Pour ceux qui n’ont pas l’ALG, voici la reproduction de la carte 2526 présentant les aires dialectales du gascon. Le "fuxéen", par moi dénommé ainsi, est en fait en dehors.
    La première donne les 20 aires, je les ai baptisées arbitrairement. La seconde est une proposition de regroupements qui me semble cohérente, j’ai aussi donné un nom à chacun des macro-dialecte (4 ou 5 selon qu’on rassemble ou pas 3a et 3b).
    Je les envoie à Tederic car je n’arrive pas à les mettre en ligne.
    Bonne journée

    JPEG - 1.1 Mo
    ALG, carte 2526 présentant les 20 aires dialectales du gascon
    Halip Lartiga
    JPEG - 992.9 ko
    ALG, carte 2526 présentant les aires dialectales du gascon, avec regroupement par Ph. Lartigue
    Halip Lartiga

    [Pensi que lo sistemi n’accepta pas los fichièrs zip ; qu’auré acceptat los jpg directament ; mès hiqui los fichièrs ací-dessùs.
    Tederic M ?]

  • Interessantas aquestas cartas, bravò. Vesi qu’as isolat, per exemple, lo dialècte de Labrit o de la Bastida Clarença, mès qu’amainas lo Medòc demb lo Vasadés. Òr son fòrt fòrt diferents. Seré judiciós, probable, de divisar la Gironda dens l’aut sens, e aurem :
    1) Bordalés
    2) Vasadò-garonés (Pujòus, Vasats, St Còrme, Capsiuts, Hoelhèrs, la Bastida, Blanhac, e belèu Montsegur), que, se volèvam cercar peus aus eus, englobaré un pauc la riba dreta de Garona, inclusent antau la region de St Macari, la Rèula, Marmanda.
    La rason d’aquò es que lo bordalés es de tipe maritime, e qu’a part la prononciacion nega i a de mòts e de conjugasons en comun, me sembla (per exemple : ’’didè’’ en Medòc).
    (Véser http://www.gasconha.com/spip.php?article1614 per la descripcion ; aurí tant aimat estudiar finament los dialèctes gascons d’Òlt e Garona, mès coma ec dishuri, l’enquèsta Bourciez estut recaptada au hons de les Arshivas)
    Après, les autas zònas, les coneishi pas, donc pòdi pas me prononçar.

    Enfin, una critica o puslèu una interrogacion sus la segonda carta :
    Perqué botas lo nòrd-agenés en gascon septentrionau, pusque lo vocalisme es de tipe orientau, me sembla ; de la mèma faiçon, perqué botas pas amassa 3b e 2, quaus son los trèits que los separan ?

    Senon, les cartas, e sustot la segonda que serà probable pus consensuala, son una crana basa per trabalhar a la normalisacion deus dialèctes gascons.

  • Pour terminer de bien expliquer comment ces cartes ont été conçues par Jean Séguy, à l’attention de tous ceux qui n’ont pas l’occasion de consulter l’ALG.
    Il s’agit d’une série de 14 cartes, 2518 à 2531, qui présentent les distances linguistiques et le gradient de la gasconité, celui-là même qui avait suscité des réactions quelque peu excessives il y a quelques années.
    Pour ce qui est des distances linguistiques Séguy a étudié :

    2518 = Phonétique diachronique (distance de Hamming)
    2519 = Phonologie (distance de Hamming)
    2520 = Morpho-syntaxe (distance de Hamming)
    2521 = Verbe (distance de Hamming)
    2522 = Lexique (distance de Hamming)
    2523 = Somme des 5 paramètres
    2524 = Distance linguistique en pourcentage. Séguy précise : "La somme des 5 paramètres (carte précédente 2524) donne des chiffres élevés, peu maniables et peu parlants. C’est pourquoi nous les avons ramenés à des pourcentages, selon la formule (S X 100) : 426 = d
    Où S = somme des 5 paramètres, 426 = nombre total des items des cinq matrices, et d = distance de Hamming. Dans les cartes suivantes, c’est cette valeur d qui sera prise comme distance linguistique entre les localités.
    2525 = frontières dialectales du gascon d’après les valeurs de la carte 2524. Sont distingués 4 niveaux : degré 0 = distance inférieure ou égale à 13 ; degré 1 = distance comprise entre 14 et 17 ; degré 2 = distance comprise entre 18 et 22 ; degré 3 = distance supérieure ou égale à 23 (distance qui isole 691O, c’est à dire Labastide-Clairence). Suivent des considérations techniques. Cette carte 2525 détermine une quarantaine de micro dialectes.

