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La garbure (La garbura)

lundi 20 décembre 2004, par Christian Humbert


Il est des moments où l’on a plaisir à respirer c’est lorsque l’aulorejada (la bonne odeur) envahit votre environnement.

C’est un peu ce qui m’arrive, dans mon petit appartement de Rangueil. Je suis en train de préparer les fêtes et rien de tel qu’un bon potage pour se désengorger les entrailles avant les excès ! Je n’oserai poser une question idiote à nos doctes lecteurs, mais, à votre avis, quel potage s’impose dans nos contrées gasconne ? Celui qui répond le bouillon au vermicelle a tout perdu. Bien que ce soit, en effet, un des incontournables de nos tables, il est réservé à l’été.
En hiver, une seule solution... la garbure (et pas la révolution bande de soixante huitards) !

Cet après-midi, j’ai mis à bouillir une bonne cocotte d’eau avec sel, poivre et clou de girofle (tiens j’ai oublié l’ail !). Quelques couennes légèrement rances sont venus se baigner dans ce bouillon clair, vite rejointes par une oreille de porc (je n’en avais pas de demi-sel, elle était donc fraîche) et une branche de céleri. Les savors sont venus participer à cette fête aquatique au fur et à mesure de leur épluchage :
un (gros) poreau, quelques 400 g de haricots frais (je les ai congelé de la récolte de cet été), carottes, navets, pomme de terre... et ont attendu quelques instants le roi du moment : messire chou, quelque peu blanchi auparavant (ce n’est pas indispensable, mais en ville ça évite les vents qui sont moins faciles à lâcher qu’au fond du jardin : >)) et coupé en lanières.

Tout ça est en train de cuire sur la cuisinière (comme son nom l’indique). Ce serait meilleur au coin du feu, mais nos appartements dits modernes ne possèdent pas ce genre d’ustensile. Ils sont, heureusement, ventilés, parce que l’odeur qui commence à me chatouiller les papilles pendant que je rédige cet article pourrait m’empêcher de dormir :
il m’est arrivé, effectivement, de me relever pour aller goûter quelque tripes que j’avais préparées pour le lendemain... Atavisme, quand tu nous tiens !

La coutume veux que l’on rajoute, avant de servir, un morceau de confit qui liera un peu le bouillon. Mais pour cette garbure d’avant fête, je laisserait le canard dans sa graisse au fond du bocal.

En taula ! e bon talent !

Nòta deu cap-redactor :
La photo de garbure qui illustre l’article vient de la page "Garbure gasconne" du site balades-pyrenees.com.

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4 Messages de forum

  • Quin trabalh... mès quina hartèra !

    21 décembre 2004 11:57, par Tederic Merger

    Adiu Christian !

    Que’m balhas hami ! Tu me donnes faim !

    Mais essayons d’aller plus loin dans l’analyse !-)

    Ce qui ressort de ton explication, c’est que la préparation de la garbure est l’aboutissement d’un travail de fond, pour avoir sous la main les bons ingrédients :

    les haricots (monjetas ?) que tu cultives toi-même et mets au congélateur, le morceau de confit qui peut servir, sans être indispensable, etc.

    Ce travail de mise à disposition des bons ingrédients, par un plan annuel comme autrefois à la campagne, peut être ressenti comme fastidieux dans la vie moderne.

    Bien sûr, on peut toujours s’en sortir par une séance de courses dans les (super-)marchés et autres magasins...

    En espérant un jour manger une de ces garbures ensemble entre amis !

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    • Pour les ingrédients : marchés, foires... 27 décembre 2004 20:24, par Christian Humbert

      C’est sûr que la plupart de nos plats gascons sont loin du steak/haricots verts surgelés et qu’ils demandent, effectivement, un travail de fond.

      Il n’est pas possible à tout le monde de cultiver ses propres légumes et/ou de préparer ses propres conserves. Mais il est toujours possible de prendre le temps d’aller faire un tour au marché du samedi ou du dimanche. Il y en a certainement un non loin de chez vous et il y a sans doute, parmi les marchands, un maraicher qui vend ses propres produits.

      Et puis il y a les grands marchés/foires comme par exemple le marché au canard gras de Samatan, le lundi. Et éventuellement l’achat sur Internet ou dans des magasins spécialisés.

      Je ne passe jamais dans une de ces foires organisées de ci, de là, s’en en profiter pour garnir mes armoires de choses indispensables :

      miel, ail, oignon, piment d’espelette (aïe, on s’éloigne de la Gascogne...)

      Peut-on ressentir tout cela comme fastidieux ? Je ne le pense pas, pour moi il n’y a rien de fastidieux à se faire plaisir et encore moins à faire plaisir aux autres.

      [Espelette (Ezpeleta) est très près de la Gascogne, Christian ! (à 20 km, peut-être ?)

      Tederic, cap-redactor]

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      • Foires / hèiras / heÿres 27 décembre 2004 20:56, par Tederic Merger

        A propos des foires, je crois qu’il y a quelque chose à faire...

        Il y a beaucoup de foires qui existent depuis "la nuit des temps", souvent dans des localités très petites, voire en rase campagne, comme celle d’Ousse-Suzan évoquée par Soussieux dans le dernier n° de Vasconia.

        L’autre jour, je suis allé à la foire de la Sainte Luce à La Brède. Très sympathique. Ce n’est pas "formaté" comme les grandes surfaces. En plus il faisait beau...

        Peut-être qu’on risque parfois de payer trop cher pour une qualité insuffisante, je ne sais pas.
        Mais en sens inverse, il doit y avoir de bons produits qui n’ont pas pu entrer dans le circuit des centrales d’achat.

        En plus, il y a de la musique et de la danse par des bandas et troupes locales, un apéritif offert par la municipalité, un secteur vide-grenier...

        Et on pouvait prendre un repas sur place, avec de la... garbure !

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  • > La garbure (La garbura)

    26 juillet 2006 11:42, par Sèrgi Javaloyès

    Mic,

    Ua informacion, las edicions IN8 a Sèrras de Morlaàs en Bearn, que’m comandèn ua navèra colleccion.
    Que la creèi en 2005, que s’apèra La porte à côté ; qu’i escrivoi ua novèla en francés, per’mor escrivi en òc a l’acostumat, e que s’apèra Garbura.

    Hè beroi e a las prumèras,

    Sèrgi Javaloyès

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