Notre région, c’est la Gascogne !


 
Navèth nom !

 

Le mal qui grignotte lentement nos territoires

G S-G

jeudi 27 décembre 2012

Désolé d’apporter une note grave voire un peu pessimiste en ces temps de fêtes mais je conseille l’article du journaliste Jean-Laurent Cassely "Que faire des territoires perdus de la mondialisation ?" (www.slate.fr/story/66125/mondialisation-territoires-perdus)

ainsi que la contribution du lecteur aveyronnais qui suit(Larrynautik) et dont j’ai repris le titre du post.
Voir aussi le livre cité de Laurent Davezies "La crise qui vient"(encore désolé !).

Mieux vaut garder quand même les yeux ouverts devant ce qui nous guette pour essayer de prendre et recommander les bons virages,quand on peut les prendre ...

Bona fin d’annada a tots, totun !


Merci Gerard, pensi que l’an ne s’acaba pas mau ende Gasconha.com (ende la Gasconha, qu’es auta causa...), e sajeram de héser miélher enqüera, e de gahar o crear las escasenças de’ns amassar fisicament !
[Tederic M.]



Grans de sau

  • J’ai lu l’article de Cassely.
    Parallèlement, je reviens ce soir de Sos, petite bourgade entre Albret et Armagnac, où la maison de retraite semble la locomotive économique... alors qu’autrefois il y avait une scierie, d’abord bien raccordée à la voie ferrée près de la gare de Sos, puis au bord de la route, à "Las Pusoques" quand la route a eu supplanté le rail.

    Pour juger du devenir économique de nos régions, et dans notre cas, de la Gascogne, soyons modestes intellectuellement parce qu’il est très difficile d’embrasser la totalité du problème, restons calmes et rationnels parce que le catastrophisme ne favorise pas l’analyse, soyons imaginatifs et indépendants d’esprit !

    Bon, que’m lanci !
    En économie, et sur la localisation des activités, les coûts de production jouent un rôle important.
    Si nos territoires ne sont pas compétitifs, c’est en partie parce que le coût du travail y est élevé, alors que le coût de l’énergie, qui joue beaucoup sur le coût des transports, favorise l’arrivée de produits depuis des pays qui ont des coûts moindres.
    Je doute de toute réflexion prospective qui ne prend pas en compte les paramètres du coût du travail et du coût de l’énergie.

    Ensuite, à coûts du travail et de l’énergie égaux, certains s’en sortent mieux que d’autres, par exemple la sidérurgie allemande mieux que la sidérurgie française, pour des raisons politico-culturelles qui viennent de loin.

    Un des commentaires à l’article de Cassely met en avant le contraste entre Lens et Bilbao.
    Beaucoup de clichés là-dedans !
    Les basques plus racistes que les chtis ?
    J’ai assez vécu chez les chtis pour en douter.
    De toute façon, c’est plutôt Lille que Lens, qu’il faut comparer à Bilbao.
    Et Lille a peut-être sa bourgeoisie d’affaires, mais se sent-elle "chti" ?

    Il peut y avoir des fiertés ethniques qui induisent des réussites économiques.
    Quand une communauté n’a pas confiance en soi, pas de modèle de réussite en son sein, il ne faut guère attendre qu’elle ait du gnac.

    Plutôt que considérer comme acquis que seules les métropoles peuvent arriver à rester dans la course mondiale, il faut raisonner finement sur les tissus sociaux qui font des communautés économiques solides.

    Si tous les jeunes aveyronnais pensent qu’il n’y a pas d’avenir chez eux, c’est bien sûr mal parti.
    La Gascogne profonde est dans la même situation.
    Mais s’il y a un patriotisme suffisant, certains resteront quand même (en acceptant de gagner peu d’argent), d’autres qui auront réussi ailleurs dans l’économie mondialisée reviendront...

    Sur Gasconha.com, on ne va pas trop développer la réflexion sur le coût du travail et de l’énergie (j’ai dit pourtant comme je trouve ces paramètres importants), mais la question du patriotisme et du "gnac" collectif a pleinement sa place !
    Celle de la décentralisation politique, qui favorise les synergies locales et l’utilisation des ressources spécifiques aux régions ou aux petits pays, également. On voit que ça joue en Allemagne. Coller au terrain...

    Voici mes premières réflexions, un peu désordonnées, parce que je ne vais pas ce soir construire une théorie...