    2526 (celle des 20 dialectes moins 1 que j’ai reproduite) = Tracé des frontières. Ce sont des suites d’interpoints où domine le degré 2. La carte ne montre que le tracé de ces lignes (la feuille 2529 montre les 21 graphiques correspondant aux 21 frontières dialectales).

    2527 et 2528 = Montre les distances linguistiques entre certaines localités périphériques et celles entre le centre du domaine (Aire) et certaines localités périphériques. Par exemple une distance de 55 entre Gavarnie et Saint-André de Cubzac ou 47 entre Biscarrosse et Frouzins, ou encore 44 entre Aire et Saint-Vivien.

    2530 et 2531 = Champ gradient de la gasconité. La carte 2530 donne toute les explications concernant l’élaboration de ces deux cartes. Si un ou plusieurs d’entre vous le désirent, je vous donnerai le texte dans son intégralité.

    Ces 14 dernières cartes sont la synthèse des six volumes de l’ALG et revêtent donc une importance toute particulière. Toutes ces précisions pour bien vous faire comprendre que nous avons là un outil extrêmement fiable et dont la conception est redoutablement efficace. Ainsi, c’est une base de travail incontournable pour déterminer quels grands dialecte nous pouvons déterminer et aussi sur quelles bases OBJECTIVES nous pouvons bâtir, à un niveau supérieur, ce fameux standard gascon qui n’est introuvable que parce que, trop souvent, l’affect, les émotions, la subjectivité et, pardonnez-moi de le dire, la mauvaise volonté dominent. Or, pour mener ce travail à bien, il convient de toujours garder la tête froide et mettre de côté tous nos présupposés, nos complexes de supériorité ou d’infériorité, notre irrationalité tenant plus à nos ego respectifs qu’à la véritable réflexion posée et apaisée.

    J’espère que ce sera une bonne base de travail, à utiliser avec la carte de la gasconité, et en essayant de rester sur le terrain de l’objectivité scientifique. En fait, le problème ne se pose vraiment que pour les dialectes périphériques. Cependant, en choisissant pour eux les formes les plus conservatrices qui y sont attestées, sans rien inventer, on réduit d’autant la distance d’avec le centre du domaine.

  • Adiu Gaby,

    La première carte est une base de travail. La seconde est mienne et n’est pas gravée dans le marbre. Effectivement, le Nord-agenais (3) peut être rattaché à l’oriental (n°4) et le médocain peut être distingué du bazadais, la limite se trouvant entre Saucats et Pujols. Séguy en a décidé autrement. Je viens d’envoyer une longue explication à ce sujet.

  • Oubli...

    J’ai oublié de répondre à une de tes questions Gaby. Pour 3b et 2 séparés je suppose que les isoglosses majeures des traits distinctifs du gascon ont joué. Mais je ne sais pas le détail des critères qu’ont utilisés Jean Séguy et les autres linguistes de l’ALG, dont Xavier Ravier ou Jacques Allières.
    Je n’ai pas le volume annexe où se trouve le chapitre dialectométrie, ne l’ai jamais eu en main et, pour tout dire, jamais vu. Je n’ai que les volumes 1 à 6.

  • Uè, be de 1 a 6, qu’es dijà bien ! Jo que m’èi crompat le meitat (de 1 a 3) mes qu’èi por de ne pas jamè trobar l’auta... !
    Que pòden véder lo tribalh gigantàs de l’ALG. E tot aquò, qu’es damorat dinc adara, enter iniciats, b’es de dòu har.

    Com pensas Halip, que’s carré préner entà hargar un modèle de gascon normat per un deus 5 o 4 dialèctes ? Que carré ua gramatica, un diccionari, ua vita de tribalh ?! Joens en servici civic ?!

