Brulhois / Brulhés Lomagne Anneau gascon

Auvillar

- Vincent P.


 

La Garonne à Auvillar


La Garonne était ici frontière, entre la Lomagne, rive gauche, et l’Agenais, rive droite. Néanmoins, la langue de la vallée était mêlée, avec, il semblerait, des influences gasconnes nettes dans le parler des communes agenaises autour de Valence.

Je renvoie sur ce point à la discussion, désormais un peu ancienne, sous le lòc "Auvillar [commune]" : dès que je retrouve dans ma bibliothèque l’ouvrage "La langue occitane du Tarn-et-Garonne au début du XIXème siècle", je mettrai en ligne les paraboles de l’enfant prodigue pour cette zone frontalière.

La centrale de Golfech est rive droite. C’est un ensemble monumental très impressionnant, notamment par autoroute. Elle se situe sur les anciens lieux-dits Guinot, Caplong et Sabaros.

La perte par Agen de sa ville de Valence n’a pas grand sens, Agen étant au centre de son pays de Moyenne Garonne, ce qu’elle n’est plus, a fortiori quand la division administrative entre Aquitaine et Midi-Pyrénées est confirmée par la réforme territoriale.


 

Grans de sau

  • Auvillar, sur l’extrémité des côteaux est une bastide gasconne dominant la Garonne , avec sa splendide halle aux grains, les mesures de grain en pierre étant toujours en état. C’était un centre commercial connecté à la Gascogne.
    En contrebas au niveau de la Garonne, il y a le Port-d’Auvillar, avec sa chapelle Ste-Catherine garnie d’ex-votos, et ses maisons de bateliers, qui eux devaient parler nécessairement le languedocien.

    Tout gascon ne devrait pas mourir sans avoir vu Auvillar : le meilleur est de se garer au Port, et de suivre le chemin de St-Jacques-de-Compostelle qui monte à la bastide.

    • Nous les trois mousquetaires y sommes passés il y a un mois sur le chemin de Samatan, et pouvons donc mourir maintenant.

      Peut-être qu’Athos ou Regaspros donneront leurs impressions.
      Voici les miennes pour cette fois ci :
       un coeur ancien magnifique mais désert,
       un repas de midi agréable et sans chichi au restaurant "Alta Villa".
      Mais j’ai un souvenir bien plus ancien d’Auvillar : j’avais suivi là un stage de cantèra, et de là date exactement ma passion pour ce mode de chant en gascon et en polyphonie informelle.
      Mais je garde aussi de ce stage le souvenir de bons repas en commun, où on mangeait bien et en bonne compagnie...

      Je note ton idée, Andriu, d’arriver à Auvillar, si je comprends bien, par un sentier qui monte depuis le port.
      Nous nous sommes posés la question de la prospérité ancienne d’Auvillar ; la réponse était sans doute dans ce port, qui devait exporter le blé de Lomagne...

  • Nous sommes en une contrée où la situation linguistique a probablement été stable dans ses grandes lignes (gascon sur les plateaux rive gauche, languedocien rive droite), mais sujette à interpénétrations et influences, pas forcément toujours dans le sens de la languedocianisation, a priori portée par la départementalisation à Auvillar tout au long du XIXème siècle.

    Nous avons discuté de l’influence gasconne dans l’Agenais gascon le long de la rive droite de Garonne, autour de Valence, en parlant d’Espalais.


    Espalais

    Dans tous les cas, tout ceci est pure archéologie linguistique d’un monde bien évanoui, car sans même parler d’identité tarn-et-garonnaise, ces contrées se vivent "occitanes", au sens régional de la Toulousie et des vacances l’été à Sète.

    L’équipe de RéGasPro était à Auvillar au mois de novembre, sur la route de Samatan, mais c’est Beaumont qui l’a charmée avant tout !

  • Le repeuplement d’après 1918 s’est fait principalement avec des Italiens (Gascons et Frioulans se comprenaient) et des Aveyronnais.
    Sur le livre "Al Canton" consacré au canton d’Auvillar, on peine à trouver la parole gasconne. En parallèle avec le fait que les transcriptions des enregistrements ont été faites par des occitanistes à l’oreille peu exercée au gascon, et suite aux mouvements de population, on lit quelques mots gascons comme "castèth, atau, abeva"’ au milieu de phrases languedociennes , et même des "nautres, alèra" spécifiquement rouergas. Les propos d’une personne de Dunes est retrancrite "disián lo haure ".

    Je n’ai pas lu les livres consacrés aux autres cantons gascons du Tarn-et-Garonne ... Dommage que quand il était encore temps, l’opération "Al canton" d’enregistrement systématique des savoirs en langue d’oc n’ait pas été réalisée sur d’autres départements.

  • J’y suis allé souvent quand je travaillais à Beaumont-de-Lomagne et à Moissac. J’ai habité à Larrazet pendant deux ans et aussi à Moissac pendant deux ans.
    La halle de Beaumont est magnifique.

  • Sur la question de la limite linguistique dans le Tarn-et-Garonne (qui honnêtement, se joue à rien, ce sont deux langues éminemment parentes qui fusionnent, les différenciations nettes s’opèrent en s’éloignant de la zone de rencontre du fleuve), il faut évidemment lire cet ouvrage, que je possède (mais ne retrouve pas dans ma bibliothèque, je vais chercher) :

    https://www.ut-capitole.fr/centre-universitaire-tarn-et-garonne/la-langue-occitane-du-tarn-et-garonne-au-debut-du-xixe-siecle-n-3-ouvrage-de-stephane-bourdoncle-483280.kjsp

    Ce que je retiens, de mémoire, avec la possibilité que je me trompe, c’est que la langue alors du bourg d’Auvillar était perçue comme différente de celle des hameaux ruraux de la même ville, mais aussi, là encore de mémoire, que les locuteurs de Saint-Nicolas, bien que de la langue que nous dirions allègrement languedocienne, pensaient parler une langue différente de celle de la rive droite, ce qui laisse entrevoir un monde linguistique complexe, évolutif, où des choses comment l’accent entrait en compte.

    Nous ne pourrons jamais reconstruire ce monde, d’autant qu’il devait changer au gré des migrations, tant ce pays a été une contrée de passages et d’ancrage géographique permanent bien moindre qu’ailleurs en Gascogne.


Un gran de sau ?

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