  • 1) J’affine le constat :
    Pour la Gascogne profonde, c’est-à-dire la partie du triangle gascon qui n’est pas (encore) dans la zone d’influence des deux métropoles Bordeaux et Toulouse, l’exil des jeunes diplômés est une réalité ancienne.
    La plupart des jeunes qui avaient dépassé l’école primaire devenaient fonctionnaires, et quittaient la région, au moins pour un temps.
    Je suis moi-même un produit de cet exil.

    Pourquoi cette réalité reçoit-elle maintenant la lumière des projecteurs ?
    L’article de Cassely parle de vieilles régions industrielles comme la Lorraine, qui n’avaient peut-être pas connu autant l’exil des diplômés, et où la tentation de l’exil toucherait maintenant aussi les non diplômés.

    La Gascogne profonde a sur ces régions d’industrie sinistrée l’avantage... d’avoir eu ses industries sinistrées beaucoup plus tôt, et plus progressivement peut-être, et avec l’amortisseur du débouché facile (mais douloureux par l’exil) dans la fonction publique, puis le développement de l’économie résidentielle ou "présentielle" grâce à l’afflux de retraités principalement.
    L’attrait touristique (douceur du climat) joue un rôle, Cassely en parle.

    La Gascogne profonde a aussi, maintenant, l’avantage d’être proche de deux métropoles mondialisées (enfin, relativement), Toulouse et Bordeaux.
    Ne pas négliger non plus le Pays basque espagnol, qui ressemble à une aire métropolitaine, largement autant mondialisée que Bordeaux et Toulouse, et physiquement (mais pas culturellement) presque aussi proche de la Gascogne profonde.
    Cette proximité d’aires métropolitaines mondialisées permet des allers et retours...

    Je rappelle aussi que l’action de l’Etat français a depuis l’origine (les premiers rois capétiens) renforcé Paris au détriment de tout le reste du territoire.
    Même Lyon, jadis place financière supérieure à Paris, a dû s’incliner. Lire Braudel.
    Donc, rien de très nouveau pour nous. Pas de panique !

    L’attractivité résidentielle de la Gascogne profonde devrait perdurer.
    Attention quand même au flux des retraités du nord de la France et de l’Europe : de nouvelles destinations s’ouvrent à eux, plus au sud (Maroc, Tunisie, Croatie...).
    Les maisons de retraites allemandes commencent à se délocaliser dans les pays à faible coût de main d’oeuvre...
    Le déclin de la fonction publique et du tissu des grandes entreprises en France peut aussi réduire le nombre des retraités qui (re)viennent en Gascogne, et leur pouvoir d’achat.

    2) Mes préconisations :

    - individuellement, pratiquer le compromis, les allers et venues entre l’économie mondialisée et l’ancrage dans nos territoires ; nous le faisons déjà, sauf que le retour au territoire est souvent définitif : soit c’est la retraite, soit c’est un retour anticipé, mais on n’a plus trop envie de repartir vers la dureté du vaste monde, qui n’attend pas non plus après nous...
    Les jeunes sont attirés, eux, par le vaste monde. Ils sentent qu’ils doivent y faire leurs preuves.
    Ils veulent aussi consommer mondial (smartphones etc.), et la voie royale pour cela est de "travailler mondial".
    Mais certains en reviendront.
    D’autres n’iront pas, car tous les jeunes diplomés de Gascogne ne peuvent pas devenir cadres de l’économie mondialisée.

    - collectivement :
    Je maintiens la nécessité d’un patriotisme qui pousse à entreprendre dans le territoire d’élection.
    Une économie alternative, locale à circuit court, est à développer.
    Et il n’est pas interdit d’essayer de vendre au reste du monde en jouant la carte du terroir.
    Mais la force du patriotisme local dépend de la capacité à se rencontrer, à agir ensemble : l’union fait la force. Des patriotes isolés chacun dans son coin peuvent moins.
    Une autonomie locale, qui permet d’adapter les règles du jeu économique au terrain, est également à conquérir.
    La décentralisation vers les régions ne suffit pas : celles-ci dont divisées entre métropoles mondialisées et le reste.
    Les règles (y compris la législation du travail) doivent-elles être les mêmes partout ? Si c’est le cas, ce sont les règles de la zone mondialisée qui l’emportent...
    Là, on entre dans des questions politiques de distribution des compétences entre échelons géographiques.




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