  • Adiu Gaby,
    Vertat qu’es lo Simin Palay que basti lo son diccionari d’ua basa biarnesa estant puixqu’aqueth bigordan aveva causit lo parlar biarnès de la plana de Pau com a basa deu gascon « literari » en bèth seguir l’exemple de l’aute bigordan qu ‘era Camelat.Doncas n’aveva pas indicat d’origina especiau (lo »B » de Biarn) per la maja part deus mots de soca biarnesa mentre que botaba ua indicacion d’origina aus mots gessits d’autas parçans : « Med » per lo Medòc, « L » per las Lanas,etc… Totun los mots extra-biarnès qu’abondan .
    Per curiosèr qu’èi cercat mots medoquins (« Med ») hens las permeras paginas deu diccionari hens l’edicion de 1974 qui es la de 1961, enriquida per un suplement de 1900 mots.N’èi pas a man la permera edicion,la de 1932/34.
    Qu’èi trobat(la lista n’ès probable pas exausitiva per aquera petita part deu diccionari) :
    Argaut ,m :flaque,trou boueux
    Ailanà,m : coudraie
    Aulane,f : noisette
    Aulaney,m : noisetier
    Aysetat,f : aise,plaisir
    Banastrayre,m : vannier
    Bantiu, adj : vantard
    Basteyre,m : mât
    Bertoc ,m : bouchon,bonse en bois
    Bertoucà : boucher avec un bertoc
    Beucut, adj : pointu,épineux
    Bichabet, de travers,de guingois
    Anà de bichabet :aller de travers
    Binous,adj :vineux
    Birounèle,f , tournoiement,vertige.
    Non m’a pas trigat d’anar mèi luenh avant …

    Qu’en pensas ? E son mots miejanciers o recentament atestats ?
    Per çò qui es de « pogador »,que lo Palay auré escrivut « pougadou »,non l’èi pas encontrat hens lo Palay.Arrèis qu’i es hens lo diccionari francès-gascon de per Noste(2004) - qui es doncas un chic mèi que lo Palay revirat,benlèu ( a part que l’aujin trobat hens l’edicion de 1932 ?) :d’on veneva aqueth mot (a l’entrada « puits » com a sinonim de putz) ? Pas deu quite Berthaud qui era mort bèth temps a , se non benlèu d’un diccionari apitat per felibres medoquins de las annadas 30,non sèi pas…
    En tot cas, e’m demandi se n’es pas tròp sevèr per lo diccionari de Palay .N’es pas perfecte com l’amuixèt Jan Laffitte quauques ans a ,per exemple mès non podem veder shonar"(eychounà " ?) hens lo p eth un « diccionari biarnès » tapauc .
    PS:n’èi pas trobat "eishonar"(eychounà",) hens lo palay tapauc.

  • Yo que l’éi encontrat hens lo Palay lo mot "pougadou" ;sm-puits (médoc).
    Dans le supplément à la deuxième édition

  • @Gerard

    Ailanà : cacografia, solide.
    Aulane, binous : mòts larjament gascons.
    Aulaney, banastrayre : girondins.
    Beucut : mòt medoquin/bordalés (cf toponime ’’la Beouqueyre’’)
    Argaut : cresi qu’es atestat dens l’ALG ; au mens, dargaut e jargaut son de mòts medoquins modèrnes.
    Bertoc/bertoucà : tròbam tabé bartoc/bartoucà.
    Birounèle : birounà es totjorn utilisat (’’virouner’’ entendut dens la boca d’una collèga de mon atge que damorèva a Floirac).
    Aysetat, bantiu, basteyre, bichabet : sabi pas, a crusar.

    Per pogador, èi retrobat la referéncia :
    Monestier (Jean) ― Florilège des poètes gascons du Médoc, Escole Jaufré Rudel, Bordeau, 1975. Suivi du Glossari gascon ancian dau Médoc, établi d’après les notes de Pierre-Louis Berthaud. (Arch. Mun. Bx, 7 A 106)

    Aqueste glossari ancian dau Medòc, qu’avèvi relevat i a quauquas annadas, vau còp sec n’en hèser un article sus gasconha.com, demb comentaris.

    Per eishonar, as gueitat a ’’echounà’’ puslèu que ’’eychounà’’ ?

    Cresi qu’am gueitat la mèma edicion, me sovèni que la ’’mia’’ èra de les annadas 1960. Après, belèu qu’èi un sovenir un pauc desformat deu Palay : èra au CDI deu licèu de Lengon, ’quò’s devèrs a 2007/2008 que relevèri los mòts girondins. Donc hèi bien pausa !

    @Renaud

    Belèu que peguègas quòra parlas de service civic, mès aquò nos hèi tornar a l’irèia de crear una associacion solida qu’haré rampèu a l’occitanisme. Demb tota la matièra qu’es amainada sus gasconha.com, i a bien de causas a hèser. E pensi que d’aderents, poiré n’i’n auger bèth-arremat.

