Notre région, c’est la Gascogne !


Restauration d’un article des débuts de Gasconha.com...

L’architecture régionaliste #2

Et maintenant ? E adara ?

lundi 6 février 2012, par Tederic Merger


Par exemple
George Latour Heinsen :

"Entre l’architecture climatique et l’architecture régionaliste existe une relation étroite."
 
"Aujourd’hui l’énergie est une ressource extrêmement coûteuse. Ce fait est presque toujours ignoré par les architectes".
 
"L’intérêt pour l’architecture vernaculaire doit être directement lié à l’utilisation passive de l’energie et du climat. En étudiant les architectures du passé, nous nous sommes rendu compte de l’impressionnante précision avec laquelle dans beaucoup d’entre elles les constructeurs d’autrefois utilisaient les ressources disponibles en quantités limitées, surtout pour l’énergie et les materiaux.
 
[En les étudiant] nous découvrirons, sûrement, une série de paramètres utiles pour le dessin de nouveaux édifices et villes pour la société moderne, et post-industrielle."
Tiré de Hacia Una Arquitectura Regionalista (article en espagnol)


D’autres se réfèrent à l’architecture traditionnelle :


Claire et Michel Duplay, dans leur "Méthode illustrée de création architecturale" (Editions du Moniteur), qui est une véritable bible pour Gasconha.com, affirment (§ analyse morphologique - "passéisme ?") :
"Les tissus homogènes traditionnels présentent des types d’espaces, des rythmes, etc., dont on peut tirer des lois valables à notre époque, car, si les techniques ont évolué, l’homme a peu changé dans ses dimensions et ses besoins relationnels."

et

"ce ne sont pas les ensembles bâtis contemporains qui fourniront un champ d’observation fécond".
La pratique architecturale (dans l’Ouest gascon)  :


Les pavillonneurs
Ils se sont mis depuis longtemps au "régionalisme", en s’inspirant
souvent de modèles traditionnels, au moins pour l’aspect extérieur
 :

En Gascogne landaise et girondine, c’est le modèle de la maison landaise traditionnelle à toit à deux pentes et à la façade sur le pignon, tuiles canal et pans de bois apparents.
Il coexiste en Gironde avec le modèle de la maison de vigneron, plutôt en longueur, au toit également à deux pentes, mais dont la façade n’est pas sur un pignon, et avec le modèle de la maison girondine, plus massive et pourvue d’un étage.


 


Un modèle girondin du pavillonneur IGC, parmi ses autres "modèles classiques" (vers l’an 2000).

On pourrait reprocher à ce régionalisme des pavillonneurs
d’être un peu superficiel :

  • Il apporte une couleur régionale, plus que locale. L’insertion au paysage et au patrimoine construit préexistant n’y est pas étudiée d’une manière très fine, puisque des modèles quasi-identiques sont construits dans un rayon de 100 à 150 km.
  •  

  • De même pour l’adaptation aux données climatiques et culturelles locales... Mais pour ce qui est de la culture, comme on est à une époque de brassage des populations, les clients viennent assez souvent d’autres régions, et les autochtones eux-même ont-ils vraiment gardé une culture distincte ?
  •  

  • Les matériaux utilisés sont ceux de l’industrie, et n’ont guère de spécificité régionale.

    A noter quand même l’usage du bois, mais plus souvent symboliquement
    que pour constituer l’ossature de la maison.

L’architecture "d’architecte"
Elle s’exprime plutôt pour les édifices publics que pour
l’habitat privé, et varie... selon l’architecte.
 

Un exemple d’édifice qui n’avait ni couleur régionale ni préoccupation de s’intégrer au site, tout en étant l’oeuvre d’un groupe d’architectes renommé : la caserne des pompiers de Bordeaux Bastide construite dans les années 60.


 
Depuis quelques années, la volonté de donner aux édifices
une couleur régionale semble se manifester plus souvent. 
Sans exiger que cette couleur régionale soit présente, on pourrait au moins attendre un souci d’intégration au site, qui serait de la part de l’architecte une marque de respect de l’environnement et de modestie.
 

Exemple : à Bordeaux, la halle des Capucins rénovée, peinte d’une couleur verdâtre qui ne s’accorde pas avec le quartier environnant fait de pierres blondes. La couleur aurait pu être le liant entre des bâtiments par ailleurs complètement différents...
La doctrine officielle :


Une version minimale du régionalisme s’est imposée
dans l’administration : celle de l’intégration au site.

La réglementation du permis de construire peut imposer, par exemple, une pente de toiture ou une palette de couleurs adaptées au lieu, au risque d’embarrasser les créatifs, et sans garantir, d’ailleurs, l’harmonie avec le site.


Les CAUE, pour leur part, donnent des recommandations,
par une activité de conseil au jour le jour, mais aussi de publication.

Lire par exemple le petit livre que le CAUE des Landes a réalisé sur l’airial landais. On y sent le désir de faire revivre l’airial aujourd’hui, et pas seulement comme objet de musée.

Portfolio



Grans de sau

  • Existe t’il un lien entre le régionalisme espagnol et son architecture et ses influences Arabe ?

  • Quelles influences arabes en Espagne septentrionale ? A part l’art mudejar mais ses manifestations ne commencent pas avant Huesca en allant vers le Sud, et s’intensifient dans la vallée de l’Ebre.

  • "Quan on legis aco, on nou pot que heregas hort eth cap..."

    Je ne sais pas ce que désigne pour certains l’architecture rurale traditionnelle ni à quelle époque ils se réfèrent exactement, mais il est amusant de les voir évoquer l’influence ô combien lointaine de peuples qui jamais n’ont résidé au pied des Pyrénées françaises, sans préjudice de supputations de tous ordres tout aussi échevelées.
    Reste une réalité : la radicale normalisation de "maisons de caractère ", que l’on perce d’ouvertures HLM, pour ensuite les coiffer de chiens-assis souvent inappropriés, de fermetures roulantes électriquement commandées sans parler du piquage des enduits fragilisant l’ossature en bois, le fameux colombage jadis invisible. C’est à dire autant d’apports à la désintégration de l’incontestable identité de notre habitat que l’on pourrait facilement rappeler et cataloguer dans sa diversité.

    Ces regrettables transformations sont, la plupart du temps, réalisées évolutivement, sans aucune notion d’architecture, voire de bon sens. Il n’y a qu’à parcourir les campagnes pour relever la presque disparition des maisons typiques, telles qu’elles se présentaient encore vers 1960.

    A ce train, l’uniformité de l’habitat actuel rejoindra demain celle de l’autoroute !




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