  • En effet dans le supplément à la 2ème édition du Palay on trouve "echounà-eschounà" (Bazas) ;v.-essoucher,faire éclater des souches.V.D. echoucà

  • @ Renaud,

    Bien sûr que j’ai la solution. Il nous faut réunir une équipe d’environ 20 personnes, représentant chacune un des 20 dialectes gascons. Il faut que chacune d’entre elles ait une connaissance fine de son dialecte mais aussi une bonne connaissance du domaine gascon dans son ensemble ainsi que des grands auteurs gascons, du XVIIème au XXème, les meilleurs et les plus représentatifs, de Garros et Ader à Camelat et Manciet. Il faut qu’ils aient également une bonne connaissance de l’ALG et d’un échantillon représentatif de tous les travaux réalisés sur le gascon depuis les années 1870 (grammaticaux, lexicographiques etc... De Luchaire à Rohlfs et Allières en passant par Palay, Moureau, Arnaudin ou Lespy). Bref, une solide culture littéraire, scientifique et linguistique. Il faut que chacun d’entre eux soit politiquement neutre, ni occitaniste dogmatique, ni gasconiste acharné, ni béarniste rétrograde mais simplement soucieux d’élaborer les standards les plus proches du génie de chaque grande aire dialectale afin d’arriver à concevoir un standard gascon à la fois très gascon et acceptable par tous sans provoquer trop de drames de l’ego dans les cantons reculés qui verront qu’on n’a pas choisi LE mot ou LA tournure du coin qui était, bien entendu, le vrai mot du seul vrai patois qui vaille, le leur, celui de la commune voisine, à 5 kilomètres, étant déjà tout à fait autre chose et absolument illégitime. Il faut bien entendu que ces académiciens gascons soient prêts à travailler plusieurs heures par semaine et se rencontrent régulièrement pour mettre en commun leurs travaux, affiner la stratégie et se mettre d’accord sur les choix les plus opportuns pour la sauvegarde de la langue.

    C’est à peu près comme ça qu’ont procédé les Basques à partir de 1968, avec l’Euskaltzaindia, quand ils ont décidé de doter leurs dialectes (9 grandes variantes au total) d’un langue unifiée sur la base des dialectes les plus centraux et les plus usités, en faisant aussi appel au standard littéraire navarro-labourdin. Il faut dire que cette académie comptait des sacrés pointures du style Azkue, Krütwig, Urkixo, Lhande ou Campión. Un peu comme si notre académie gasconne était composée de Jean Séguy, Jacques Allières, Edouard Bourciez, Gerhard Rohlfs, Achille Luchaire, Simin Palay et Félix Arnaudin. Cinquante ans après, ils ont quasiment réussi malgré les violentes oppositions qu’ils ont eues à subir pendant ce demi siècle de la part de ceux qui ne voulaient pas entendre parler d’un standard, pour des raisons aussi diverses que variées mais très comparables aux résistances qu’on retrouve chez nous. Ils ont maintenu le cap et ont relevé ce défi. Aujourd’hui, ils ont un outil formidable qui s’est imposé à peu près partout et augmente grandement les chances de pérenniser leur langue, non pas comme langue de musée, curiosité d’entomologiste, mais outil vivant de communication normale, dans tous les domaines et à tous les âges de la vie.
    Voilà comment je vois le truc mais je suis réaliste et sais parfaitement qu’il y a très très loin de la coupe aux lèvres. On a perdu tellement de temps ! En gascon de par chez nous on pourrait dire, concernant tous ces beaux rêves : "Quand àginn gahat lo lop per le coda".

  • Et comme les connaisseurs du gascon sont souvent des occitanistes (Viaut, Latry, Escarpit, Rèi-Bethvéder, Gonzalès, Zabala, Narioo, sans compter les Béarnais et les Aranais que je ne connais pas), ça ne va pas être facile ! Mais nous avons la chance de garder Halip et Jean Laffitte.

  • Gaby,

    Nous avons absolument tous les outils nécessaires, y compris ceux qu’ont élaborés les gens que tu cites et qui sont de très bonne qualité. Être occitaniste ne signifie pas être incompétent en matière de gascon, loin de là. Le travail de Jean Lafitte, mené depuis au moins 25 ans, est également précieux. Je pense toujours que c’est lui qui a fait les propositions les plus convaincantes et bien pensées en terme de graphie normée. Je ne parle pas de l’actuelle mais de celle qu’il préconisait dans son Digam-Ligam. C’est celle que j’utilise encore aujourd’hui et que j’utiliserais si j’avais encore, un jour, à enseigner le gascon. Mais je ne suis plus que prof d’Histoire-géo et ne donne plus de classes en gascon depuis des années.
    Je pense qu’une équipe réduite est possible, 5 ou 6 personnes. En ce qui me concerne, j’ai une idée très claire de ce que devrait être un gascon occidental normé. Renaud et moi avons une bonne connaissance de notre dialecte "negue", qui n’est que de l’occidental, ou maritime, extrême. J’ai illustré ce "negue" et cet occidental normé dans mes version de la parabole et aussi l’occidental dans le long texte sur les Gascons de la diaspora. C’est celui de la zone 3a sur la carte que je vous ai livrée.
    Peyraube semble avoir travaillé sur une espèce de béarno-armagnacais qui correspondrait à ma zone 3b.
    Pour la zone 1, Gaby est absolument compétent (en affinant la distinction girondino-médocain et bazadais). Daniel pour l’Agenais.
    Pour la zone 4 Renaud est l’homme de la situation.
    Reste la zone 2 pour laquelle nous n’avons personne mais les travaux de Rèi-Bethvéder ou de Vincent Rivière sont d’excellente qualité.
    Et puis, comme je l’ai sous la main, nous avons sans cesse l’opportunité de nous référer à l’ALG pour les doutes et les questions plus pointues. Sans parler des textes de la parabole.
    Nous pouvons parfaitement travailler entre nous, ici, qui sommes relativement d’accord, sans avoir à faire appel à des gens, fort sympathiques au demeurant, mais qui introduiront inévitablement leurs présupposés idéologiques (voire dogmatiques) et aussi la polémique.
    Moi, ça, je le refuse catégoriquement et c’est la condition sine qua non de ma participation.
    Le but est, je le répète, de laisser des outils derrière nous (manifeste, drapeau, bannière, cartes linguistiques, historiques, fameuse carte des Pays, études historiques, toponymiques etc...) pour les générations future. Lesquels outils devront absolument être débarrassés de la touche idéologique occitaniste, mais aussi du nombrilisme béarniste façon IBG ou Biarn Toustém (la cohabitaion des deux étant impossible et mènerait assurément au pugilat perpétuel), afin que ceux qui viendront après nous et s’intéresseront au gascon aient une alternative et puissent prendre de la hauteur. Mais nous devons travailler seuls, sans mettre le loup dans la bergerie, ce qui conduirait inévitablement à ces conflits qui nous ont fait déjà perdre tellement de temps. Notre devise devra être : "Les chiens aboient et la caravane passe".
    Maintenant, étant donné le passif que nous avons accumulé en Gascogne, j’ai quelque doutes quant à la réussite d’une telle entreprise.
    Qui vivra verra.

  • Gaby,

    Nous avons absolument tous les outils nécessaires, y compris ceux qu’ont élaborés les gens que tu cites et qui sont de très bonne qualité. Être occitaniste ne signifie pas être incompétent en matière de gascon, loin de là. Le travail de Jean Lafitte, mené depuis au moins 25 ans, est également précieux. Je pense toujours que c’est lui qui a fait les propositions les plus convaincantes et bien pensées en terme de graphie normée. Je ne parle pas de l’actuelle mais de celle qu’il préconisait dans son Digam-Ligam. C’est celle que j’utilise encore aujourd’hui et que j’utiliserais si j’avais encore, un jour, à enseigner le gascon. Mais je ne suis plus que prof d’Histoire-géo et ne donne plus de classes en gascon depuis des années.
    Je pense qu’une équipe réduite est possible, 5 ou 6 personnes. En ce qui me concerne, j’ai une idée très claire de ce que devrait être un gascon occidental normé. Renaud et moi avons une bonne connaissance de notre dialecte "negue", qui n’est que de l’occidental, ou maritime, extrême. J’ai illustré ce "negue" et cet occidental normé dans mes version de la parabole et aussi l’occidental dans le long texte sur les Gascons de la diaspora. C’est celui de la zone 3a sur la carte que je vous ai livrée.
    Peyraube semble avoir travaillé sur une espèce de béarno-armagnacais qui correspondrait à ma zone 3b.
    Pour la zone 1, Gaby est absolument compétent (en affinant la distinction girondino-médocain et bazadais). Daniel pour l’Agenais.
    Pour la zone 4 Renaud est l’homme de la situation.
    Reste la zone 2 pour laquelle nous n’avons personne mais les travaux de Rèi-Bethvéder ou de Vincent Rivière sont d’excellente qualité.
    Et puis, comme je l’ai sous la main, nous avons sans cesse l’opportunité de nous référer à l’ALG pour les doutes et les questions plus pointues. Sans parler des textes de la parabole.
    Nous pouvons parfaitement travailler entre nous, ici, qui sommes relativement d’accord, sans avoir à faire appel à des gens, fort sympathiques au demeurant, mais qui introduiront inévitablement leurs présupposés idéologiques (voire dogmatiques) et aussi la polémique.
    Moi, ça, je le refuse catégoriquement et c’est la condition sine qua non de ma participation.
    Le but est, je le répète, de laisser des outils derrière nous (manifeste, drapeau, bannière, cartes linguistiques, historiques, fameuse carte des Pays, études historiques, toponymiques etc...) pour les générations future. Lesquels outils devront absolument être débarrassés de la touche idéologique occitaniste, mais aussi du nombrilisme béarniste façon IBG ou Biarn Toustém (la cohabitaion des deux étant impossible et mènerait assurément au pugilat perpétuel), afin que ceux qui viendront après nous et s’intéresseront au gascon aient une alternative et puissent prendre de la hauteur. Mais nous devons travailler seuls, sans mettre le loup dans la bergerie, ce qui conduirait inévitablement à ces conflits qui nous ont fait déjà perdre tellement de temps. Notre devise devra être : "Les chiens aboient et la caravane passe".
    Maintenant, étant donné le passif que nous avons accumulé en Gascogne, j’ai quelque doutes quant à la réussite d’une telle entreprise.
    Qui vivra verra.

  • Que vedi la fin deu mon post 38 qu’es pauc comprenèdera :las tòcas deu pc que semblan viver d’un biaix autonòme , hòra de la mia volontat e que sauteriquejan com vulhin .Excusatz !
    Bon programe,lo de Halip . Esperam qu’un jorn e poderam gahar lo lop per la coda !

  • Philippe,

    Le fait que tu me trouves quelques compétences en agenais est loin de me déplaire mais, sans vouloir chercher des poils sur les oeufs, je pense que le parler marmandais était plus proche de ce que tu appelles le girondin septentrional que du nord-agenais. Au fait, pour quelle raison parles-tu de nord-agenais au sujet des parlers locaux entre Tonneins et le nord-ouest d’Agen  ? Pour moi, géographiquement parlant, nord-agenais s’appliquerait plutôt au parlers périgourdins de la région septentrionale de l’ Agenais , entre Seyches et Soumensac aux portes d’ Eymet en Périgord . Quant au terme girondin septentrional que tu utilises, je le remplacerais volontiers par celui de garonnais septentrional, au sein du gascon occidental, pour faire pendant au garonnais méridional au sein du gascon oriental. Donc, pour moi, le marmandais est une variante du garonnais septentrional, au même titre que le parler de La Réole ou celui de Verdelais .
    Lorsque je peux m’isoler de temps à autre des mille et un petits soucis de la vie quotidienne, je tente de compléter un lexique marmandais que j’ai commencé il y a quelques années et avec l’ami Gaby nous échangeons pas mal d’infos sur nos parlers septentrionaux respectifs dans l’espoir qu’il puisse en sortir quelque chose un jour...

  • Voilà un bien bon résumé que tu fais, Halip. Pour ma part, j’ai commencé à travailler sur un dictionnaire de la zone bazado-garonnaise (qui englobe en gros toute la partie de Gironde à l’est du Ciron, la vallée de la Garonne de Cadillac à Fauillet jusqu’aux premiers coteaux, et le Lot-et-Garonne en allant vers l’est jusqu’à hauteur du Mas (=le Queyran ?). Evidemment, au sens large, on peut piocher un peu autour (Benauge, Petite Lande, Agenais...).

    Je pense qu’il y aura plusieurs étapes :
    1) relever tout le lexique, les expressions, les conjugaisons
    2) défranciser au possible (notamment les terminaisons-èl, -ur, -ús...
    3) trier dans le lexique pour mettre en évidence des formes majoritaires (mais tout en mentionnant les formes minoritaires, par exemple dans une police plus petite)

    Pour le bordelais, il y a déjà un projet en gestation et des documents (notamment un dictionnaire inédit de bas-médoquin et un dictionnaire inédit du Barp) auxquels je n’ai pas accès.

  • Daniel :

    Et nous pourrons fusionner nos lexiques respectifs car l’union fait la force !

    En effet, je crois que le parler du Néracais se rattache tout simplement à l’Armagnac, du gascon oriental somme toute, avec le -a prononcé ’’o’’.

  • Gaby et Daniel,

    Merci à tous les deux. Ces cartes sont simplement une base de travail, les dénominations peuvent changer bien entendu. Pour nord-agenais j’entendais nord-agenais gascon, par rapport aux parlers du sud-agenais autour de Nérac. Mais ces derniers, comme le dit bien Gaby, sont plutôt à rattacher à l’armagnacais. Il est vrai que Tonneins et Marmande regardent vers la gironde et pas vers le Gers.
    A vous deux, vous pourriez faire une synthèse pour ce qui est ce girondino-garonnais septentrional. Peut-être le sud du bazadais devrait-il être rattaché au Chalosse-Marsan.

  • Gabí,

    Fusionar nòstes letsics respectius, aquò’s çò que hèsem tots dus dempui pausa. Mès lo letsic es pas sufisent. Pensi a les conjugasons, a la grafia que meriteré d’èster ameliorada, au problèma de l’adequoacion fonia-grafia, particulièrament la distinccion entre l’n dentala e l’n velària que diuré èster hèita a l’escriut coma a l’orau. E pensi tabé a un patòc d’autes petitas causas. En tot cas, nos adúvam tots dus sus la delimitacion de nòsta zòna dialectala, la dau garonés septentrionau o nòrd-garonés o girondin septentrionau, qu’embraça l’Entre-duvas-Mars e lo Marmandés gascon e solide tabé la partida nòrd dau Vasadés.

  • Philippe,

    Merci surtout à toi pour ton énorme boulot depuis des années et, récemment donc, pour ces versions de la Parabole et ces deux cartes qui sont une excellente et indispensable base de travail.
    Je sais bien que les différentes dénominations n’ont rien d’intangible ni de figé et je comprends maintenant pourquoi tu qualifies de "nord-agenais" la zone 3 de ta carte. C’était, j’aurais dû m’en douter, par rapport aux parlers du Néracais qui dès lors peuvent être placés sous l’étiquette "sud-agenais". Maintenant il ne nous reste plus, Gaby et moi, et peut-être d’autres pas moins intéressés ni moins compétents, à tenter de créer, petit à petit, une sorte de moyen terme "girondin septentrional", le parler de Marmande se rattachant à cette zone dialectale bien que les conjugaisons avec un imparfait en -ot à la 3e personne du singulier semblent se rapprocher davantage de celles de la région sud-orientale du bazado-girondin (zone 2). Mais après tout une codification peut être assez souple pour supporter les deux variantes en -ot et en -ut, sans tomber pour autant dans un "barrejadís" imbuvable.

  • @Halip :
    Le sud du Bazadais à rattacher au Chalosse-Marsan ? Le lexique est probablement largement commun, mais il y a quand même des traits septentrionaux dans tout le Bazadais, notamment -èir, una (plus généralement périphérique) et faler, non ?

    @Danièl :
    Solide, quand parli de fusionar los lexics, s’agiré de fusionar de trabalhs escrivuts.
    Per la distinccion entre los -n, me sembla qu’i arríbam generalament, en escrivent -n d’una part, -nt/-nd d’auta part. De vrai, en garonés los dus son boirats, mès dens un estandard vasadò-garonés, fadré los destingar, solide.

  • Oui Gaby, c’est vrai. Mais la carte de l’ALG a placé toutes les communes du Buch et de la Lande girondine avec les Landes alors qu’elles sont assez comparables, en terme de gasconité, au Bazadais rive gauche. La position du Bazadais, comme tu l’as dit précédemment, n’est pas celle du Médoc, ni de l’E2M et encore moins de la frange au Nord de la Dordogne.
    Ceci n’empêche pas que le Département de la Gironde est, grosso modo, divisée en deux macro-dialectes (Nord gironde et Sud Gironde, ce dernier englobant les parlers voisins du Marmandais-Tonneinquais.

  • J’ai l’habitude, plutôt, de diviser la Gironde en 4 zones linguistiques, ce qu’on voit bien avec le mot ’’raisin’’ :
    (1) NO : radim
    (2) NE : rasim
    (3) SO : arredim
    (4) SE : arresim

  • @Gaby

    Oui, cette "quadripartition" de la Gironde me semble assez juste. Ensuite, en termes de simplification de de normalisation, il faut songer aux regroupements qui sont possibles pour éviter une Gascogne avec 30 ou 35 variantes dialectales, en comptant 9 départements. Maintenant, il est vrai que l’émiettement dialectal est surtout le fait des parlers périphériques, y compris ceux de la montagne, moins homogènes que la zone centrale, laquelle ne pose pas de véritable problème quant à la normalisation-standardisation. Mais je pense que ces remarques valent pour toutes les langues non standardisées où ce sont généralement les variantes périphériques qui posent des problèmes quant à la normalisation et dont les locuteurs rejettent la standardisation avec le plus de véhémence. Le cas basque, avec Souletins et Biscayens vent debout contre le batu, est exemplaire.
    Les cartes de l’Atlas, dont je vous ai donné la synthèse, sont une bonne base de travail.

    @Daniel,

    Merci pour tes louanges mais ce que j’ai fait durant toutes ces années n’a jamais été un travail, au sens de tripalium, pour moi. Je suis tellement passionné que ce fut un plaisir sans cesse renouvelé, presque monomaniaque si je n’avais pas eu d’autres centres d’intérêt. Et puis le basque m’a beaucoup aidé à ne pas complètement désespérer de la cause gasconne puisque je persiste à dire que les deux sont intimement liés par un ADN commun qui remonte aux temps les plus lointains de notre Histoire commune.

  • Philippe,

    Je ne sais pas s’il faut parler de louanges mais assurément de reconnaissance bien méritée. D’ailleurs, Jean Lafitte, ne serait-ce que pour sa monumentale Thèse en deux tomes, et Vincent Poudampa pour ses années de contribution intelligente ici et sur d’autres sites, mériteraient amplement eux aussi une telle reconnaissance. Gaby, lui aussi, est sur la bonne voie, et d’autres encore.
    Maintenant, si tu me précises que pour toi ce que tu as fait durant toutes ces années n’a jamais été un travail au sens étymologique du terme, alors ce n’est pas moi qui serai étonné ni que te contredirai. En effet, toi, comme les autres personnes que je cite, vous ne "travaillez" pas dans ce sens-là car autrement vous auriez jeté l’éponge depuis longtemps, j’imagine. Mais le mot travail n’est pas que synonyme de contrainte, voire de torture. Il est aussi synonyme de dépassement de soi dans un but que l’on considère comme valant la peine qu’on dépense du temps et de l’énergie.
    Que le basque t’ait beaucoup aidé, je le crois volontiers. Mais gardons-nous de comparer la réalité basque à la réalité gasconne.
    De plus, sur le plan strictement linguistique, avec le basque on est bien plus près de la situation de l’occitan au sens très large d’occitano-roman que de celle du gascon. Entre le biscayen et le souletin, sans être un expert, je suis quasiment certain que l’intercompréhension ne fonctionne absolument pas et que de fait, on pourrait considérer ces deux idiomes comme deux langues par éloignement en dépit de leur parenté. Je ne pense pas qu’il en soit ainsi avec le gascon, bien que l’intercompréhension soit loin d’être toujours évidente entre des dialectes géographiquement éloignés comme le girondin septentrional et le gascon méridional par exemple.
    Mais il est vrai que les concepts de langue et de dialecte sont tellement arbitraires...

  • Je possède "Dé Mountagnat-ser-Aoubignoun a La Roumiou, recueil de dictons et proverbes, lexique, ..." par Jacky Mességué et Raymond Dautan, édité en 2008. Le lexique est d’environ 2000 mots, malgré que la plupart de ceux-ci soient pan-gascons, d’autres pan-occitans et d’autres sont plus localisés ; mais ils donnent une idée de la similitude des deux parlers, l’un situé entre Nérac et Agen, l’autre entre Condom et Lectoure. Mr Mességué m’avait dit que la différence entre leurs parlers respectifs était principalement "une question de prononciation, comme pèc /pèt, rosèla/arrosèla et ceci de façon mécanique", toutefois dans le lexique j’observe que cette variation r-/arr- n’est pas du tout systématique.
    Nous parlerions plutôt de degrés de gasconité :
    sorelh : "sorél / soréy" ; vit (fém.) : "bit / bic" ; vèrmi / vèrmo .

    Nota : je viens à l’instant de le recontacter -âgé et malade- il me dit que l’ouvrage est épuisé chez lui et son collègue, mais m’autorise à diffuser des copies.

  • Super travail.
    Une légère critique cependant (rien de bien grave) : la police de caractères est difficilement lisible.




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